Le soutien à l'économie viendra des banques centrales et du pétrole

ECOFI INVESTISSEMENTS - LE MENSUEL - JANVIER 2016

13/01/2016 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Allocations d'actifs

Le soutien à l'économie viendra des banques centrales et du pétrole

Après une année 2015 marquée par le ralentissement de la Chine, les cours du pétrole ont poursuivi leur chute débutée en juin 2014. Cette dégringolade soutient la consommation et limite les pressions infl ationnistes, permettant aux banques centrales de conserver un biais accommodant de politique monétaire. Dans ces conditions, une progression du PIB mondial d’environ 3,5% en 2016 semble possible, à condition que la hausse attendue des défaillances dans les pays émergents reste maîtrisée.

En dépit de multiples stimulations - plan de relance dans les pays émergents ; pétrole pas cher ; taux bas ; programmes d’achat de titres titanesques - le PIB mondial a enregistré sa pire performance des six dernières années en 2015 (+3,1% selon le FMI). Les bienfaits de ces facteurs ont été compensés par les vecteurs récessifs suscités par la politique de rééquilibrage de la croissance chinoise sur le monde émergent. Si ces effets vont persister en 2016, nous pensons que la faiblesse des prix du pétrole, découlant à court terme de l’impossibilité des membres de l’OPEP à éliminer l’excès d’offre et à long terme de la volonté de ce cartel à évincer des concurrents non-OPEP, devrait soutenir l’activité. En effet, avec l’hypothèse d’un prix moyen du baril de Brent à 40 dollars en 2016, le retrait serait de 25% par rapport au prix moyen de 2014, ce qui devrait apporter environ 0,5% de croissance supplémentaire au PIB mondial.

Nous pensons également que la politique monétaire va continuer à soutenir la croissance. En effet, le plongeon des prix du pétrole éloigne les tensions inflationnistes, ce qui permet aux banques centrales de garder le cap accommodant de leur politique monétaire en baissant les taux directeurs (Banque de Chine) ou en augmentant leurs achats de titres (Banque centrale européenne et Banque du Japon). Même la Réserve fédérale américaine, qui a débuté son cycle de resserrement monétaire, a indiqué que sa politique restera très accommodante. Cette attitude arrangeante des banques centrales à travers la planète permettra d’encaisser les mesures d’austérité à venir dans les pays émergents (Cf. la hausse de 50% du prix de l’essence en Arabie Saoudite).

En plus du manque d’impulsion budgétaire et de la poursuite du ralentissement chinois, les pays émergents doivent aussi composer avec la montée des risques de défaillance due à un endettement excessif en dollars.

Or, la récente flambée du billet vert et la remontée des taux américains vont rendre la situation difficile pour plusieurs entreprises de ces pays. Tant que la hausse des défauts n’a pas d’effet domino débouchant sur une crise financière, un rebond de la croissance mondiale à 3,5% en 2016 est tout à fait possible.

 

LE TOUR D'HORIZON DES CLASSES D'ACTIFS

La BCE déçoit, la Fed rassure, le brut inquiète

• En décembre, les investisseurs ont été déçus par la Banque centrale européenne. En revanche, ils ont apprécié le premier resserrement monétaire aux États-Unis depuis 6 ans, même s’il était largement anticipé. Sur le mois, l’EuroStoxx a perdu 5,61%, le S&P 500 1,75% et le Nikkei 3,60%. La volatilité a connu un rebond en milieu de mois pour se détendre en fin d’exercice. Sur l’année 2015, les performances sont les suivantes : -0,73% pour le S&P 500, + 5,73% pour le Nasdaq, + 7,97% pour l’EuroStoxx et +9,07% pour le marché japonais.

• Lors de la réunion de l’OPEP en début de mois, les pays membres n’ont pas réussi à s’entendre sur un plafond de production. Pour 2016, l’agence Moody’s a baissé ses estimations du prix du pétrole, tablant sur un marché durablement excédentaire. Par ailleurs, le Congrès américain a levé l’interdiction d’exportation du pétrole brut. Les valeurs de l’énergie sont en forte baisse sur le mois (cf. infra).

• Obamacare : le Sénat a voté à 52 voix contre 47 en faveur de l’annulation du contenu de la réforme de l’assurance maladie. Les Républicains ne disposant pas de la majorité des 2/3, le président Obama a indiqué qu’il mettrait son véto.

• Énergies renouvelables : le Congrès américain étend pour une durée de 5 ans les crédits d’impôts accordés aux projets d’énergie renouvelable.

• Aux États-Unis, les plus mauvaises performances sectorielles ont été celles des cycliques avec l’énergie (-10,5%), suivie des produits de base (-4%). Le secteur de la consommation cyclique a terminé le mois en recul de 2,7%. Les technologiques et les industrielles reculent quant à elles de près de 2.5%. A contrario, les secteurs défensifs terminent le mois dans le vert, la consommation de base progressant de 2,4% et les services publics de 1,9%. En Europe, tous les secteurs sont en baisse. A l’instar des États-Unis, l’énergie affiche la moins bonne performance (-10.8%) suivi des produits de base (-8,9%). Les services publics et la technologie affichent les plus faibles baisses (respectivement -2,3% et -2,6%).

 

Les taux s’ajustent avec les annonces des banques centrales

• L’annonce par la BCE le 3 décembre dernier de la baisse des taux de dépôt et du prolongement du Quantitative easing a été jugée insuffisante par les marchés, provoquant des tensions sur l’ensemble de la courbe des taux européenne. Le taux à 10 ans allemand est passé de 0,47% fin novembre à un plus haut de 0,74% le 4 décembre pour ensuite évoluer au sein d’une fourchette de 0,55%/0,65% et clôturer l’année à 0,63%, soit une remontée de 16 points de base sur le mois. Sur cette période, le taux à 5 ans s’est inscrit en hausse de 14 points de base et le taux à 2 ans de 7 points de base.

• Les emprunts des pays périphériques européens ont sous-performé, notamment en Espagne et au Portugal où les échéances électorales ont accru les incertitudes. Les taux à 10 ans espagnol et portugais ont augmenté respectivement de 25 et 19 points de base, à 1,77% et 2,52%, tandis que le taux italien s’est tendu de 18 points de base, à 1,60%. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale a relevé comme prévu ses taux directeurs pour la première fois en plus de 9 ans mais le discours très prudent de Janet Yellen a permis de contenir la hausse des taux longs. L’échéance à 10 ans s’est ainsi tendue de 6 points de base, à 2,27%, réduisant l’écart de taux de part et d’autre de l’Atlantique à 164 points de base.

• Les marges de crédit se sont tendues au cours du mois. Ce phénomène a été particulièrement marqué pour les obligations les moins bien notées. L’exercice 2015 s’achève donc sur une mauvaise note : les performances du marché des obligations privées ont globalement été négatives au cours de cet exercice.

• Le marché des convertibles a consolidé (-1,31%) dans un environnement de forte baisse du marché actions (EuroStoxx 50 : -6,71%) sans relais des obligations (en baisse de 1%). Sur l’année, la performance est de 6,08%.

• L’euro est en forte hausse contre la plupart des devises (+3,5% contre dollar à près de 1,09, +5% contre la livre sterling à 0,738) mais est en baisse contre le yen à 130,6 (-0,8%).

 

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