Le rôle des banques centrales en question dans un contexte de résultats mitigés

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°206

18/10/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Le rôle des banques centrales en question dans un contexte de résultats mitigés

On en sait un peu plus cette semaine sur les intentions de la FED avec la publication des « minutes » de la dernière réunion du 21 septembre. La décision de maintien des taux aurait été plus serrée que le vote lui-même (7 contre un relèvement et 3 pour), plusieurs membres ayant estimé "qu'il serait approprié de relever la cible des taux sur les fonds fédéraux assez vite". Les prises de position de Stanley Fischer, vice-président de la Fed, et de Patrick Harker, président de la Fed de Philadelphie sont aussi allés dans le même sens. Le premier a déclaré que ‘l’économie américaine est proche du plein emploi’ et le second s'est prononcé très récemment en faveur d'une hausse de taux en décembre et d'"au moins deux" en 2017. Dans ce contexte, la probabilité d’une remontée des taux en décembre intégrée dans les Futures sur les Fed Funds s’est nettement appréciée depuis vendredi dernier (68% vs. 64%), tout comme le rendement du 10-ans américain (+5bps à 1.762%) et le dollar a atteint un plus haut de plus de trois mois en passant sous la barre des 1,10. L’autre driver du marché a été la situation de l’économie chinoise, avec d’un côté une déception relative à la balance commerciale chinoise et le rebond de l’inflation du côté des points positifs. Par ailleurs le début de la saison de la publication des résultats pour le troisième trimestre accroît la volatilité sur les titres, les mauvais chiffres (Alcoa) alternant avec des meilleurs (banques US, LVMH, …).
La semaine passée, les indices boursiers ont globalement été très stables : +0,82% pour l’Eurostoxx50, +0,47% pour le CAC40 et +0,85% pour le DAX. Le DJ affiche une légère baisse de 0,56% et le Nasdaq de 1,48%. Le NIKKEI a connu une baisse de -0,25%.

 

Vers la victoire électorale de Clinton et début calamiteux de la campagne française !

 

Nous avons désormais une autre bonne nouvelle du côté politique aux USA avec la confirmation du quasi succès de Clinton. C’est différent en France puisque nous découvrons un président de plus en plus « people » qui ne fait qu’affaiblir la fonction présidentielle et sa propre position pour les prochaines élections. Notre scénario est clair sur ce point, il n’y aura pas de candidature Hollande et de nouvelles perspectives s’ouvrent pour Emmanuel Macron, la campagne des Républicains étant morne. Côté US, le deuxième débat présidentiel a donc donné encore l’avantage à H. Clinton : 57% des téléspectateurs l’ont proclamé victorieuse selon un sondage CNN/ORC. Le peso mexicain, première victime collatérale d’une éventuelle victoire de Trump, évolue d’ailleurs à des points hauts datant de plus d’un mois, les cambistes ayant souvent des analyses justes des situations politiques, permettant alors un risque de moins pour les marchés. La victoire de Mme Clinton pourrait d’ailleurs inciter la FED à agir dès novembre démontrant alors sa parfaite indépendance à bon compte.
Sans autres indicateurs majeurs, les indices ont donc été influencés par l’évolution des cours du pétrole et par la situation macroéconomique en Chine. Concernant le pétrole, les investisseurs ont apprécié les déclarations du ministre Saoudien de l'Energie, Khalid Al-Falih, indiquant que « le scénario d'un prix du brut rejoignant les 60$ n'était pas impensable » et surtout celles de Vladimir Poutine qui s’est montré aussi favorable à une coopération avec l’OPEP pour une réduction de la production en Russie. Toutefois, il faut rester réaliste : mercredi à Istanbul, les pays OPEP et non-OPEP n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une éventuelle réduction de la production, l’Irak et le Venezuela étant opposés à un accord. 

 

Chiffres mitigés en Chine

 

L’actualité macroéconomique en Asie a été dominée cette semaine par la publication d’une balance commerciale assez décevante en Chine : les importations sont ressorties en-dessous des attentes au mois de septembre (-1.9% vs. cons. +0.6%) et les exportations ont fortement déçu (-10% y/y vs. cons. -3.3%). On constate toujours une forte volatilité des données économiques chinoises et cette publication a redonné une certaine vigueur aux craintes d’un fort ralentissement chinois. Rappelons que ce phénomène avait conduit à la forte dérive du marché en août 2015. On retrouve quelques symptômes identiques avec notamment une forte dépréciation du Yuan cette semaine (-0.80% avec un point bas de 6 ans atteint mercredi à 6.731 Yuan/$) faisant alors surperformer un indice de Shanghai (+1.97% sur la semaine) très exposé aux valeurs exportatrices. 
Ces craintes ont néanmoins diminué en fin de semaine suite à la publication d’une hausse de l’inflation au mois de septembre : l’indice des prix à la consommation a progressé en septembre (+1.9% y/y vs cons. +1.6%), tout comme l’indice des prix à la production (+0.1% y/y vs. cons. -0.3%) qui est ressorti en territoire positif pour la première fois depuis 4 ans. Difficile donc d’y voir très clair dans ces chiffres, la version « soft » serait qu’ils témoignent tout simplement du recentrage de l’économie chinoise vers plus de consommation et moins d’infrastructures et d’exposition aux marchés extérieurs ce qui ne remettrait alors pas en cause la bonne santé finale de cette économie.

 

Faut-il s’intéresser à nouveau au secteur bancaire ?

 

Les secteurs financiers progressent grâce à la remontée des taux souverains qui améliore les marges de transformation du secteur bancaire. La publication des résultats du secteur bancaire aux Etats-Unis est encourageante. Même si les résultats sont hétérogènes, la capacité des entreprises du secteur à améliorer leur Produit Net Bancaire (PNB) et leurs résultats est réelle et la pentification de la courbe des taux renforce l'attractivité de ce secteur. On notera aussi une amélioration du secteur en italie : deux banques italiennes, Banco Popolare et Banco Popolare di Milano ont dopé boursièrement à la hausse le secteur bancaire italien et européen. L'optimisme s’explique par la décision finale de fusion entre les deux entités qui a été soumise aux votes des actionnaires ce week-end. Cette fusion (permise par la nouvelle législation italienne) permettrait de créer le troisième acteur bancaire national et donnerait un nouvel élan à la consolidation du secteur alors que les banques italiennes ont du mal à se recapitaliser. Si la fusion est acceptée, elle constituera un point positif pour le secteur bancaire européen dans son ensemble. 

 

Début de publications mitigées !

 

La saison des résultats des entreprises a commencé en particulier aux Etats-Unis. Pour l’instant, ces résultats restent modestes avec surtout Alcoa qui a déçu et un profit warning de Samsung, qui a annoncé que son bénéfice devrait être inférieur aux prévisions en raison des déboires du Galaxy Note 7. Ceci a entraîné une baisse de l’ensemble des valeurs du secteur, en particulier pour Nokia. Ce sont toujours les valeurs de la consommation qui restent bien orientées. Cette semaine LVMH a annoncé une croissance de son activité de 6% au troisième trimestre, une accélération qui s’explique par la hausse des ventes en Asie, 10% de croissance au T3 contre 0 au premier semestre. Nous devrions donc encore assister à une assez forte volatilité des titres liée à la publication des résultats. Le contexte reste néanmoins difficile puisque les marchés s’inscrivent toujours dans des bornes limitées.

Jean-Noël Vieille - le 17 octobre 2016

 

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Fonds associés

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