Le risque politique change de continent

Par Karamo Kaba, Directeur des études économiques - Ecofi Investissements - 22 mai 2017

24/05/2017 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Autre

Le risque politique change de continent

De tous ceux qui l’ont précédé à la Maison-Blanche, l’histoire retiendra que c’est peut-être de Richard Nixon que Donald Trump a semblé le plus suivre les pas. Comme son prédécesseur, qui n’hésita pas à congédier le Procureur Archibald Cox qui enquêtait sur lui (« Massacre du samedi soir »), Donald Trump a licencié James Comey, le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), un fait rare. Or, selon une note de ce dernier, le président Trump aurait cherché à influer sur le cours de l’enquête sur les liens supposés entre certains de ses conseillers et la Russie. Il n’en fallait pas moins pour exacerber le spectre de destitution, relayé jusque dans l’enceinte de la Chambre des représentants par Al Green, ce qui a fortement nui à l’évolution des marchés.

 

Les indices ont ainsi fortement chuté, jusqu’à un recul de 1,8% pour le S&P 500 sur la seule journée de mercredi, soit son plongeon journalier le plus important depuis l’élection de Donald Trump. En parallèle, des rumeurs de corruption autour de Michel Temer, le président brésilien, ont émergé. L’onde de choc de cette nouvelle, qui s’est rapidement propagée sur la bourse brésilienne (-8,2% sur la semaine) et sur les marchés émergents, s’est traduite par une remontée de l’aversion pour le risque (+1,6% pour l’indice Vix).

 

La conséquence de ce qui précède a été sans appel sur les marchés de change. Le real brésilien a fortement chuté contre le dollar (-4,3% sur la semaine) et le billet vert s’est lui-même déprécié contre toutes les monnaies (-2,1% pour le taux de change effectif). L’euro est ainsi revenu à 1,1210 dollar, en hausse de 2,5% sur la semaine et de près de 4,6% sur le mois. La monnaie commune continue de profiter du reflux du risque politique en Europe avec la nette victoire du parti de la Chancelière Merkel lors d’un scrutin test en Rhénanie du Nord-Westphalie et de la publication de sondages écartant le scénario d’une cohabitation lors des élections législatives en France. Le yen, encouragé par une croissance économique plus forte qu’attendu, a été un des autres gagnants (+1,9% sur la semaine).

 

Compte tenu de tout ce qui précède, les investisseurs se sont réfugiés sur les marchés obligataires. Le rendement du taux à dix ans de l’Etat américain a ainsi baissé de 10 points de base, pour finir la semaine à 2,23%. En effet, avec la nomination d’un Procureur indépendant, dans un climat politique en ébullition, les doutes sont de plus en plus persistants sur la capacité du président Trump à mettre en application ses promesses de campagne.

 

Nous ne devrions toutefois pas atteindre le stade de la destitution (« impeachment ») pour trois raisons. Tout d’abord, dans l’histoire, aucun président américain n’a été destitué. Ensuite, il serait étonnant de voir ce scénario se réaliser tant que les Républicains auront le contrôle du Congrès. Enfin, s’ils devaient le faire, plusieurs élus Démocrates pourraient hésiter à destituer le président Trump au profit du Vice-président Pence, considéré comme plus radical.

 

Rendez-vous lundi prochain…

 

Source : Ecofi Investissements, au 19 mai 2017.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées qu’Ecofi Investissements considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

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