Le pire est encore à venir pour l'Europe

19/11/2012 - Publié par PETERCAM (LUXEMBOURG) SA dans Marché Actions

Le pire est encore à venir pour l'Europe

Le récent rapport sur le PIB pour le 3e trimestre a une fois de plus confirmé la difficile situation économique de la zone euro. Son PIB s'est ainsi contracté de 0,1% durant l’été, un chiffre relativement raisonnable au final au regard d'autres indicateurs plus sombres. Le déclin a à vrai dire été maintenu plus ou moins sous contrôle grâce à la croissance positive en Allemagne et en France, alors que les économies espagnole, italienne, grecque et plus particulièrement portugaise et néerlandaise ont sensiblement reculé. Quoi qu'il en soit, le 3e trimestre aura aussi été le quatrième trimestre de baisse consécutif pour la zone euro. Globalement, l'activité économique a reculé de 0,6% au cours de cette période et est aujourd'hui retombée au niveau qui était le sien début 2007. Cela étant dit, le pire est encore à venir pour la zone euro, les indicateurs avancés pour l'ensemble de la région suggérant bien plus de mauvaises nouvelles encore pour les prochains mois. De plus, les indicateurs avancés pour l'Allemagne et la France montrent que le noyau dur de l'Europe est à son tour en train de replonger dans la récession. Concrètement donc, les chiffres du PIB de la zone euro devraient encore se détériorer au cours des prochains trimestres.

Les principaux vecteurs de cette récession sont l'accent continu sur l'austérité budgétaire par les gouvernements de la zone euro et le coup global porté à la confiance du fait de l'incertitude à propos de l'avenir de l'euro. Comme les chiffres de la croissance économique s'annoncent sensiblement inférieurs aux prévisions plutôt optimistes sur lesquelles ont été fondés les budgets, les gouvernements de la zone euro n'atteindront pas leurs objectifs budgétaires. En réaction, ceux-ci envisagent donc de prendre de nouvelles mesures d'austérité qui ne feront qu'accentuer la pression à la baisse sur l'activité économique. En plus de cela, — et c'est sans doute encore plus important —, l'incertitude liée à la crise de l'euro. Elle paralyse les sociétés et les consommateurs qui, dans le contexte actuel, hésitent — et on peut les comprendre — à se lancer dans des projets d'investissement à long terme. Malheureusement, aucun de ces problèmes ne semble devoir disparaître de sitôt. Car même si elles reconnaissent l'importance de la croissance économique, les autorités n’en restent pas moins accrochées à leur vision de l'austérité budgétaire comme composante essentielle de la solution à la crise de l'euro ; ce qui élimine toute possibilité sérieuse de soutenir l'activité économique.

Pour l’heure, nous restons bien loin d'une solution globale pour l'euro. Comme prévu, l'union bancaire s'avère bien plus aisée à promettre qu'à mettre en œuvre et aucun progrès significatif n'a été enregistré ces derniers temps dans ce domaine. Une demande explicite d'aide de l'Espagne et/ou une solution à court terme aux besoins de fonds de la Grèce peuvent être attendues dans les prochaines semaines. De quoi apaiser les marchés financiers dans la mesure où cela dissipera les risques à court terme, mais cela ne fera pratiquement rien pour modifier la dynamique sous-jacente. Tout espoir de voir de telles mesures remettre la zone euro sur la voie d'une croissance économique significative s’avérera trop optimiste.

Les meilleures chances de croissance dans la zone euro en 2013 sont probablement à chercher en dehors de l'Europe. Un retour à une accélération de la croissance économique aux Etats-Unis et dans les marchés émergents, associé à un fléchissement significatif de l'euro, pourra constituer un adjuvant de poids pour l'économie de la zone euro. Une nouvelle dose de stimulants monétaires par la BCE pourrait être utile dans ce cadre. Néanmoins, les conditions pour un tel coup de pouce extérieur ne sont pas réunies à ce stade. Dans l'état actuel des choses, une nouvelle détérioration à court terme des données économiques dans la zone euro semble inévitable.

 

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