Le Pétrole aussi est Charlie

Le billet de Marc Gilson

19/01/2015 - Publié par Marc GILSON dans Marché Matières Premières

Le Pétrole aussi est Charlie

Il en va du pétrole comme de la bonne réputation : son prix met longtemps à monter mais il
d’effondre rapidement. Cette baisse de prix génère toutefois un certain optimisme pour les
pays non producteurs qui bénéficient ainsi d’une source d’énergie bien moins chère, même
si le dollar reprend des forces contre toutes devises.
Derrière cette baisse se cachent certainement beaucoup de facteurs : la baisse de la
demande en Chine, la volonté de certains producteurs de lutter contre la concurrence du gaz
de schiste made in USA, la modération de consommation des ménages et l’arrivée
« massive » des ressources renouvelables. Et la spéculation, évidemment.
Il est aujourd’hui évident que l’offre dépasse la demande, et c’est probablement le vrai
moteur de la baisse. L’amplitude, elle, est due aux effets de comportement des marchés qui
sont plus psychologiques ou sociologiques que rationnels. Encore et toujours, nous sommes
bien loin des conditions de la concurrence parfaite chères à notre aïeul Adam Smith…
Cette dernière semaine a été complètement occupée par les tueries chez Charlie Hebdo,
Montrouge et Porte de Vincennes. Quelle que soit notre conviction, notre affection, notre
affliction, nous ne devons pas rester obnubilés par ces actes. Les opinions publiques ne sont
pas très différentes des marchés financiers, du marché du pétrole : après un krach, il y a
toujours un rebond et un long retour à la « normale ». Souvent, dans ce laps de temps, des
règles changent, des dispositions sont prises, des habitudes se recréent. Ce n’est plus
comme avant mais ça y ressemble quand même.
Et puis après, avec le recul, on se dit que c’était une occasion ratée…
Pour bien mélanger tous les sujets, une petite réflexion. Les guerres au Moyen Orient sont
présentées sous un jour idéologique mais elles ont en réalité des fondements économiques
liés à la maîtrise de l’or noir. Si, par hasard, Boko Haram (qui signifierait en fait « l’éducation
occidentale est un péché ») pouvait s’emparer de vraies ressources pétrolières au Nigéria,
son pays d’origine, alors que peut-être, enfin, les pays occidentaux se mobiliseraient pour
éradiquer cette armée indigne, traitant les femmes comme des esclaves et éliminant,
comme Daesh, tous les mécréants. A noter que depuis que Daesh dispose de ressources
financières grâce à la conquête de puits de pétrole, les Occidentaux se sont ligués,
militairement cette fois-ci, pas seulement en paroles

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