Dans les startings blocks

L'E-conoclaste d'Actis AM: 7 Novembre 2016

07/11/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

Dans les startings blocks

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Je me presse de rire de peur d’être obligé d’en pleurer. »

Beaumarchais (1732-1799), Ecrivain et dramaturge français.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

13 000 milliards : est l’encours en dollars gérés par les 4 plus grands gérants de la planète (BlackRock, Vanguard, Fidelity et State Street) soit presque l’équivalent du ¾ du PIB américain (18 000), plus de 5 fois celui de la France.

1 200 milliards : est l’encours des créances douteuses détenues par les banques européennes soit 5,7% des crédits accordés dans la zone euro. La proportion était de 1,5% avant la crise financière de 2008. Fortes disparités entre pays de la zone euro avec 3% en Allemagne, 4% en France et le mauvais élève 17% en Italie (86,4 €Mds).

120 : est en secondes le rythme auquel sont évacuées les voitures à Paris par les services de la fourrière soit quelques 250 000 véhicules par an. A 150 euros l’enlèvement, c’est un pactole de 38 millions d’euros que se partagent les 5 entreprises qui gèrent ce marché.

52 : est en pourcentages ce que coûte en plus un produit acheté en format individuel par rapport au format familial en moyenne sur un panel de plusieurs produits au quotidien selon une étude de Familles de France.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Ce qui retient véritablement le souffle des marchés depuis 10 jours (pourquoi seulement maintenant ?!?) et crée une nervosité toute nouvelle sur les marchés actions (-4% sur le SP500) et sur le dollar (-2% vs euro) est sans nul doute l’imminence du résultat des présidentielles aux Etats-Unis.

L’écart se resserre entre Hillary Clinton et Donald Trump. L’éventualité de voir s’installer Trump à la Maison blanche ces jours prochains est redevenue très forte, au moins égale à celle d’Hillary Clinton selon les derniers sondages et à considérer l’envolée du dollar US contre peso mexicain de 4% depuis 10 jours. La relique barbare, le franc suisse et le yen profitent à court terme de l’embellie du candidat populiste.

La remontée de Trump est à mettre aux comptes de l’affaire des mails d’Hillary dont le FBI s’est emparé, la candidate démocrate qui en 2009 lorsqu’elle était secrétaire d’Etat a utilisé sa boite mail personnelle et non l’officielle de l’administration (dont les correspondances doivent être archivées sous le sceau du secret Défense) est accusée de faute professionnelle et de négligence, indigne d’une future présidente selon l’opinion américaine !

Quelque chose d’anodin pour nous européen ne  semble pas avoir la même résonnance outre-Atlantique. Petite statistique « amusante » dont sont friands les américains : depuis 1984, chaque fois que le S&P500 fut négatif sur les 3 derniers mois précédant une élection présidentielle, le candidat de l’opposition l’a systématiquement emporté. Le gain descend à 86% depuis 1928. Or, depuis 3 mois, le S&P 500 a perdu 4%... Le moins drôle étant, que si la statistique se vérifie, les gesticulations caricaturales de campagne du futur élu laissent peu de place à des prévisions sérieuses en matière de croissance, de confiance des entrepreneurs et investisseurs sur tel ou tel secteur et que l’on naviguera à vue au même titre que le marionnettiste lui-même.

Le point positif aux Etats-Unis est qu’objectivement, l’économie américaine va de mieux en mieux, constat confirmé dans les « minutes » de la Fed mercredi dernier.

Janet Yellen peut être rassurée et libérée pour mener la prochaine hausse des taux du 14 décembre (probablement suivie d’autres si la tendance récente se poursuit) car tous les voyants sont verts.

La croissance est en effet ressortie à +2,9% en rythme annualisé, et à +1,5% en glissement annuel. L’inflation se redresse depuis 6 mois pour atteindre les 1,5%, proche des objectifs de la Fed grâce notamment à l’amélioration des salaires et du marché immobilier.

Le retournement marqué de tendance sur l'investissement (grâce notamment au secteur pétrolier), dernière variable plus que symbolique, supporte l'hypothèse que cette inflexion positive de la croissance américaine est pérenne : son évolution annualisée passe de -7,9% au T2 à +3,1% au T3 2016 mettant fin à 5 trimestres de décroissance de l'activité en rythme annuel. L’investissement a des fortes chances d’être dopées plus encore par les nouvelles mesures de relance budgétaire inscrites dans les programmes des 2 futurs candidats (pas d’alternatives possibles à l’abandon du QE et 275 milliards de dollars de dépenses annoncées dans les infrastructures côté Clinton, le double. Normal côté Trump) et viendra renforcer encore la donne. De même,  la contribution des stocks, une fois de plus négative en glissement annuel, ne le sera pas indéfiniment et supportera également la croissance au cours des prochains trimestres.

Sur le front des valeurs, la période de publication trimestrielle a sanctionné de nombreuses entreprises autrefois appréciées pour la solidité de leurs résultats et leurs capacités à générer de la croissance quoiqu’il arrive (pas si longtemps en fait, jusqu’à l’été dernier…une vraie mémoire de poisson rouge ces investisseurs) à l’image de Cap Gemini, Essilor, Unibail, Vinci, Fresenius… Or, plus que l’analyse de la qualité des métriques, le marché s’est essentiellement focalisé, dans une relation bipolaire, sur les « guidances » annuelles, symptomatique d’une communauté en proie aux doutes et en manque de visibilité à l’aube de rendez-vous politiques dans les mois à venir (américaine demain, référendum italien le 4 décembre, Brexit anglais, présidentielle française en mai prochain, élections fédérales allemandes à l’automne 2017), et dans l’intervalle d’un relais des mesures non conventionnelles des banques centrales dont l’efficacité semble arriver à son terme. Dans le même esprit, l’indice de volatilité Vix ou « indice de la peur » remonte depuis 10 jours de quelques 30% à près de 20 reflétant la nervosité ambiante.

Logiquement, des valeurs plus « values » à l’heure actuelle telles Saint-Gobain, Technip, Orange ont bénéficié d’une fièvre acheteuse à la faveur d’objectifs financiers ou commerciaux plus optimistes.

Le pétrole relâche l’acquis de ces 6 dernières semaines avec -12% …suite à l’échec de la réunion de Vienne des membres de l’OPEP et de la Russie pour s’entendre sur un gel de la production. Assez prévisible mais le marché voulait y croire.

En bref, fin de suspense intenable avec l’annonce de prolongation jusqu’en juin 2019 du gouverneur canadien Mark Carney à la présidence de la banque d’Angleterre (BOE) et Theresa May devait appliquer l’article 50 en mars prochain permettant d’entamer la période de sortie de dans 2 ans du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Oui sauf que l’Angleterre continue à nous réserver son lot de surprises, en effet la Cour de Londres jeudi dernier en a décidé autrement en soumettant au vote du Parlement et non seulement à l’initiative du gouvernement le processus de sortie de l’Union Européenne ce qui pourrait être favorablement interprété par les marchés (la livre s’est apprécié dans la foulée de 1% contre euro et USD), car la position du Parlement est davantage en faveur d’un « soft Brexit » voire d’un maintien du UK dans l’UE.

Le gouvernement a fait appel de cette décision devant la Cour suprême, affaire à suivre entre le 5 et 8 décembre au minimum. A en perdre son flegme avec ce fog !

Cette période d’incertitude prolongée ne facilite pas la tâche de la BOE prise entre deux feux : poursuivre la politique accommodante pour soutenir la croissance (encore résiliente mais qui risque de basculer en 2017 du côté obscur) au risque de pousser l’inflation déjà dopée (à 1% contre 0,3%) avec la baisse la livre de 15%.

 

LE POINT TECHNIQUE

Malgré l’échéance présidentielle américaine, les ardeurs de rapprochement n’ont pas été freinées, loin de là.

On assiste à un record mensuel historique de fusions aux USA en octobre avec 250 milliards de dollars, l’illustration ci-dessous ne reprend pas la dernière en date de General Electric qui prend le contrôle à 62,5% de l’acteur parapétrolier Baker Hughes à plus de 30 milliards créant le deuxième opérateur dans le secteur des pompes et compresseurs derrière Schlumberger et devant Halliburton.

 

Source: Actis / Dealogic

 

Le contexte, s’il est moins favorable politiquement, l’est économiquement et c’est ce qui prime et ce malgré les contraintes antitrust opposées çà et là.

La difficulté pour les groupes de par le monde à trouver des relais de croissance (profit et activité) et l’extraordinaire opportunité d’endettement que représente l’univers de taux bas expliquent ce mouvement de concentration et permettent la création de titans comme jamais.

Accessoirement, ces opérations font également les beaux jours des éternels cabinets de conseil : Goldman Sachs en tête, Morgan Stanley etc.

Espérons que cette activité automnale en matière d’OPA, relativement similaire à celles passées de 1999-2000 et 2006-2007 ne se traduiront pas par un top de marché à l’instar de la bulle internet et de la crise des subprimes (voir graphique ci-dessous).

 

 

Source: Actis / Dealogic / USA Today

 

Rédigé le 4 Novembre 2016 par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

Ce document est un document non contractuel, strictement limité à l’usage privé du destinataire, diffusé à des fins d’information et ne saurait en aucun cas s’interpréter comme constituant une offre de vente ou sollicitant une offre d’achat de titres qui y sont mentionnés. L’opinion formulée dans le présent document ne saurait en aucun cas se substituer au jugement de son destinataire. Les informations fournies dans ce document n’ont aucun caractère exhaustif et leurs précisions ne peuvent être garanties. Les appréciations formulées reflètent l’opinion d’Actis AM à la date de publication et sont susceptibles d’être révisées ultérieurement.

Plus de détails sur notre site : http://www.actis-am.com

 

 

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