Le gouvernement Belge n'a pas de plan à long terme

26/11/2012 - Publié par PETERCAM (LUXEMBOURG) SA dans Marché Actions

Le gouvernement Belge n'a pas de plan à long terme

Après plusieurs nuits de négociation, le gouvernement belge est parvenu in extremis à boucler son budget 2013 dans les délais. Concrètement, le gouvernement entend rester fidèle à l'objectif de son programme de stabilité qui consiste en un déficit global de 2,15% l'année prochaine, même si la croissance économique devrait être sensiblement inférieure aux hypothèses initiales (0,7 au lieu de 1,3%).

L’un dans l’autre, ce budget confirme l'état globalement correct des finances publiques en Belgique. La dette du gouvernement s'élève certes toujours à près de 100% du PIB, mais elle est aussi relativement stable. Malgré le difficile climat économique, le déficit reste très acceptable. Si le gouvernement parvient à respecter son budget 2013, son surplus primaire (le solde budgétaire hors paiements d'intérêts) sera le troisième plus important de la zone euro (derrière l'Allemagne et l'Italie).

Néanmoins, ces chiffres honorables ne peuvent pas non plus faire oublier que le gouvernement pourrait et devrait réellement faire beaucoup mieux, en particulier en ce qui concerne la qualité de sa politique budgétaire et économique en général. Le gouvernement se concentre en effet principalement sur une stratégie défensive, essayant de préserver une sorte de statu quo plutôt que d'essayer de faire progresser l'économie et de se préparer aux défis futurs.

En réalité, ce budget n'est qu'un petit pas de plus et d’autres exercices similaires suivront encore, déjà en 2013. L'hypothèse d’une croissance économique de 0,7% a de fortes chances de s'avérer au final trop optimiste. A l’image du reste de la zone euro, l'économie belge est en récession et une croissance de 0 % voire légèrement négative apparaît donc comme une hypothèse plus raisonnable. Et qui dit croissance plus faible, dit que le gouvernement devra trouver 1,5 milliard d'euros supplémentaires en 2013. De plus, le budget 2013 comprend environ pour 1,3 milliard d'euros de mesures one-shot. Celles-ci devront donc être remplacées en 2014 pour venir s'ajouter aux 3,3 milliards d'euros qui seront nécessaires pour atteindre l'objectif de déficit de 1,1% du PIB cette année-là. De quoi rendre l'exercice du budget 2014 extrêmement difficile, d’autant que les discussions se dérouleront alors avec les élections du printemps en toile de fond.

L'accent sur le budget à court terme aux dépens de l'exercice de l'année suivante est symptomatique d'un mal plus profond : l'absence d'un plan à long terme. À court terme, la Belgique ne se comporte pas trop mal dans le climat actuel de crise. Mais ce ne sera pas suffisant si l'on ne s'attaque pas aux défis à plus long terme. Notre système de sécurité sociale a été construit sur les bases d'un nombre important de contributeurs par rapport à un nombre limité de bénéficiaires. Or, la donne est aujourd'hui en train de changer avec le vieillissement de la population qui obligera finalement à repenser structurellement le système et son financement. Jusqu'à présent, le gouvernement a évité pareille réflexion en n'y apportant que des petites retouches année après année. Hors, cela conduit à une détérioration progressive et mine le potentiel de croissance de l'économie.

Au vu de l'ampleur du choc démographique à venir, cette politique n'est pas tenable. Au final, d'importantes réformes structurelles deviendront également inévitables en Belgique : réévaluation de la taille de l'État, glissement substantiel des taxes sur le travail aux taxes sur les dépenses, relèvement de l'âge de la pension, … Dans ce contexte, le budget devrait réellement être un outil de renforcement de l'économie, plutôt qu'un objectif en lui-même

 

 

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