Le crash obligataire est-il terminé? Ou est-ce le début d’une remontée durable des taux longs?

Jeanne Asseraf-Bitton, Head of Cross Asset Research Lyxor

29/05/2015 - Publié par LYXOR ASSET MANAGEMENT dans Marché Obligataire

Le crash obligataire est-il terminé? Ou est-ce le début d’une remontée durable des taux longs?

Le crash obligataire est-il terminé? Ou est-ce le début d’une remontée durable des taux longs ?

 

La question est cruciale pour nos vues d’investissement. La BCE lance son QE très tard, 6 ans après la crise, à un moment où les pays de l’Eurozone ont assaini leurs finances publiques. Avec la contraction des déficits, les émissions nettes de dette souveraine tombent de 500 milliards par an début 2011 à 200 milliards aujourd’hui.

En mars dernier, la BCE débute ses achats sur le marché secondaire sur un rythme annuel de 400 milliards (en valeur faciale). C’est deux fois le montant des émissions. Anticipant de fortes distorsions et une volatilité accrue liées à cette situation inédite, nous avons recommandé une position neutre sur les marchés de taux de l’Eurozone.

Les marchés se sont envolés. Les rendements se sont écrasés, le 10 ans frôlant zéro en Allemagne et le taux moyen de la zone avoisinant 1%. La correction qui a suivi a, elle aussi, été impressionnante et les deux épisodes illustrent bien les distorsions induites par la banque centrale.

Parmi les facteurs techniques en jeu, la saisonnalité des émissions semble avoir tenu un rôle clé. Les émissions passent en effet d’environ 0 en avril à 70 milliard en mai, face à des achats de la BCE stables autour de 40 milliards par mois ; ce qui déclenche la correction.

Des gestions systématiques amplifient le mouvement, comme en témoignent les larges volumes traités sur les futures. Les taux se tendent sur les niveaux de novembre dernier,lorsque que les marchés n’escomptaient pas encore le QE audacieux de la BCE.

Et le taux 10 ans moyen de l’Eurozone se retrouve à 1.6%.

 

Quid des prochains mois ? Nous entrevoyons un potentiel de baisse sur les taux.

 

D’abord, Mario Draghi a réaffirmé sa détermination à sortir l’Eurozone de la crise paralysante dans laquelle elle est engluée.

Pour qu’un cycle vertueux entre actifs financiers et activité s’enclenche, il est nécessaire que les taux longs restent durablement inférieurs à la croissance nominale de l’économie. Or, selon les dernières prévisions de la BCE, la croissance nominale de la zone serait proche de 1.5% en 2015.

Depuis la crise, les banques centrales gèrent la partie longue de la courbe des taux et plus seulement les maturités courtes. Nous pensons que la BCE devrait peser sur les taux longs.

 

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