Le boom des sukuk

11/02/2013 - Publié par FRANKLIN TEMPLETON INVESTMENTS dans Marché Obligataire

Le boom des sukuk

La finance islamique connaît un essor fulgurant dans le secteur des services financiers, et regroupe une vaste gamme de produits et services conformes à la loi islamique, la Charia. Depuis les années 90, la finance islamique a cessé de se concentrer sur la banque commerciale et le financement de projets respectant les préceptes de l'Islam pour s'intéresser à des fonds actions ou encore des fonds immobiliers conformes à la Charia, et, depuis le début des années 90, à des outils de gestion de la liquidité et des instruments obligataires appelés « sukuk. »

 

Sukuk est le pluriel du mot arabe Sak, qui signifie littéralement « titre », et fait référence à l'équivalent islamique des obligations. Les sukuk sont des certificats financiers structurés principalement afin de respecter l'interdiction de facturer ou de verser des intérêts (« Riba ») édictée par l'Islam. L'un des principes de base de la finance islamique est l'absence d'intérêts (Riba) dans les transactions. En outre, il ne doit exister aucune faiblesse au niveau du contrat (tous les accords contractuels doivent être transparents, clairs pour l'ensemble des parties, ne comprendre aucune clause punitive inéquitable, et faire converger correctement les intérêts des parties), et toute implication dans des affaires contraires à l'éthique est interdite.

 

Dans la pratique, en raison de ces principes de base, les sukuk présentent des différences importantes par rapport aux obligations conventionnelles. Ainsi, les sukuk ne versent pas d'intérêts, contrairement aux obligations conventionnelles, et sont structurés de sorte que le versement des coupons soit remplacé par le versement de loyers ou de bénéfices aux détenteurs de sukuk. En outre, contrairement aux obligations traditionnelles, le principal n'est pas toujours garanti à l'échéance par l'émetteur. Toutefois, un engagement d'achat par un tiers (ou, dans certains cas, l'émetteur), conclu séparément, offre aux détenteurs de sukuk l'assurance que le principal sera bien remboursé en intégralité. Cette technique est importante, en cela qu'elle contribue à offrir une protection du capital sans recours à un prêt.

 

Les sukuk, qui sont des titres présentant certaines caractéristiques communes avec les obligations et peuvent être négociés sur des marchés secondaires liquides, peuvent être considérés comme une réponse particulièrement pertinente aux défis structurels posés par la poursuite de la croissance de la finance islamique. Les sukuk sont tout d'abord réapparus en Malaisie au début des années 90. Toutefois, les premiers sukuk modernes ont été lancés au début des années 2000 seulement, en commençant par l'Asie du Sud-Est et les pays du Conseil de Coopération du Golfe. Le Bahreïn a lancé les Sukuk al-Salam et les Sukuk al-Ijara sur le marché islamique en 2001, et la Malaisie fut le premier pays à proposer des Sukuk al-Ijara internationaux en juin 2002.

 

Malgré une croissance des émissions, la demande des investisseurs désireux de profiter d'investissements offrant un rendement élevé et un risque relativement faible est bien supérieure à l'offre. La demande provient d'établissements financiers islamiques, mais aussi de gérants de fonds et de particuliers fortunés, et reflète la croissance rapide du secteur de la banque islamique et l'appétit croissant pour des titres inspirant confiance, liquides, et conformes à la Charia.

 

Les émetteurs potentiels, comme les grandes sociétés d'Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient ou encore les établissements financiers internationaux, se démènent pour répondre à cette demande. Les émetteurs des pays musulmans sont principalement des banques, ainsi que des États ou des entités appuyées par des gouvernements. Jusqu'à récemment, les fonds collectés étaient utilisés essentiellement dans le cadre du financement de projets d'infrastructures, mais on note depuis peu une diversification des émetteurs, ainsi qu'une mondialisation et une expansion des produits financiers islamiques à travers le monde, hors de leurs territoires traditionnels. Les sukuk sont une manière pour les émetteurs internationaux de diversifier leur base de financement et d'améliorer leur profil dans le monde musulman. Dans le même temps, les gouvernements non musulmans s'efforcent de développer au niveau national le secteur potentiellement lucratif de la finance islamique.

Acteurs du marché

Le secteur de la finance islamique reste très fragmenté. En effet, selon certaines estimations, 500 établissements financiers (banques de détail, banques d'investissement, gérants d'actifs, etc.) répartis dans plus de 80 pays proposent des produits de financement conformes à la Charia. Peu de gérants d'actifs islamiques disposent de mandats mondiaux et ceux qui en disposent ne sont généralement en mesure de proposer qu'une offre de niche.

 

Les offres de produits financiers conformes à la Charia se développent rapidement, mais étaient principalement cantonnées au secteur des actions et à l'immobilier, jusqu'à ce que l'apparition des sukuk vienne changer la donne. Toutefois, l'émergence d'investisseurs issus de la banque privée, tant dans le monde musulman que dans le monde non musulman, entraîne une complexification de la commercialisation de ces produits et appelle un élargissement de l'univers d'investissement. Il existe par conséquent des opportunités encore non exploitées dans le marché des produits obligataires conformes à la Charia, que des gérants d'actifs jouissant d'une solide réputation au niveau international en matière de gestion de fonds destinés aux particuliers peuvent saisir.

 

En janvier 2010, Franklin Templeton GSC Asset Management a obtenu une licence auprès de la Commission malaisienne des valeurs mobilières lui permettant d'exercer une activité de gestion de fonds réglementés conformes à la Charia. Au Moyen-Orient, Franklin Templeton Investments travaille depuis l'an 2000 dans le secteur de la gestion d'actifs islamiques. Franklin Templeton a reçu des mandats de gestion d'actions conformes à la Charia en Asie et détient plusieurs mandats internationaux de gestion de sukuk depuis 2008.

Mohieddine Kronfol

Fonds associés

Aucun fonds associé à cet article. Si vous souhaitez associer votre fonds à l'article, contactez-nous.

Articles similaires

LE MOYEN-ORIENT – UNE VALEUR REFUGE ONÉ...

Je suis de retour d’une fascinante tournée des investisseurs au Moyen-Orient, où j’ai passé une semaine à rencontrer des émetteurs obligataires...

16/04/2015 - Publié par M&G INVESTMENT MANAGEMENT LTD.

Obligataire / Avis d'experts

OBLIGATIONS CONVERTIBLES ET CHOCOLAT SUISSE

Après la résurgence de la volatilité sur les marchés d’actions depuis l’été 2014, seules deux choses pouvaient rassurer l’équipe obligations...

22/01/2015 - Publié par SCHRODER INVESTMENT MANAGEMENT (CH) AG

Obligataire / Avis d'experts