Le billet quotidien du 2 juillet 2012

Avant le grand saut, vers le haut ou vers le bas ?

03/07/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Allocations d'actifs

Le billet quotidien du 2 juillet 2012

Depuis vendredi, les marchés boursiers semblent dopés par une nouvelle merveilleuse : on a trouvé le moyen de sauver les banques espagnoles sans endetter l’état espagnol ni faire craquer les Allemands sur les eurobonds mais en utilisant la banque centrale qui appartient à tous les membres de la zone euro donc aux Etats allemand et espagnol, en fin de compte.

On a fait de la dette sans en faire comme M.Jourdain faisait de la prose…

Cela étant dit, on peut estimer  –comme la moitié des opérateurs- que les valeurs européennes étaient survendues et qu’à ces prix-là on aurait eu tort de s’en priver. Bien que l’autre moitié des intervenants a dû se dire qu’il était temps de vendre à ces prix, avant la dégringolade qu’ils prennent pour certaine. On n’en sait rien donc. Il nous semble, à première vue, que cette flambée n’est qu’un rattrapage d’une baisse causée par un grand pessimisme (pas un excès, simplement un grand…). La consommation est en panne en Occident et le dernier indice PMI de JP Morgan-Markit montre que  la production  industrielle US s’enfonce.

En matière économique, la prédiction est bien difficile et nombreux sont ceux qui ont brulé leur réputation pour avoir hasardé quelques visions au sujet du bien-être futur de l’économie. Quelques prix Nobel et un ancien patron de la FED se sont trompés lourdement.  Vraiment, ça peut arriver à tout le monde mais si on  persévère, cela devient très lourd à porter.

Nous aimons bien l’espèce d’autocritique de M. Jean-Hervé Lorenzi, publié sur le site de l’Expansion il y a peu. Voici ce qu’il dit :

Depuis 2007, la critique est générale quant à la responsabilité supposée des économistes : ils n'auraient pas prévu la crise. De fait, cette interrogation première sur l'utilité des économistes est fondée, même si elle paraît un peu excessive, et surtout un peu injuste. En  effet, dès 2005, de nombreux colloques ou papiers scientifiques, et même certaines notes d'économistes de banques, soulignaient les risques de l'explosion des liquidités à l'échelle mondiale, et dénonçaient les conséquences désastreuses d'une  crise immobilière inévitable. Mais chacun savait que le système bancaire, notamment américain, prêtait à des agents économiques insolvables. Voilà pour le début de la crise. Mais - faut-il le rappeler ? - il est toujours très compliqué de prévoir une rupture, un choc ou une modification profonde du fonctionnement de l'économie mondiale.

Aujourd'hui, ce qui est le plus perturbant, c'est que l'on n'a guère appris. En 2008, nous avions ignoré le phénomène très particulier de la période, ce qui était compréhensible, mais nous avons commis la même erreur en 2011, et c'est cela qui est inadmissible. En réalité, nous avons attribué à tort le ralentissement de l'économie mondiale de 2008 exclusivement à la faillite de Lehman Brothers, et nous n'avons rien prévu de celui du deuxième trimestre 2011. Et pour cause : aujourd'hui, nous ne sommes toujours pas capables de mesurer l'impact de la crise sur la consommation, pas plus que celui de la hausse du prix des matières premières énergétiques et alimentaires...

En fait, un phénomène en particulier nous a échappé, celui de la  paupérisation d'une partie notable de la population des pays qui font partie de l'OCDE. Ces victimes de la mondialisation, ces travailleurs non qualifiés, soit sont au chômage, soit ont des revenus très faibles.

En France, c'est le cas, par exemple, de la caissière à temps partiel qui gagne 850 euros par mois, qui est mère célibataire, qui va chercher son enfant à la crèche en voiture et qui, évidemment, est frappée de plein fouet par l'augmentation du prix de l'essence. Dès que cette hausse se produit, tous ses comportements de consommation vont se modifier, parce que cette femme est tout simplement à quelques dizaines d'euros près. Or cette population représente entre 20 et 40 % de la population mondiale.

Les évolutions brutales des prix des biens essentiels vont alors jouer sur la consommation globale, et elles vont donc jouer sur la croissance. C'est cela qu'il nous faut comprendre et mesurer. Les politiques économiques doivent désormais  intégrer ces phénomènes en imaginant des protections fortes du pouvoir d'achat de ces catégories notamment en France, à travers une rationalisation des différents dispositifs à l'œuvre, tels la prime pour l'emploi, le RSA ou encore l'allocation de logement.

Bonne semaine.

Article rédigé par Marc Gilson pour le billet quotidien

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