La surpondération des obligations sur les actions est toujours opportune.

23/05/2016 - Publié par Jérôme BOUMENGEL dans Marché Autre

La surpondération des obligations sur les actions est toujours opportune.

Depuis août 2015, le prix des emprunts de l’Etat français surperforme celui des actions de l’indice CAC40. L’indice Barclays France All Maturities affiche une progression de 4% tandis que l’indice parisien a perdu près de 15%.

Le contexte économique ne parait toujours pas favorable aux actions françaises. Dans un environnement de faible inflation, voire de déflation puisque le taux d’inflation est tombé à -0,2% au mois d’avril, les entreprises françaises vont avoir du mal à redresser leurs marges. Et pour les entreprises exportatrices, la faiblesse de l’économie mondiale constitue un facteur négatif, en dépit de la baisse de l’euro.

 

Deux chiffres appuient cette frilosité pour les actions :

Après un plus haut de 7,1% en décembre 2015, le momentum des bénéfices prévisionnels à 12 mois des actions du CAC40 est tombé à 4% (en glissement annuel). Or compte tenu de la forte corrélation entre les variations de l’indice et celle des bénéfices prévisionnels des actions qui le composent (près de 50% pour le coefficient de corrélation), le déclin du taux de croissance des bénéfices n’est guère de nature à redresser le cours de l’indice parisien.

 

Par ailleurs, la baisse de l’euro, sur laquelle misaient les entreprises exportatrices pour doper leurs ventes, semble avoir atteint ses limites. Après un sommet en juin 2015, les derniers chiffres de l’Insee montrent que les exportations françaises ont baissé de 7% depuis cette période. La croissance française perd ainsi un soutien important.

 

La comparaison des primes de risque fait pencher la balance pour les obligations :

Du côté de l’aversion au risque, les investisseurs ont conscience de ces risques et font preuve d’un moindre appétit pour les actions que pour la dette souveraine. La comparaison entre la prime de risque de l’indice CAC40 et celle de l’OAT à 10 ans est assez éloquente.

Depuis 2008, l’aversion au risque pour les actions françaises se maintient sensiblement au-dessus de sa moyenne historique qui se situe à 5,5%. Or c’est exactement l’inverse pour la prime de risque sur l’OAT 10 ans, puisque depuis 2010, celle-ci reste au-dessous de 1,6% niveau qui correspond à sa moyenne historique.

 

 
A long terme, il n’y aura pas de retour durable de la confiance des investisseurs et de la surperformance des actions sur les obligations, tant que cette configuration ne se sera pas inversée.

 

 
Dans une optique de moyen terme, c’est différent dans la mesure où il y a des fenêtres d’opportunité  qui permettent aux actions de surperformer les obligations pendant plusieurs mois.   

Ce n’est toutefois pas le cas actuellement, puisque depuis l’été dernier, la prime de risque sur les actions est orientée à la hausse, alors que celle sur l’OAT est orientée à la baisse.

Cette configuration suggère qu’il est opportun de continuer à surpondérer les obligations françaises au détriment des actions.

 

 

© Copyright Jérôme Boumengel  -  Pour toute reproduction ou toute citation, le nom de l’auteur et la source devront être mentionnés.

Fonds associés

Aucun fonds associé à cet article. Si vous souhaitez associer votre fonds à l'article, contactez-nous.

Articles similaires

UNE DÉCEPTION POURTANT PRÉVISIBLE...

Une déception pourtant prévisible... Depuis fin novembre, en particulier dans notre dernier hebdo, nous mettions en garde sur l’attente beaucoup...

08/12/2015 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT

Autre / Analystes et économistes

ABERDEEN

Cette ville du Nord de l’Ecosse est un port de pêche aux maisons de pierres grises ornées de pétunia et aux rues longées de commerces cossus. Dans...

19/02/2016 - Publié par ENTHECA FINANCE

Autre / Analystes et économistes