La stabilisation du pétrole pourrait-elle entraîner un revirement des anticipations concernant l'inflation et les taux ?

PAR STEVEN ANDREW

10/02/2016 - Publié par M&G INVESTMENT MANAGEMENT LTD. dans Marché Allocations d'actifs

La stabilisation du pétrole pourrait-elle entraîner un revirement des anticipations concernant l'inflation et les taux ?

Alors que la croissance américaine se maintient et que l’inflation s’accélère, les marchés se montrent étonnamment optimistes concernant l’évolution future des taux d’intérêt. S’il est très peu probable selon nous que l’inflation pose problème aux banques centrales à un horizon de court à moyen terme, le fondement de l’évolution des anticipations du marché ces dernières semaines semble fragile – et est donc à la merci d’un éventuel revirement.

La volatilité des cours du pétrole a exercé une forte influence sur les niveaux de l’inflation IPC totale ces dernières années, aussi bien inflationniste que déflationniste. Comme le montre le graphique ci-dessous, il existe une relation plutôt étroite entre l’évolution des cours du pétrole et l’inflation totale. L’expérience accumulée ces dernières années souligne également la nature transitoire de cette relation : les cours du pétrole n’apportent en effet aucun enseignement concernant les pressions inflationnistes sous-jacentes (l’IPC sous-jacent).

La baisse des cours du pétrole tout au long de 2015 a exercé une forte pression baissière sur l’IPC global. Cependant, la grande différence par rapport à la période 2008-2009 (durant laquelle les prix du pétrole ont chuté dans une proportion similaire) est que l’inflation IPC sous-jacente s’accélère au lieu de ralentir. En outre, les conditions sur le marché du travail sont assez différentes, avec une accélération de la croissance moyenne des salaires.

Nul ne peut prédire la direction que vont prendre les cours du pétrole, mais l’opinion majoritaire (pour ce qu’elle vaut) laisse penser que la distribution des probabilités s’écarte d’une répétition de la baisse de 50 % observée l’an dernier. A supposer que les prix du pétrole se maintiennent à leur niveau actuel (28 dollars le baril), la pression sur l’inflation totale devrait commencer à s’atténuer considérablement à partir de juillet (ligne violette, graphique 1) et, naturellement, aura cessé de constituer un frein d’ici janvier 2017.

Le graphique ci-dessous illustre ce phénomène plus en détail : à la fin de 2015 (dernières données sur l’inflation), l’influence de l’énergie faisait que l’inflation totale était inférieure de 1% au niveau auquel elle se serait autrement située. La ligne rouge montre que cet écart persisterait même si l’énergie devait conserver ses niveaux de fin 2015 (faisant qu’à fin décembre 2016, après 12 mois de stabilité, l’impact sur le niveau de l’inflation totale est nul), et la ligne verte montre quel pourrait être l’impact dans l’hypothèse d’une hausse de 1 % par mois des prix de l’énergie.

L’attention du marché se focalise sur le risque baissier, tant concernant l’inflation que la croissance. Or, la tendance de l’inflation sous-jacente est en fait orientée à la hausse et non pas à la baisse, et l’économie poursuit son expansion. Dès lors, le risque d’un retournement des anticipations du marché concernant l’inflation et la croissance est réel.

Dans ces conditions, le marché obligataire paraît vulnérable. Pas plus tard que la dernière semaine de 2015, le marché monétaire américain intégrait une probabilité de plus de 50 % d’un nouveau relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa réunion de mars 2016. Cette probabilité désormais n’est plus que d’environ 10 %, soit son niveau le plus bas depuis un an. Selon nous, cette évolution tient davantage à la volatilité générale des prix des actifs (centrée de manière simpliste sur le pétrole et la Chine) qu’à une analyse rationnelle des données fondamentales publiées.

La possibilité d’inversion d’une bonne partie de cette tendance – et de baisse associée des actions – est loin d’être négligeable.

 

 

Steven Adrews

Il a rejoint M&G en 2005 en tant que membre de l'équipe Construction & Risque de portefeuille avant d'intégrer l'équipe Gestion Diversifiée où il a participé à la conception de stratégies d'allocation d’actifs pour la gamme de fonds diversifiés de M&G. En novembre 2010, il a été nommé gérant du fonds M&G Episode Income Fund et est devenu trois ans plus tard le gérant du fonds M&G Income Allocation Fund, au lancement du fonds. Avant de rejoindre M&G, il a travaillé chez F&C Asset Management, chez Merrill Lynch et à la Banque d’Angleterre. Il est titulaire d'une licence en économie financière obtenue en 2007 à l'Université de Londres.

 

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