La probabilité d’une consolidation est desormais forte

La chronique de Jean Noel Vieille de 360Hixance AM

02/03/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

La probabilité d’une consolidation est desormais forte

Désormais l’optimisme ne peut tout…

Nous venons de connaître un début d’année boursier euphorique puisque les principaux indices dépassent leurs plus hauts ou reviennent à leur niveau d’avant la crise de 2008. Les croissances obtenues sur l’année 2015, autour de 15% pour les places européennes, correspondent à ce que les plus optimistes attendaient sur l’année, reflêtant plus ou moins la hausse attendue des croissances bénéficiaires des entreprises sur 2015. Il n’y a donc pas forcément d’anomalie du comportement des marchés financiers, mais c’est la rapidité de cette progression qui préoccupe et aussi ses réels déterminants qui ne sont pas seulement liés aux fondamentaux des entreprises. Une nouvelle fois et cette semaine en est encore un bon exemple, ce sont toujours les banques centrales qui mènent le jeu. La Présidente de la FED a expliqué la semaine dernière qu’un relèvement des taux était peu probable au cours des deux prochaines réunions, la faiblesse de l’inflation militant pour ne pas toucher au taux d’intérêt. En Europe, les investisseurs anticipent la prochaine intervention massive de la BCE : achat d’obligations d’Etat pour 2 Mds d’euros par jour à partir de mi mars, ce qui va maintenir les taux des obligations sous pression et inciter à se reporter vers des actifs plus risqués. Ainsi, l’Eurostoxx50 a crû de 3,11%, le CAC de 2,50%, sur la semaine, alors que les marchés américains ont réagi plus timidement, le Dow Jones étant en baisse de 0,04% et le Nasdaq à 0,15%, accréditant l’idée d’une problématique très européenne.

 

La reprise européenne est bien confirmée !

La hausse des indices européens est légitime pour au moins deux raisons : 1/ une amélioration des données macro-économiques et 2/ des publications de résultats d’entreprises assez satisfaisantes. Au niveau macroéconomique, les statistiques européennes, surtout en Allemagne ont rassuré les investisseurs et accréditent le début d’une « reprise» en zone euro. Ainsi, la croissance du PIB allemand au T4 est ressortie en ligne avec les prévisions du marché à 0,7%. Cette hausse s’explique par une demande solide des ménages, par le soutien du commerce extérieur, et par une hausse des investissements en biens de consommation. En progression annuelle, la croissance du PIB est ressortie à 1.6%, entraînant certains économistes à revoir à la hausse leurs prévisions de hausse du PIB pour 2015. Autre facteur positif pour l’Allemagne, le taux de chômage pour le mois de février ressort en baisse à 6,5% et logiquement l’indice de confiance des consommateurs allemands revient à son plus haut niveau depuis octobre 2001. Sans être d’une même consistance, les chiffres français sont encourageants avec une consommation en hausse de 0,6% en janvier, au dessus des attentes, qui s’explique par une progression des achats d’automobiles et la chute des prix du pétrole commence à avoir un effet positif. Au niveau micro-économique, 60% des sociétés du CAC40 ont surpris positivement les marchés avec de bons carnets de commandes et toujours des gains de productivité qui permettent aux résultats de croître au-delà des progressions des chiffres d’affaires. Les entreprises vont pouvoir aussi continuer à se financer à des taux très bas, ce qui participe à l’amélioration des résultats. Ceci devrait stimuler de nouvelles opérations de fusions, éléments favorables à la bonne tenue des marchés financiers. 

Une situation américaine plus préoccupante ?

Le discours de Janet Yellen devant le Congrès américain a apporté quelques éléments rassurants pour les investisseurs même si la situation économique devient plus difficile. Elle a maintenu son discours toujours « accommodant », le durcissement monétaire ne semble pas être d’actualité avant les deux prochains rendez-vous et dépendra de la qualité des chiffres macroéconomiques. La solidité de l’économie américaine et les chiffres encourageants de l’emploi conduisent les investisseurs à penser que la remontée interviendra cet été. Toutefois, on assiste à un ralentissement de la croissance américaine, à l’instar du T4 où elle est ressortie à 2,2% en rythme annualisé contre 2,6% en première estimation. Cette déception relative ne semble toutefois pas modifier les fondamentaux de l’économie américaine : la croissance de la consommation est solide, les prix du pétrole sont historiquement bas, et le marché du travail s’améliore malgré la morosité du marché immobilier ce début d’année. 

 Une pause est nécessaire

Une pause peut paraître désormais justifiée car le marché a pris en compte l’ensemble des facteurs positifs et ne veut pas voir les zones d’ombre qui restent encore assez nombreuses. Le cas Grec est loin d’être réglé et une certaine animosité apparaît du côté de l’Espagne et du Portugal contre les aides données. L’assassinat du principal opposant à Poutine n’est pas de nature non plus à faire diminuer le risque géopolitique et les valorisations deviennent de plus en plus tendues, et les marchés sont désormais proches de seuils techniques difficiles à franchir.

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