La mèche va-t-elle faire long feu ?

L'econolclaste d'Actis - le 13 juin 2016

13/06/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

La mèche va-t-elle faire long feu ?

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Le meilleur des gouvernements n’est pas celui qui fait les hommes les plus heureux, mais celui qui fait le plus grand nombre d’heureux.» - Charles Pinot Duclos (1704- 1772), Ecrivain et historien français.

 

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

609,9 Milliards : est en dollars le budget américain consacré aux dépenses militaires en 2014, soit 3 fois plus que le N°2 chinois.

1,66 milliards : est en euros le budget de la route la plus chère au monde. D’une longueur de 12,5 kms de long, elle reliera Saint Denis de la Réunion à La Possession.

63 000 : est le nombre d’entreprises en France ayant déposé le bilan en 2014 dont 16 000 pour des retards de paiements de la part du secteur public représentant un trou de trésorerie de 15 milliards d’euros.

26 000 : est le nombre d’espèces animales qui disparaissent chaque année. Entre 15 et 37% des espèces pourraient disparaitre à l’horizon 2050.

8 000 : est le prix moyen en euros du m2 à Paris, en hausse de 0,9% sur un an.

 

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE 

 

 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

 

La mèche va-t-elle faire long feu ?

Juste avant les grandes vacances, le mois de juin nous promet quelques doses supplémentaires de stress avec deux évènements majeurs : le Brexit le 23 juin et comme hors d’œuvre, la réunion de politique monétaire de la Fed le 14 et 15 juin.

Sur le Brexit, les sondages varient d’un jour à l’autre au gré de l’orientation politique des sondés et du sondeur et ce compte tenu du fait que les résultats paraissent se tenir dans un mouchoir de poche. On est plus dans le registre de l’intox permanente que dans l’info. Les récents sondages en faveur du Brexit ajoutent à la nervosité (Vix à 17 !)

Concernant le diagnostic de l’économie US, les derniers chiffres de l’emploi militent plus pour un report en juillet minimum voire septembre de la prochaine hausse des taux mais sait-on jamais…actuellement la probabilité pour un geste en juin avoisine le zéro absolu.

Compte tenu du faible engouement des investisseurs pour une tendance clairement dessinée sur ce « Bunny Market », ainsi baptisé pour sa propension régulière à monter un jour puis baisser le lendemain tels des soubresauts de garenne et tout cela dans un range étroit depuis plusieurs semaines, il est fort probable que ces deux rappels auront un impact supérieur dans la durée et plus déterminant pour les semaines qui suivent, en l’absence d’autres facteurs bien identifiés.

De quoi être tout à fait détendus dans les bermudas et à l’aise dans ses sandales pour les grandes vacances.

Il n’est pas exclu que les assets cogitent dur sur leurs serviettes de plages afin d’espérer ne pas se rater à la rentrée une fois chaussés leurs beaux souliers vernis.

Fidèle à sa communication dans la forme en mode « je noie le poisson car on navigue à vue », les dernières déclarations de Janet Yellen, la patronne de la Fed, ne vont pas à notre grand regret nous aider à y voir plus clair, les marchés étant toujours drivés par les banques centrales bien que nous espérons tous que les résultats d’entreprises, la micro, reprennent réellement le leadership pour inspirer une vraie tendance.

En attendant, dans le doute, les matières premières (or, pétrole…) assument de nouveau leur rôle de valeur refuge, inenvisageable il y a 3 mois, pour le pétrole qui vient de franchir à la hausse la barre symbolique des 50 $ sur le WTI (niveau d’octobre 2015) profitant toujours des perturbations d’approvisionnement au Canada (incendie) et au Nigeria (sabotages).

 

Révisions à la baisse des perspectives de croissance mondiale par la Banque mondiale :

Croissance en Europe et dans le monde attendue encore plus atone selon la Banque mondiale en 2016 de -0.5% pour atteindre 2,4% et 2,8 % (-0.3) en 2017.

L’inquiétude porte essentiellement sur l’ensemble des pays émergents relativement à l’excès d’endettement privé. La part de la dette privée/PIB a nettement augmenté ces dernières années de 31 points de pourcentage en dix ans concernant les sept grands pays émergents (Brésil, Inde, Indonésie, Mexique, Russie, Afrique du Sud et Turquie) selon l’agence de notation Fitch.

Leur ratio s’établissait, début 2015, autour de 77 % du PIB.

La palme revient au Brésil, dont la dette privée correspond à 93 % de son PIB, contre 43 % en 2005.

Certes, ces niveaux sont inférieurs à ceux des pays européens ou des Etats-Unis (150% du Pib), mais la rapidité du mouvement pour les ménages et les entreprises est un vrai facteur de risque, qui plus est dans un contexte de ralentissement économique, et une sensibilité au dollar, devise de référence des dettes contractées.

 

QE jusque sur les corpos, c’est parti !

La BCE consacrera très probablement chaque mois un peu moins de 10% des 80 milliards d’euros consacrés au QE soit environ 5 milliards selon les « experts » soit environ 10 à 15 % de la dette d’une entreprise bien notée sur le marché primaire ou secondaire en ne dépassant pas les 70% par souche…

Engie et EDF devraient être des signatures très privilégiées de par leur flottant et leur liquidité sachant que la France est le pays européen dont le montant total des titres éligibles est le plus élevé (250 sur les 714 milliards d’euros soit plus du tiers).

La banque centrale devrait cibler d’une manière générale, les maturités 5 à 8 ans sur les secteurs chimie et immobilier, 6 à 8 ans sur les utilities et 2 à 3 ans sur le secteur auto.

Dans quel but : abaisser le cout des emprunts corporates pour qu’elles puissent encore mieux se financer et créer des emplois et de la croissance.

Compte tenu du niveau absolu déjà atteint sur les taux, inutile de vous dire que des voix s’élèvent sur l’efficacité probable d’un tel plan.

Enfin, en asséchant de cette manière un marché déjà rendu moins liquide par les contraintes réglementaires pesant sur les institutionnels et les niveaux absolus de taux (toujours eux), il est calculé que cela pourrait prendre sept fois plus de temps qu’avant la crise pour un asset de liquider une position obligataire dans des marchés plus volatils.

Au final, les émetteurs seront privilégiés, les acteurs de marchés un peu moins au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions avec des books de plus en plus réduits…  

 

Le Monopoly chinois accélère la cadence

Depuis le début d’année, les chinois ont conclu la moitié des rachats étrangers en Europe dans différents secteurs très variés, la sécurité alimentaire, les semi-conducteurs, logistique et transports, la robotique, les technologies…pour près de 100  milliards de dollars en Europe (au 2/3 pour des raisons de multiples plus généreux que ceux américains sur les cibles) et aux US (pour l’autre tiers).

Déjà 3 fois plus que dans toute l’année 2015 et surtout plus que la période cumulée 2010-2015 !

Le rouleau compresseur asiatique est motivé par plusieurs facteurs:

-        des relais de croissance à trouver et acheter du temps face à une décélération de l’activité et à une économie en pleine révolution sur les services et en surcapacité sur le plan industriel ;

-        l’emploi de liquidités abondantes à la hauteur de la force de frappe des finances de l’Empire du Milieu dont  la fièvre acheteuse s’exprime à travers les banques et grands groupes publics ou semi publics.

Elections US :

On se rapproche gentiment vers un duel Hillary Clinton – Donald Trump, avec une poursuite du pugilat de très haut niveau au niveau de l’argumentaire, un échauffement pour cette sympathique rentrée et un dernier trimestre 2016 qui s’annonce très prometteur. Plus étonnant, on rapporte également que Sanders, côté démocrate, resterait en lice en cas d’inculpation de Clinton dans l’affaire de sa messagerie privée….A suivre.

 

 

LE POINT TECHNIQUE

 

 

Sur l’EuroStoxx 50, la capitalisation boursière du secteur financier a baissé de 30% en près de 10 ans quand dans le même temps celle de l’indice dans sa globalité a grimpé de 20%...

Autre angle d’analyse, sur le marché parisien cette fois, le poids du secteur financier a considérablement chuté en 10 ans (-20%) puisqu’il représentait près du quart de la capitalisation du CAC 40 à 23,7 % au 31 janvier 2007 contre 17.21% à ce jour !

Selon Estin & Co, (ex du Boston Consulting Group), les performances boursières d’un échantillon de 250 sociétés parmi les plus importantes au monde (le critère de taille est prioritaire dans l’étude), a montré que, en moyenne depuis 1989, et de manière remarquablement constante, le taux de croissance est de 10% par an soit 2 fois le taux annuel moyen de la croissance mondiale sur la période.

Avec un biais sectoriel évident : 29% de rendement pour les actionnaires en moyenne sur la période plus récente 2005- 2015 dans le numérique, 20% sur le secteur tabac et boissons et les bons derniers sont les banques, qui depuis la crise des subprimes délivre une rentabilité de 1% en moyenne.

Malgré un rebond de 20% sur le plus bas de l’année, le 11 février 2016, le EuroStoxx Banks affiche toujours une baisse en absolue de 19% à comparer à un repli limité de 6% pour le marché.

Si les valorisations paraissent faibles et les rendements élevés supérieurs à 4,5% pour le secteur, il est difficile de trouver des catalyseurs sur le secteur, excepté sur un plan purement spéculatif et à très court terme sur des réactions post-Brexit, Fed ou autres.

Plus fondamentalement, les nouvelles réglementations, la digitalisation des services, l’environnement de taux bas…posent question sur la rentabilité à terme du secteur mais de tout cela, nous en avons suffisamment et longuement parlé lors des posts précédents.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

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Plus de détails sur notre site : http://www.actis-am.com

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