DEGROOF PETERCAM : La malédiction de la stagnation séculaire

01/09/2016 - Publié par DEGROOF PETERCAM GESTION dans Marché Allocations d'actifs

DEGROOF PETERCAM : La malédiction de la stagnation séculaire

La reprise décevante dans la foulée de la Grande crise financière de 2008 a ressuscité la thèse d’Alvin Hansen émise à la fin des années 1930. Les lecteurs réguliers de ce blog savent que nous avons déjà traité du risque d’une longue période d’extrême faiblesse des taux d’intérêt et de croissance morose. Hansen avait tort. Mais il avait tort d’une manière qui pourrait bien, après tout, lui donner raison.

 

Alors que les économies occidentales souffraient des conséquences de la Grande dépression, l’économiste américain Alvin Hansen avait déclaré que l’économie était confrontée à un déséquilibre économique chronique dû à un manque d’investissements absorbeurs de capitaux et à une forte propension à l’épargne. De faibles perspectives démographiques et des opportunités d’investissement insuffisantes menaçaient alors de pousser l’économie dans un état plus permanent de croissance relativement lente, associée à une extrême faiblesse des taux d’intérêt.

 

La Deuxième Guerre mondiale a bien sûr totalement renversé ce scénario. La « machine de guerre » du gouvernement américain a ainsi absorbé l’excès d’épargne privée et le taux de chômage est passé de 11% en 1940 à 1% en 1942. Qui plus est, l’après-guerre a été caractérisé par des investissements publics dans les banlieues, un taux de fertilité plus élevé, l’adoption des technologies de guerre  et la libération de la demande contenue du consommateur. De quoi balayer définitivement la théorie de la stagnation séculaire chère à Alvin Hansen.

 

Du moins le pensait-on. Car l’économiste américain Larry Summers, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, a ressuscité l’idée en 2013. Et malheureusement, l’expérience depuis lors lui donne plus ou moins raison. Huit ans après le début de la Grande Récession, la reprise économique mondiale est ainsi toujours hésitante, les vents contraires démographiques se renforcent et les taux d’intérêt nominaux restent historiquement faibles. Les taux directeurs réels sont en territoire négatif et étaient déjà structurellement orientés à la baisse depuis les années 1980, en dépit de données démographiques relativement favorables et de booms des dépenses privées alimentés par l’endettement.

 

 

Mais si le scénario de stagnation séculaire est clairement possible, il n’est pas pour autant inévitable. La stagnation séculaire présente de nombreuses similitudes avec la trappe à liquidité. Dans ce cas également, l’excès d’épargne par rapport aux investissements pousse les taux d’intérêt réels à la baisse. Mais contrairement à la stagnation séculaire, la trappe à liquidité a un caractère plus temporaire. Prédire ce qui nous attend est impossible. Mais une politique budgétaire plus expansionniste est ce que tout « docteur » prescrirait dans les deux cas.

 

Quid alors de tout ce qui se dit sur la numérisation, l’intelligence artificielle, la robotique, etc. ? Impossible en effet d’ignorer aujourd’hui tout ce qui se passe en termes d’innovation. L’évolution est en effet extrêmement rapide. Nous tenterons de revenir sur la manière dont tout cela se traduit en termes de productivité ou d’emploi dans un prochain article.

 

 

31/08/2016 Hans Bevers Chief Economist de la Banque Degroof Petercam

Source : Blog Degroof Petercam

 

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