La gestion obligataire doit innover pour continuer à être performante.

Le point de vue d'Olivier Laplénie, Responsable de la Gestion Quant Fixed Income de THEAM

25/11/2015 - Publié par THEAM dans Marché Obligataire

La gestion obligataire doit innover pour continuer à être performante.

" Les investisseurs obligataires sont aujourd’hui confrontés à un environnement des plus complexes. Alors que les rendements obligataires sont au plus bas dans les grandes économies développées, et devraient le rester en zone euro, les perspectives d’une remontée des taux de la Réserve Fédérale américaine à brève échéance, au vu de la dynamique retrouvée de la première économie mondiale, génèrent de la volatilité sur les marchés de taux. 

 

Parallèlement, la croissance exponentielle du marché du crédit dans les pays émergents, concomitante à l’ouverture de ces économies, mérite une attention toute particulière. Les encours de dette privée[1] ont en effet été multipliés par 4 en dix ans, pour atteindre aujourd’hui 27 trilliards de dollars, soit 120% du PIB[2], contre 60% en 2005[3]S’il s’avérait qu’une partie de ces encours a été allouée sur des qualités de crédit fragiles, le marché de la dette privée émergente pourrait devenir une nouvelle source de tensions, avec, par effet de contagion, une remontée des taux sur les émetteurs Corporate des pays développés en raison de leur exposition croissante aux économies émergentes.

 

Face à ce nouvel environnement sur les marchés de taux, il convient de s’interroger sur la capacité des stratégies obligataires flexibles(visant à ajuster l’exposition entre les obligations d’Etat et les emprunts Corporate en fonction de l’aversion au risque) à être sources de performance. Une étude sur longue période des rendements des obligations d’Etat et de ceux des emprunts Corporate par rapport au taux monétaire dit « sans risque » apporte un éclairage intéressant. En période de récession économique, et donc de baisse de taux des banques centrales, l’excédent de rendement des obligations d’Etat par rapport au taux monétaire ressort, en moyenne, supérieur à celui des emprunts Corporate. Puis, lors de la reprise de l’activité économique, phase pendant laquelle les politiques monétaires restent accommodantes, l’excédent de rendement des emprunts Corporate ressort, en moyenne, supérieur à celui des emprunts d’Etat.

 

En revanche, en moyenne sur le long terme, ni les obligations d’Etat, ni les emprunts Corporate ne tendent à générer de surplus de rendement par rapport au taux sans risque en période d’expansion économique, et donc de remontée de taux. Dans une telle configuration, la baisse du prix des obligations, consécutive à la hausse des taux, annule l’effet positif du coupon. L’arbitrage de ces deux catégories d’obligations, sur lequel reposent les stratégies obligataires flexibles développées ces dernières années, pourrait montrer certaines limites.

 

Dans la perspective d’une hausse des taux de la Réserve Fédérale, voire d’un retour de l’aversion au risque sur le Crédit, les investisseurs obligataires recherchent de nouvelles sources de performance. Pour répondre à ce défi, THEAM propose une stratégie innovante, dite « flexible smart beta ». Axée sur la gestion du risque, cette approche novatrice de la gestion « smart beta » vise à sélectionner, quel que soit l’environnement économique et financier, les marchés obligataires et les titres offrant un couple rendement/risque optimal, sur la base de quatre catégories de facteurs rationnels, persistants et universels : la qualité du crédit, la valorisation, le momentum[4]et « le faible risque ».

 

A titre d’illustration, ce quatrième critère repose sur l’existence d’une «anomalie de faible risque » sur les marchés obligataires, selon laquelle les obligations à faible risque présentent un profil rendement/risque plus intéressant que les obligations plus risquées sur le long terme.

 

Selon nous, avec cette approche novatrice de la gestion obligataire, les investisseurs peuvent potentiellement générer un rendement régulier1 et préserver leur capital dans la durée, et ce quelle que soit la configuration des marchés de taux."



[1] Pour l’ensemble des pays suivants : Argentine, Brésil, Chine, Indonésie, Inde, Mexique, Malaisie, Russie, Arabie Saoudite, Thaïlande, Turquie, Afrique du sud.

[2] PIB : Produit Intérieur Brut

[3] Sources : BRI (Banque des Règlements Internationaux) et FMI (Fonds Monétaire International)

[4] Momentum: tendance

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