La Fed après les secousses grecques et chinoises

MARKET INSIGHTS : ETE 2015

09/09/2015 - Publié par NATIXIS GLOBAL ASSET MANAGEMENT dans Marché Actions

La Fed après les secousses grecques et chinoises

La Grèce, la Chine et la hausse des taux de la Fed génèrent de la volatilité et des opportunités sur les marchés mondiaux. La crise de la dette en Grèce, la frénésie sur le marché boursier chinois, un arrêt de trois heures pour raisons techniques du New York Stock Exchange (NYSE) et un relèvement imminent des taux de la Fed contribuent largement à l’agitation qui règne cet été sur les marchés mondiaux. Quatre gérants de portefeuille de Natixis Global Asset Management nous livrent leurs points de vue sur les récents événements du marché et l’incidence de ces derniers sur leurs décisions d’investissement.

 

 

Depuis quelques mois, l’attention des investisseurs se porte sur certains risques immédiats.

 

Le dernier acte de la tragédie grecque a finalement jeté les bases d’une harmonisation de la politique grecque avec le profond attachement des Grecs à l’euro. Le risque extrême ne planant plus sur la zone euro, la reprise cyclique de cette dernière, le programme d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) et le renforcement du cadre institutionnel reviennent sur le devant de la scène. En effet, seule la Grèce nous empêchait de voir la zone euro comme un placement de choix. En ce sens, c’est une très bonne chose pour les actifs européens que la Grèce soit devenue une plus faible source de risque.

 

L’évolution en dents de scie des actions chinoises, qui représente une nouvelle source de risque régional élevé, constitue l’autre centre de préoccupation. C’est ce que se sont dit les autorités chinoises lorsqu’elles ont réagi de manière drastique à ce qui pouvait apparaître de l’extérieur comme un simple dégonflement salutaire de la bulle spéculative sur le marché boursier. Contrairement à la crise grecque, les incertitudes en provenance de Chine risquent de perdurer, et la volatilité des actions n’est probablement que le premier épisode d’une longue série.

 

Pour les marchés, la situation de la Grèce et les actions chinoises ne sont pourtant que des diversions à court terme au défi posé par la politique monétaire américaine. En effet, la normalisation de la politique de la Fed, tant en termes de point de départ que de rythme de mise en oeuvre, constitue le principal point noir.

 

L’économie américaine est assez détachée de la Grèce et de la Chine. Elle traite à peine avec la première et se contente surtout d’importer de la seconde. Parmi les grandes  économiques développées, ce sont les États-Unis qui souffrent le moins de la baisse de la demande intérieure chinoise. Comme les principaux membres du FOMC n’ont de cesse de le répéter, les chocs extérieurs n’influent sur leurs décisions que s’ils ont un impact important sur l’économie américaine.

 

 « Les nombreux indicateurs du marché du travail sont en constante amélioration »

 

Le comité peut donc se concentrer sur sa mission première, qui est de stabiliser l’inflation et d’améliorer l’emploi. À cet égard, la volonté des principaux membres du FOMC, y compris de la présidente de la Fed Janet Yellen, d’entamer le processus de normalisation d’ici à la fin de l’année si l’économie américaine garde une trajectoire conforme aux prévisions du FOMC devrait être le point de départ de toute analyse. Ces membres saluent jusqu’à présent la progression constante du marché du travail, malgré un début d’année plus faible que prévu en termes de croissance du PIB. Les nombreux indicateurs du marché du travail sont en constante amélioration, et le taux de chômage s’est établi en juin à 5,3 %, un niveau proche des prévisions de tendance centrale de la Fed de 5,2 % - 5,3 % pour décembre 2015 et de 4,9 % - 5,1% pour décembre 2016. Sauf événement dramatique pour l’économie américaine dans les mois à venir, leur optimisme concernant le marché du travail devrait se confirmer, voire se renforcer, d’ici septembre.

 

Pourtant, les investisseurs ne croient pas en une intervention du FOMC en septembre prochain et pensent que la première hausse des taux sera reportée en décembre 2015, voire mars 2016, autres dates de réunions se terminant par une conférence de presse. Non seulement ces attentes du marché ignorent la volonté du FOMC de commencer la normalisation dès 2015, mais elles sont en décalage par rapport à certaines questions techniques rendant peu probable une première hausse en décembre. En effet, les taux à court terme sont généralement chamboulés localement en fin de trimestre. Le taux de repo intercourtier grimpe en raison de l’insuffisance de bilans, et la demande accrue dont fait l’objet le programme de reverse repo de la Fed fait baisser ce taux aux niveaux les plus faibles du marché monétaire (taux du programme de reverse repo de la Fed, RRP). Comme letaux effectif des Fed funds  est plafonné par le RRP, une première hausse des taux en fin d’année s’agrègerait aux difficultés inhérentes au marché monétaire actuel. Il est par conséquent peu probable que le FOMC entame sa normalisation en décembre 2015.

 

Il lui reste donc septembre 2015 et mars 2016 pour une première hausse des taux. Cette dernière date est trop lointaine pour les membres du FOMC déterminés à lancer la normalisation cette année et favorables à une hausse progressive des taux. La date la plus probable est alors le 17 septembre 2015, ce qui surprendrait le marché dans le contexte actuel. Les investisseurs devraient se préparer à voir la Fed agir rapidement.

 

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