LA DEPRIME DES ETF "OIL & GAS"

Par Christophe Scalabre, Président - ETFWAVE

04/05/2017 - Publié par ETFWAVE dans Marché Autre

LA DEPRIME DES ETF

Compte tenu des enjeux économiques liés à l'énergie, il n'est pas surprenant que le compartiment des ETF couvrant la thématique "Oil & Gas" soit étoffé, en particulier aux Etats-Unis. Sans surprise, tous sont très corrélés aux cours du pétrole, ce qui a pesé sur leurs performances sur le long terme. Pour les ETF US, il faut également prendre en compte la distribution de dividendes, contrairement aux ETF européens le plus souvent "net return". 

 

Le sous-secteur de l'Exploration et de la Production US peut par exemple être adressé via deux ETF (cotés en $) qui s'appuient sur des indices différents : XOP, de SPDR, s'appuie sur le S&P Oil & Gas Exploration & Production Select Industry index (62 sociétés) alors que IEO, de iShares, réplique pour sa part le Dow Jones US select Oil Exploration & Production Index (54 sociétés). XOP est de loin celui dont l'encours est le plus élevé : 2 084 M$ contre "seulement" 415 M$ pour IEO.

 

Dans les deux cas, côté performances le tableau est assez sombre : XOP cote aujourd'hui 35% sous sa valeur de fin 2007, IEO affichant pour sa part -14%. A plus court terme on retrouve une moindre volatilité chez IEO qui a progressé de 24% en 2016 (+37% pour XOP) pour baisser à nouveau début 2017 de 12% (-16% pour XOP). C'est pourtant XOP qui est le plus proche d'une équipondération de ses titres (les 10 premiers titres représentent seulement 20% de la capitalisation globale). IEO a bénéficié de la performance relative de quelques-unes de ses fortes pondérations comme EOG Resources ou Phillips, en effet ses 10 premières positions représentent 60% de sa capitalisation.

 

 

Dans le domaine des équipements et services, XES, de SPDR, réplique le S&P Oil & Gas Equipment & Services Select Industry, tandis que IEZ se compare au DJ US Select Oil Equipment & Services. Tous deux sont cotés en $. Les ETF de ce secteur ont des encours plus modestes, avec 274 M$ pour XES et 219 M$ pour IEZ. Dans les deux cas, la performance de ces ETF sur le long terme est très négative : -57% depuis fin 2007 pour XES et -42% pour IEZ! Le début de l'année 2017 a également était très difficile pour ces deux ETF : XES a effacé ses gains 2016 avec une baisse de 23%, et IEZ est à peine mieux loti avec une baisse de 18%.

 

On peut même élargir le champ d'investissement grâce à SPOG, d'iShares, qui réplique la performance d'un indice composé de sociétés du monde entier impliquées dans l'exploration et la production de Pétrole et de Gaz. Il comprend 73 titres, à 85% composés de titres domiciliés aux USA et au Canada. Initié en 2011, son encours est de 183 M$. Ses principales positions sont ConocoPhillips, EOG Resources, Canadian Natural Resources et Anadarko Petroleum et Pioneer Natural Resources qui pèsent à elles 5 pour 36% de sa capitalisation.

 

Les difficultés de ce secteur se retrouvent dans l'évolution du cours de SPOG, lancé en 2011 et qui cote aujourd'hui sous son cours de lancement (-5%). Le début de l'année 2017, avec une baisse de 17%, après il est vrai un spectaculaire rebond de 65% en 2016, place SPOG dans une situation technique délicate, toutes ses moyennes hebdomadaires enfoncées.

 

L'Europe couvre pour sa part cette thématique à partir de l'indice Stoxx Europe 600 Oil & Gas Net Return, à l'image par exemple du tracker OIL (Lyxor). L'indice est relativement étroit, avec 21 valeurs seulement, aux premiers rangs desquelles Total, BP et Royal Dutch Shell qui représentent à elles-seules 60% de la capitalisation de l'indice. Force est de constater que OIL a eu bien du mal à se remettre de la crise de 2008, qui l'a vu baisser cette année-là de 38%! Aux alentours de 39€, OIL se traite actuellement au même niveau que fin 2007. 10 années pour rien donc, mais finalement beaucoup mieux que les ETF US!

 

A plus court terme, 2016 a été l'année du rebond dans le sillage de la remontée des cours du brut, avec une progression de 28%. Depuis le début de l'année, OIL évolue à rebours des marchés en signant une baisse de 4% dans des marchés pourtant résolument optimistes, mais qui ne s'apparente pour le moment qu'à une consolidation d'ampleur limitée, ce que le rebond sur la moyenne à 26 semaines devra confirmer.

 

 

Nous restons prudemment aujourd'hui à l'écart de ce secteur.

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