La crise en Ukraine, une raison supplémentaire pour laisser respirer les marchés !

04/03/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

La crise en Ukraine, une raison supplémentaire pour laisser respirer les marchés !

Les marchés ont encore connu une évolution positive au cours de cette semaine : le CAC 40, +0,62% comme l’Eurostoxx 50, +0,56% alors que le Dow Jones a progressé de +1,82%. Les marchés ont connu un certain regain de volatilité et un certain nombre de supports techniques ont du mal à être dépassés. La dynamique est restée haussière portée surtout en Europe et aux

Etats-Unis par la progression des résultats des entreprises alors que certains chiffres économiques commencent à alimenter quelques doutes sur la solidité de la reprise de la croissance mondiale. Les événements en Ukraine n’ont quasiment pas inquiété les marchés financiers alors que la tournure reste très difficile (risque de défaut, possible séparation du pays en deux, éventuelle contagion vers les périphériques, attaque de la Russie, retour de la guerre froide...).

Les conditions d’une reprise de la croissance ne sont pas réunies !

La première question que les marchés doivent se poser est celle de la réalité de la reprise économique. Il suffit alors de déterminer si les conditions de la reprise sont en place. Celles-ci sont liées d’abord à l’existence d’une politique monétaire expansionniste. Or sur cette question, on sait que les banques centrales sont dans une dynamique inverse même si elles réaffirment toutes leur volonté de soutenir la croissance. D’ailleurs on va retrouver ici un certain paradoxe à savoir que si la croissance américaine se ralentit, le marché des actions pourrait progresser par anticipation d’un nouveau quantitative easing mais nous nous n’en sommes évidemment pas encore là. L’autre soutien à la croissance tient au redémarrage des exportations et du crédit aux entreprises. Sur le dernier point, il n’y a rien de nouveau, les banques continuent à être très frileuses et seuls les pays du Sud ( en particulier l’Espagne), parviennent à augmenter leurs exportations). Une autre condition tient au redémarrage de la confiance des ménages qui baissent leur épargne et achètent davantage de logements. Là encore, il n’y a pas de signes tangibles en Europe et même aux Etats-Unis sur ces questions, les derniers chiffres ayant été assez contrastés. Les salaires évoluent également assez peu et les entreprises continuent toujours à limiter assez fortement leurs investissements. En conclusion, on voit bien que les conditions de la reprise économique ne sont finalement remplies en Europe qu’en Allemagne et en Espagne, ce qui est bien faible pour assurer un levier à l’ensemble de la zone !

Des risques importants et nouveaux de déception pour les marchés !

Les risques nouveaux tiennent aux pays émergents, à la possible déflation de la zone euro, au ralentissement de la croissance US et à l’impact de la crise en Ukraine. Les pays émergents ont pour l’instant évité une contagion, mais la plupart des pays vont devoir résoudre des problèmes cycliques (moindre croissance) et structurels (transformation de leur économie en faveur d’une demande interne). Ceci mettra du temps pour que l’on assiste à une stabilisation de ces problèmes. En Europe, la question de la déflation revient en force et pourrait inciter la BCE à modifier sa politique monétaire. Pour les Etats- Unis, le risque sérieux serait une chute de l’investissement.

Vers un nouveau statu quo de la BCE cette semaine ?

Après des chiffres d’inflation qui sont ressortis pour février à 0,8%, la BCE devrait alors une nouvelle fois opter pour le statu quo sur ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion. L’inflation moyenne pourrait se stabiliser à 1,1% en 2014 et 1,3% en 2015, montant assez éloigné de l’objectif d’une inflation « inférieure mais proche de 2% ».

L’Ukraine va probablement chahuter les marchés en début de semaine

Ce matin les marchés réagissent négativement à la tension en Ukraine. On assiste à une baisse des places asiatiques et de la bourse russe, -10% sur un des indices. En contrepartie, l’or continue sa progression. La plupart des pays occidentaux semblent préparer des sanctions économiques et politiques fortes contre la Russie. Ceci nous conduit bien sur à garder des positions très conservatrices de nos portefeuilles, en particulier sur nos fonds flexibles qui sont revenus à des expositions actions proche de zéro. Les raisons de la baisse sont sérieuses : tout dabord un embargo sur la Russie constituerait un nouveau risque important pour léconomie mondiale. Par ailleurs, lembargo pourrait secouer aussi la finance mondiale dans la mesure où les banques européennes ont quelques 136 Md$ de créances vis-à-vis de la Russie, les banques US 27 Md$ et les japonaises 16 Md$. Une crise grave entraînerait également ne hausse des matières premières et aussi du pétrole. Bref, il est grand temps de redoubler de prudence, on avait bien dit depuis longtemps que le marché serait volatil ! 

 

Lettre hebdomadaire Hixance n° 87, lundi 03 mars 2014

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