La consolidation est-elle terminée ?

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

18/05/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

La consolidation est-elle terminée ?

Depuis quelques semaines, nous connaissons assez bien les déterminants de l’évolution des marchés financiers. Les agissements et déclarations des banques centrales occupent la première place même si les marchés ont finalement un peu de mal à être à l’unisson. Les variations importantes d’une semaine à l’autre du prix du baril de pétrole et de l’évolution du dollar (avec une plus ou moins forte corrélation) influencent aussi assez fortement les marchés. Les résultats des entreprises créent également de la volatilité plus souvent d’ailleurs à la baisse qu’à la hausse. Enfin, le marché reste dirigé par des facteurs plus exogènes et politiques comme la situation toujours délicate de la Grèce et aussi la situation Ukrainienne qui n’est pas encore stabilisée. Les facteurs sont donc multiples et cette énumération suffit à justifier la volatilité des marchés, simple mesure des risques associés. Dans ce contexte, les marchés européens ont presque réussi à se stabiliser grâce à la forte reprise de ce vendredi. Entre le jeudi 07 et le 30/04, l’Eurostoxx 50 baisse de 1,64%, le DAX de 0,41% et le CAC de 1,57%.  Du côté US, les hausses ont été plus modérées, +0,47% pour le Dow Jones et +0,08% pour le Nasdaq. Le Nikkei a reculé lui de 1,17%.

Vers une stabilisation des marchés.

L’intervention qui nous parait la plus importante cette semaine a été celle de Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale US. Elle a souhaité une nouvelle fois avertir le marché en affirmant que « La valorisation des marchés boursiers est assez haute, il y a des dangers potentiels dans ce domaine ». On peut se lancer dans l’interprétation suivante. Eu égard à la valorisation élevée de l’ensemble des marchés financiers, elle sait qu’au moment du relèvement des taux de la FED, les marchés seront secoués d’autant que ces derniers font comme si en 2015, il n’y en aura pas. Nous restons convaincus, et cette déclaration va dans ce sens, que ce relèvement est nécessaire, ne serait-ce que pour la FED qui a besoin de se redonner une marge de manœuvre. Imaginons aujourd’hui un retournement de conjoncture aux US. Avec des taux proches de 0% comme en ce moment, il ne serait plus possible d’enrayer une nouvelle récession par une politique monétaire accommodante. Ceci fait dire à quelques économistes que ce relèvement aurait déjà du avoir lieu. Si ce raisonnement est correct, alors le relèvement pourra avoir lieu dès juin et en dehors de toute considération de contexte économique.

Le prix du baril de pétrole a progressé à 60,93 dollars à New York en milieu de semaine, son plus haut niveau de clôture depuis début décembre 2014. Ceci s’explique par de nouvelles craintes de tensions au Moyen-Orient et aussi par le recul des stocks de brut aux Etats-Unis, qui ont commencé à reculer après seize semaines de hausse continue. Cette progression a un impact sur l’inflation. Par exemple, les prix se sont stabilisés en avril (+0%) en zone euro, après avoir reculé de 0,1 % en mars, amenant à un éloignement du risque déflationniste. Les taux souverains ont aussi poursuivi leur remontée. Le Bund allemand, taux souverain à dix ans s’est établit à 0,64% le 7 mai, après avoir atteint un point bas à 0,05 % le 17 avril. Dans le même temps, l’euro est remonté à 1,13 dollar, après avoir frôlé la parité début mars, attestant ainsi des bonnes nouvelles en provenance des perspectives de croissance et d’inflation en zone euro. On peut aussi considérer que la situation difficile en Grèce participe à cette remontée des taux souverains au cœur comme en périphérie (ces derniers ayant toutefois beaucoup trop baissé) cette remontée est donc salutaire.

Dans ces mouvements un peu erratiques, on touche aussi la limite du quantitative easing de la BCE. Ce dernier avait pour objectif de faire baisser les taux souverains, de stimuler le crédit, de relancer la croissance et de faire remonter l’inflation. La dernière remontée des taux va à contre sens mais facilitera la poursuite du rachat d’obligations par la BCE. On pourrait donc désormais assister à une stabilisation des marchés.

 

Baisse des taux en Chine

La banque centrale chinoise (PBOC) a annoncé dimanche qu'elle allait réduire à nouveau ses taux d'intérêt pour la troisième fois depuis novembre. A partir de lundi, son taux de prêts à un an sera abaissé de 25 points de base (pbs) et ramené à 5,1%. Le taux des dépôts à un an sera également réduit de 25 pbs, à 2,25%. Ces actions ont pour objectif d’abaisser le coût de financement et de soutenir la croissance de l’économie, cette dernière ayant affiché en 2014 un taux de +7,4%, sa plus faible croissance des 20 dernières années.

 

Remontée de nos niveaux d’exposition

La victoire surprise du parti conservateur en Grande-Bretagne a donné un souffle nouveau aux marchés financiers en fin de semaine. Ayant remonté nos niveaux d’exposition de façon plutôt tactique, nous avons profité de la dernière recovery. Les marchés boursiers risquent désormais d’évoluer dans une fourchette assez étroite, 4900/ 5200 par exemple sur le CAC 40. Nous revenons ainsi sur quelques valeurs défensives comme Sanofi, Alcatel, Bayer qui disposent d’objectifs de cours beaucoup plus élevés. Au niveau des fonds, nous privilégions également les fonds flexibles avec une part d’exposition dollar puisque notre conviction reste un €/$ proche de la parité.

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