LA BCE SE DIRIGE PROGRESSIVEMENT VERS DE NOUVELLES MESURES DE RELANCE

04/04/2014 - Publié par PETERCAM MANAGEMENT SERVICES dans Marché Allocations d'actifs

LA BCE SE DIRIGE PROGRESSIVEMENT VERS DE NOUVELLES MESURES DE RELANCE

A l'occasion de sa dernière réunion début avril, la BCE n'a une fois encore rien fait de plus que parler. Toutefois, contrairement à la réunion de mars, le président de la BCE Mario Draghi a parlé beaucoup plus de ce qu'il pourrait faire cette fois-ci, entrouvrant la porte à certaines mesures à brève échéance. Plus important, Mario Draghi a témoigné d'une inquiétude réelle par rapport à l'extrême faiblesse de l'inflation dans la zone euro. Un changement clair par rapport à sa précédente position. En juin 2013, alors que l'inflation générale s'élevait à 1.4%, Mario Draghi avait en effet déclaré : "Une inflation faible n’est pas forcément une mauvaise chose en soi dès lors qu’elle permet d’augmenter le pouvoir d’achat". Une déclaration choquante pour un banquier central qui devrait s'inquiéter autant d'une inflation trop faible que d'une inflation trop élevée.

 

Aujourd'hui, l'inflation générale est tombée à 0.5% et Mario Draghi commence, enfin, à mettre davantage l'accent sur les risques d'une inflation trop faible. Dans la zone euro actuellement très endettée, une déflation pure et simple serait une catastrophe dans la mesure où elle ferait exploser le fardeau de la dette réelle. Si une spirale de dette et de déflation devait s'installer, échapper à ce déclin serait alors extrêmement difficile (comme l'a douloureusement illustré la dernière décennie de crise au Japon). Ceci étant dit, la BCE croit toujours que la zone euro ne basculera pas dans la déflation. Dans ses prévisions d'inflation, le mois de mars est ainsi le point bas, l'inflation devant ensuite repartir à la hausse de manière très progressive pour finalement retrouver un niveau de 1.7% fin 2016.

Quand bien même, le taux d'inflation exagérément faible que nous observons aujourd'hui devrait être une raison suffisante pour inciter la BCE à agir. Tout d'abord, les chiffres réels de l'inflation ont chaque fois été inférieurs aux anticipations de la BCE ces derniers mois. Même si la BCE prévoit désormais une hausse de l'inflation, cela n'est en rien garanti. Chômage élevé, contraction du crédit et croissance économique toujours relativement modeste suggèrent une importante pression à la baisse sur l'inflation. Le risque de déflation reste réel et la BCE serait bien inspirée d'agir préventivement pour réduire ce risque.

 

De plus, même si la zone euro évite la déflation, une faible inflation (mais positive) pèse aussi sur l'économie. Une inflation plus élevée aiderait la région à faire face aux niveaux élevés de dette, alors qu'elle faciliterait aussi le rééquilibrage entre la périphérie et le centre. Si l'inflation dans le centre est faible, le seul moyen pour la périphérie de restaurer sa compétitivité passe par une déflation douloureuse et même potentiellement contre-productive. Une inflation un peu plus élevée, en particulier dans le centre, favoriserait certainement la reprise de la zone euro.

 

La réaction de la BCE intervient assez tardivement, mais avec ses dernières déclarations, Mario Draghi a semblé baliser la voie vers de nouvelles mesures de relance à brève échéance. Une nouvelle baisse des taux (potentiellement liée à un taux de dépôt négatif), un nouveau programme LTRO voire une certaine forme d'assouplissement quantitatif font partie des solutions possibles. Si l'inflation ne repart pas à la hausse à court terme, une de ces mesures au moins devrait être mise en œuvre dans les prochains mois. Même si cela reste conditionné à l'évolution de l'inflation à court terme, une chose est toutefois claire pour les marchés financiers.

 

Alors que la Fed évolue progressivement vers une première hausse des taux dans les 12 prochains mois, la BCE maintiendra ses taux directeurs à leur niveau actuel ou risque encore de les abaisser au cours des deux prochaines années (au moins). De quoi pousser le dollar à la hausse et accentuer le spread entre obligations américaines et européennes.

 

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