La BCE pousse les taux à des planchers spectaculaires

20/03/2015 - Publié par PETERCAM (LUXEMBOURG) SA dans Marché Actions

La BCE pousse les taux à des planchers spectaculaires

ll y a à peine deux semaines, la BCE a débuté son programme de rachat de dette publique et privée et les premiers résultats sont spectaculaires. Sans surprise, ce sont les marchés d’actions qui ont bénéficié d’emblée de cette opération. En revanche, l’euro, lui,  s’est affaibli et les taux d’intérêt, ont poursuivi leur baisse. Sur leurs obligations à court terme (2 ans), un nombre non négligeable de gouvernements européens affichent désormais des taux d’intérêt négatifs. Un des effets collatéraux les plus marquants du plan de la BCE a été la dégringolade des taux long terme en Allemagne. L’obligation d’Etat allemand à 30 ans a ainsi plongé de 2,5% à un taux historique de 0,6% en seulement un an. Sur le plan de l’analyse fondamentale, un tel niveau des taux  à long terme au sein de la zone euro  pourrait seulement se justifier dans le cas d’un scénario déflationniste de très longue durée (plusieurs décennies); ou dans celui de l’effondrement complet de l’euro. Fort heureusement, aucun de ces deux scénarios ne sont, pour l’instant, dans l’ordre du probable.

Ces taux-planchers reflètent donc en réalité d’avantage l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Une politique qui, c’est incontestable, tord sérieusement les marchés obligataires. Cette situation engendre bon nombre de difficultés pour le secteur financier, banques, compagnies d’assurance, fonds de pension. On pourrait certes considérer celles-ci comme des dommages collatéraux d’une politique monétaire considérée à Francfort comme indispensable pour combattre la déflation. Mais à la fois aussi comme le signe d’une forte interrogation quant au bien-fondé du programme d’assouplissement quantitatif (QE) que la BCE est en train de mettre en place.

Cette interrogation coïncide avec une amélioration rapide de la situation économique dans la zone euro. La précédente chute des prix du pétrole et l’euro plus faible produisent maintenant leurs effets. Les dépenses des consommateurs et les exportations redémarrent. En raison de ces facteurs (temporaires), la zone euro se dirige vers une croissance oscillant entre 1,5% et 2%. Dans ce cas, la plus forte croissance enregistrée depuis 2010. En outre, même si l’inflation principale dans la zone est actuellement encore négative (-0,3%), elle devrait évoluer positivement, dans la seconde partie de l’année, puisque la pression à la baisse due aux prix bas du pétrole commence à s’estomper. Dans ce contexte, avant la fin de l’année, l’inflation principale devrait donc être revenue au-dessus de 1%.

La combinaison d’une croissance économique plus soutenue et d’une inflation principale en hausse augmentera donc l’interrogation quant à la nécessité de nouveaux stimuli injectés par la BCE. Elle s’ajoutera à celle, actuelle, du caractère souhaitable du programme d’assouplissement ; et ce, en raison de l’émergence des effets de bords pernicieux de cette politique. Dans les mois à venir, ces éléments devraient accroitre la pression sur la Banque centrale pour mettre fin prématurément à son programme de rachat.

Ce serait pourtant une erreur. Une croissance un brin plus forte – grâce à des coups de pouce essentiellement temporaires – n’effacera pas le tsunami économique de ces dernières années. En outre, la BCE ferait bien  se pencher sur l’impact à court terme des fluctuations des prix du pétrole sur l’inflation principale. Si la structure du programme d’achat devrait ainsi être reconsidérée pour limiter son impact perturbateur sur les marchés obligataires, sa fin prématurée serait un mauvais plan. Certes, ce ne serait pas cependant la première fois que la BCE ferait une erreur de jugement. On se souvient de sa fameuse hausse des taux en juillet 2008, deux mois avec la chute de Lehman Brothers (justifiée alors maladroitement par l’impact de l’augmentation prix du pétrole sur l’inflation) et de celle au courant de l’été 2011… Cette fois-ci, la BCE devrait vraiment temporiser jusqu’à ce que la reprise économique soit solidement ancrée (et se reflète dans les investissements des entreprises et le taux d’emploi) avant même de considérer pouvoir réduire son stimulus monétaire.

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