Super Mario confronté à l'économie réelle frappe un grand coup

360Hixance

08/09/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Super Mario confronté à l'économie réelle frappe un grand coup

Une nouvelle fois la BCE a frappé un grand coup en délivrant des mesures au-

delà de ce qui était attendu par le consensus. Sa crédibilité était en jeu : après

des paroles distillées tout au long de ce premier semestre, des actes étaient

nécessaires. La BCE a une nouvelle fois baissé ses taux directeurs de 10 bp à

0,05% pour le refinancement des banques, c’est quasiment du crédit gratuit.

L’autre annonce a porté sur un programme d’achats de titres privés dès le mois

d’octobre. Le montant n’est pas connu mais il pourrait être compris entre 700 et

1000 Md€, la BCE démontre ainsi sa capacité à agir pour stimuler le

redémarrage de l’économie. On aura une forme de cohabitation entre une BCE

toujours accommodante et une FED qui va devoir intervenir en sens inverse en

remontant ses taux (peut être plus rapidement) si de bons chiffres se confirment

en termes de croissance du PIB et/ou d’emplois. Ceci a entraîné une forte

remontée du dollar cette dernière semaine.

Aux banques et aux entreprises d’utiliser ces nouvelles liquidités !

De l’intervention de Mario Draghi, on retiendra quelques points forts. En matière

de taux, le président de la BCE a déclaré que l’on avait touché le point bas et

qu’il n’y avait désormais plus de possibilité de baisse. Ce dernier mouvement

visait à couper court à de nouvelles anticipations de baisse par les banques qui

auraient pu les inciter à encore attendre pour venir aux TLTRO.

La BCE va aussi acheter des tranches senior de dettes privées, donc les moins

risquées, mais aussi des dettes « mezzanine » si elles offrent une garantie. En

faisant cela, la BCE injecte de la liquidité en ajoutant du risque à son bilan et en

contrepartie elle en enlève aux banques. Tout l’enjeu va consister à savoir quel

sera l’appétit de ces dernières pour reprendre du risque pour qu’elles retournent

cet argent dans l’économie réelle. Mais certaines banques commencent à dire

qu’en réalité la demande de crédit reste faible.

Ces décisions n’ont pas été prises à l’unanimité mais avec une majorité

confortable (on sait depuis que le gouverneur allemand était opposé à ces

mesures de soutien).

Draghi a également rappelé comme en juin que ces mesures ne devaient pas

servir à financer l’immobilier mais que cet achat massif d’ABS devra stimuler les

investissements en augmentant les crédits aux entreprises. Grâce à cette

titrisation, les banques ne verront pas leur ratio de solvabilité se dégrader.

Il reste néanmoins quelques craintes sur l’impact de ces mesures sur l’économie

réelle en fonction du comportement des banques et des agents privés dans les

mois qui viennent. On sait qu’il s’agit d’abord d’une question de confiance et il

pourrait y avoir des effets très différenciés suivant les pays. On comprend ainsi

que l’Espagne et l’Italie pourraient profiter à plein de ces mesures alors que les

entreprises françaises sont encore loin de vouloir se lancer dans des 

programmes d’investissement élevés. Ce qui est parfaitement évident pour nous

est que la BCE a donné un signal fort pour redonner confiance aux agents

économiques et éviter que ces derniers ne reportent leurs décisions de

consommation et d’investissement. Enfin, ces mesures sont aussi destinées à ce

que les anticipations d’inflation de la zone euro puissent remonter assez vite.

En conclusion, la BCE n’a quasiment plus de cartouches aujourd’hui, la réussite

de ce dispositif est aux mains des entreprises et de ceux qui apportent leur

financement. Les prochains chiffres économiques donneront les premiers indices

notamment sur la confiance des entrepreneurs, qui est un des éléments clefs de

la reprise de la croissance.

 

Arrêt des sanctions russes contre le cessez-le-feu !

Les ambassadeurs de l'Union européenne ont approuvé vendredi soir de

nouvelles sanctions économiques contre la Russie, mais celles-ci pourraient

s’interrompre en cas du maintien du cessez-le-feu. Le Royaume-Uni a accepté

de limiter le financement des entreprises d'État russes. L'Allemagne et l'Italie vont

réduire leurs contrats d'ingénierie dans le secteur de l'énergie de même que la

France qui repousse la livraison prévue en octobre des deux navires d'assaut

amphibie Mistral vendus en 2011. La stabilité de la région va désormais

dépendre de la position russe, celle-ci étant fluctuante et peu fiable puisque des

combats semblent toujours avoir lieu en dépit du cessez-le-feu. Cette situation

risque donc de toujours perturber le marché mais nous avons tout de même le

sentiment depuis deux semaines que le marché croit plus à une solution

diplomatique qu’à une nouvelle escalade militaire.

 

Vers un retour de l’appétit pour le risque ?

L’appétit pour le risque va-t-il revenir ? Ceci a largement été le cas la semaine

dernière avec, d’après les chifffres de Bank of America, pas moins de 6,2 Md$ de

souscriptions nettes pour les fonds actions. Les marchés sont revenus à des

niveaux très proches des points hauts dans un contexte économique qui reste

encore assez compliqué en Europe. Certes, ne réagir que sur les actions de la

BCE comporte un risque si la reprise demeure toujours faible. C’est tout l’enjeu

des prochaines semaines mais nous reconnaissons que la visibilité est tout de

même un peu meilleure aujourd’hui !

 

Jean-Noël Vieille

Directeur de la gestion 360 Hixance AM

Articles similaires

LA CROISSANCE FREINE AVEC LES BRICS

La contraction ou le ralentissement du taux de croissance du PIB des plus importants pays émergents (Chine, Brésil et Russie) inquiète les...

02/09/2015 - Publié par OAKS FIELD PARTNERS (OFP)

Actions / Analystes et économistes

VIX IS BACK !

Retour de la volatilité des marchés Après une reprise des indices boursiers assez forte depuis mi-octobre, on a assisté au moins au niveau...

12/11/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Actions / Analystes et économistes