LA BCE ANNONCE DE NOUVELLES MESURES, MAIS REPOUSSE L'IDEE DU QUANTITATIVE EASING

Le travail de Mario Draghi est loin d'être terminé

06/06/2014 - Publié par PETERCAM MANAGEMENT SERVICES dans Marché Actions

LA BCE ANNONCE DE NOUVELLES MESURES, MAIS REPOUSSE L'IDEE DU QUANTITATIVE EASING

     

Comme largement attendu, la BCE a encore assoupli sa politique monétaire ce jeudi en faisant passer son taux de dépôt en territoire négatif. Une première dans l'histoire des grandes banques centrales. Dans la foulée, elle a également annoncé de nouvelles mesures de liquidités afin d'améliorer le fonctionnement de la politique monétaire. Malheureusement, les mesures annoncées ne seront vraisemblablement pas suffisantes pour augmenter réellement l'inflation et faire reculer l'euro. Malgré la récente amélioration des indicateurs avancés, le chômage très élevé et une inflation extrêmement faible trahissent en effet une atonie toujours importante au niveau de l'économie de la zone euro. Autrement dit, le travail de la BCE est loin d'être terminé.

Six mois après sa dernière intervention en décembre 2013, la BCE a une nouvelle fois abaissé ses taux d'intérêt ce jeudi. Pour être plus précis, le taux directeur a été ramené de 0,25 à 0,15% et le taux de dépôt a été amené en territoire négatif (- 0,1%). Sur sa lancée, la BCE a aussi annoncé de nouvelles mesures de liquidités, le tout devant, en théorie, encourager les banques commerciales à prêter davantage aux ménages et aux entreprises.

Avec un taux de chômage toujours beaucoup trop élevé dans la zone euro (11,7%), une inflation qui n'en finit plus de diminuer (0,5% en mai), une croissance négative des prêts bancaires et un euro exagérément fort, cette décision était en réalité attendue depuis bien longtemps. Certes, divers indicateurs avancés dans la zone euro ont connu une amélioration bienvenue depuis l'été 2013 et cela explique peut-être pourquoi la BCE n'a pas agi plus tôt. Mais globalement, il ne s'agit pas là d'un argument très convaincant.

En réalité, la reprise dans la zone euro reste fragile et la partie la plus aisée de celle-ci est sans doute déjà derrière nous. En tenant compte des dernières déclarations de la BCE, rien ne garantit que l'inflation augmentera de manière significative - n'évoquons même pas l'objectif de 2 % - dans un avenir proche et les espoirs que les mesures puissent donner un coup de fouet à la croissance des crédits pourraient rester vains. Après tout, les banques commerciales n'ont sans doute pas l'intention, en général, d'augmenter leurs bilans en regard des règles actuelles.

De grandes inquiétudes subsistent donc pour plusieurs raisons. Pour commencer, hormis l'Italie et l'Irlande, tous les pays de la périphérie sont aujourd'hui déjà en déflation ou flirtent à tout le moins avec elle. De toute évidence, cet environnement de faible inflation menace une reprise toujours fragile. Une autre raison importante pour laquelle l'absence actuelle de pressions sur les prix est dangereuse est qu’une faible inflation, voire une véritable déflation, rend pratiquement impossible de réduire le poids réel de la dette des ménages, des entreprises et des gouvernements de la périphérie et même des pays centraux. Or, il s'agit là de toute évidence d'une condition préalable importante à toute reprise économique durable dans la zone euro. Enfin, le taux de chômage reste extrêmement inquiétant.

Globalement, la BCE a probablement répondu aux attentes des marchés financiers. D'un autre côté toutefois, rien ne permet de dire avec certitude que ces mesures seront suffisantes pour régler les problèmes de la zone euro. La réalité est que l'économie de la zone euro, même si elle se redresse progressivement, est toujours dans une très petite forme. Dans ces conditions, de nouvelles mesures seront sans doute encore nécessaires. En particulier pour faire reculer sensiblement l'euro qui fluctuait toujours aux alentours de 1,36 USD au moment d'écrire ces lignes. La BCE a annoncé qu'elle avançait dans son travail préparatoire lié aux achats sur le marché des titres adossés à des actifs, mais même si cela sera le bienvenu, il y a peu de chances, compte tenu de la petite taille du marché, que cette mesure ait un impact significatif.

Un nouvel assouplissement de sa politique sous la forme d'un assouplissement quantitatif en bonne et due forme ou d'une intervention directe sur le marché des devises pourrait faire reculer l'euro plus sensiblement, soutenir encore un peu plus l'activité économique et réduire le chômage. Mais pour le moment du moins, rien ne dit que la BCE est vraiment prête à effectuer ce pas.

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