La Banque du Japon relance la guerre des changes

ECOFI INVESTISSEMENTS - LE MENSUEL - FEVRIER 2016

08/02/2016 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Allocations d'actifs

La Banque du Japon relance la guerre des changes

Après seulement quelques semaines, la nouvelle année s’annonce compliquée sur les marchés fi nanciers. Le ralentissement de l’activité mondiale soulevé par le rééquilibrage de la Chine oblige les banquiers centraux à de constantes innovations. C’est ainsi que la Banque du Japon a adopté, à la surprise générale, un taux négatif, décision qui ne devrait pas tarder à faire réagir les autres banques centrales.

L’activité mondiale a débuté la nouvelle année aussi difficilement qu’elle avait terminé la précédente. En effet, l’évolution de la situation en Chine - où les signaux d’un ralentissement plus prononcé qu’anticipé se sont multipliés - et des États-Unis a de quoi inquiéter les investisseurs.

Le PIB a ainsi fortement ralenti pour la première économie mondiale, à +0,7% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2015 après respectivement 2,0% et 3,9% au deuxième et au premier trimestre. Comme il fallait s’y attendre, la forte appré- ciation du dollar (+26% depuis juin 2014 contre toutes les monnaies) pénalise les exportations, d’où une contribution négative du secteur extérieur de 0,45 point. La panne des exportations explique l’arrêt du secteur productif et la contribution négative des stocks de 0,5 point. Dans ces conditions, nous pensons que la Réserve fédérale (Fed), qui a débuté le resserrement de sa politique monétaire en décembre 2016, va être très craintive à l’idée de durcir encore davantage sa politique monétaire.

En effet, dans les Minutes de la réunion du 16 décembre 2016, le scénario médian obtenu sur la base des projections des membres de la Réserve fédérale a montré que l’Institution monétaire américaine tablait sur une hausse de 100 points de base en 2016. Or, les dernières dévaluations décidées par la Banque de Chine fin 2015 devraient l’obliger à décaler dans le temps la prochaine hausse. Nous tablons sur deux hausses de taux en 2016, la première devant intervenir en juin, soit trois mois plus tard par rapport à notre estimation initiale. D’autre part, l’attitude des principales consœurs ne sera pas de nature à inciter la Fed à monter ses taux d’intérêt. La Banque centrale européenne a ainsi annoncé réflé- chir à augmenter sa stimulation monétaire d’ici mars 2016, ce qui a obligé la Banque du Japon a réagir.

Pour éviter que le Japon ne tombe en déflation, la Banque du Japon a décidé, à la surprise générale, la mise en place de taux d’intérêt négatifs sur les dépôts afin de pénaliser les banques qui ne prêtent pas au secteur privé. Une telle politique à elle seule ne devrait pas être suffisante pour faire repartir l’activité de l’Archipel. C’est la raison pour laquelle nous nous attendons à une hausse des achats de titres de la Banque centrale, ce qu’elle a refusée jusqu’à présent malgré de multiples pressions politiques.

 

LE TOUR D'HORIZON DES CLASSES D'ACTIFS

Toujours la Chine et le pétrole...

• En janvier, les marchés ont connu l’un des débuts d’années les plus noirs depuis 1970 sur fond de chute des cours du pétrole et de faiblesse de la monnaie chinoise. Le baril a plongé en dessous de la barre des 28 dollars/baril pour la première fois depuis plus de 10 ans. Sur le mois, l’EuroStoxx a perdu -6,8%, le S&P 500 -5,1% et le Nikkei -8%. La volatilité a connu un rebond en milieu de mois pour se détendre par la suite.

• Sur le front du pétrole : depuis la décision de l’OPEP de ne pas baisser sa production, l’évolution des cours du pétrole et les rumeurs animent les marchés financiers. En fin de mois, le baril a rebondi jusqu’à 8% en séance sur fond de discussions supposées entre les russes et l’OPEP pour réduire de 5% la production. Cette rumeur a été démentie par des représentants de l’OPEP.

• En Chine : les statistiques de décembre, publiées ce mois-ci, étaient quasiment toutes en deçà des anticipations, entretenant la nervosité des marchés.

• Aux Etats-Unis : la saison des résultats trimestriels se poursuit. Plus de 200 entreprises du S&P 500 ont publié leurs résultats. Près de 80% ont certes fait mieux que ce qu’anticipait le consensus des analystes, à un niveau légèrement supérieur aux normes historiques (75%). Cependant, la croissance des résultats agrégée (en glissement annuel) reste mal orientée et très nettement pénalisée par les secteurs pétrole et matières premières (-4%).

• Dans un contexte de baisse généralisée, le secteur pétrolier et gazier a baissé de -5,1% sur le mois aux États-Unis et de -2,98% en Europe. Les matériaux de base ont perdu plus de 10% sur les deux zones alors que l’industrie a baissé de 6% aux États-Unis et de 4,5% en Europe. Respectivement aux États-Unis et en Europe, la majorité des secteurs ont baissé : santé -8,2% et -6,5% ; consommation discrétionnaire -5% et -7,5% ; financières -9% et -13% ; technologie -5% sur les deux zones.

 

Des banques centrales toujours actives

• Suite à la forte remontée de l’aversion au risque liée à la résurgence des doutes sur la croissance chinoise et à la chute des prix du pétrole, les banques centrales ont tenté de rassurer les marchés. La Banque centrale européenne a annoncé une révision de sa politique monétaire, laissant entendre qu’une baisse des taux était probable dès le mois de mars. La Réserve fédérale, quant à elle, a adopté un ton très mesuré dans son dernier communiqué et la Banque du Japon a créé la surprise en passant un de ses taux directeurs en territoire négatif. Ainsi le taux à 10 ans allemand est passé de 0,63% à 0,33%, soit une baisse de 30 points de base sur le mois. Les emprunts des pays périphériques européens ont suivi : les taux à 10 ans espagnol et italien ont diminué respectivement de 26 et 18 points de base, à 1,51% et 1,42%, alors que le taux à 10 ans portugais sous-performait nettement en remontant de 36 points de base, à 2,88%. Aux Etats-Unis, l’échéance à 10 ans a baissé de 35 points de base, à 1,92%.

• Les marges de crédit ont continué de se tendre au cours du mois. Ce phénomène a été particulièrement marqué pour les obligations les moins bien notées. L’exercice 2016 commence mal, à l’image de la fin d’année 2015 : les performances du marché des obligations privées ont globalement été négatives au cours du mois.

• Pour les obligations convertibles, 2016 démarre sous de mauvais auspices avec une baisse de 3,77% (sous-jacents : -7,05%) en janvier. Février pourrait cependant réserver des surprises à la hausse. La tendance est en ligne avec la baisse des marchés actions. Dans les bonnes nouvelles, il faut noter le marché primaire avec deux émissions sur des noms connus : Safran 2020 pour 650 M€ et Technip 2021 pour 375 M€. Les valeurs sensibles au pétrole, aux matières premières et aux marchés émergents ont souffert.

• L’euro est quasiment stable contre dollar (-0,3% à 1,083) et contre yen (+0,4% à 131,2) et en forte hausse contre la livre sterling : +3% à 0,76, cette dernière ayant été impactée par un recul des anticipations de remontée des taux directeurs et par les premiers sondages concernant le “Brexit”.

 

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Source : Ecofi Investissements, au 31 janvier 2016

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