L'or, un placement défensif ?

18/12/2012 - Publié par DEGROOF GESTION dans Marché Actions

L'or, un placement défensif ?

L’or est souvent considéré comme un placement adéquat pour un investisseur qui présente une aversion au risque: peu volatil, il offrirait en outre une protection adéquate contre l’inflation. Une analyse historique des caractéristiques du métal jaune incite toutefois à nuancer fortement cette allégation.

La volatilité annualisée de l’or est en effet très élevée: elle surpasse largement celle des obligations souveraines américaines et, plus surprenant, s’avère également supérieure à la volatilité des actions mondiales1. Par le passé, le métal jaune ne s’est en outre pas avéré une couverture efficace contre la hausse des prix: entre 1980 et 2001, sa valeur réelle a chuté de plus de 80%! L’investisseur malchanceux qui a investi dans l’or à cette époque n’a, d’ailleurs, toujours pas retrouvé sa mise initiale ajustée à l’inflation.

Déterminer le potentiel haussier ou baissier de l’or constitue un exercice périlleux. D’une part, la notion de coût marginal de production – fréquemment utilisée pour déterminer un prix d’équilibre pour les énergies fossiles – ne peut être utilisée pour l’or. Celui-ci n’est en effet pas consommé à l’instar du pétrole ou du gaz. La majorité de la production aurifère existe toujours aujourd’hui sous formes diverses: bijoux, lingots, pièces, etc.

D’autre part, contrairement aux marchés des actions et obligations, l’or ne génère aucun flux de revenus (dividendes, coupons). Un coût d’opportunité est dès lors associé à sa détention. Celui-ci évolue au gré des taux d’intérêt réels. Leur chute récente – conséquence des politiques monétaires non conventionnelles – est dès lors à l’origine de la forte progression du prix de l’or. Compte tenu de la morosité des perspectives économiques, il paraît illusoire de tabler sur un rebond rapide des taux qui entraînerait un repli significatif du cours de l’or.

Toutefois, l’analyse de l’évolution et de la structure de l’offre et de demande du métal jaune semble indiquer que la majeure partie du mouvementent haussier est épuisé.

1 Volatilités annualisées calculées sur la période du 01/1975 au 09/2012.

L’offre d’or a progressé très sensiblement: entre 2009 et 2011, celle-ci a bondi de pratiquement 10%! La vigueur des prix a en effet stimulé la production des mines et le recyclage en provenance de détenteurs souhaitant céder leur or. L’activité de recyclage est significative: elle représente dorénavant plus de 30% de l’offre totale, soit un niveau comparable à celui observé en 1980, période également marquée par un niveau élevé de prix.

La demande a largement bénéficié du support des investisseurs. La demande d’investissement est toutefois très spéculative: plus les prix progressent, plus elle s’intensifie! L’investisseur prudent devrait dès lors s’inquiéter de la lourde chute de la demande fondamentale, en provenance de la bijouterie. Le mouvement baissier est très net en Inde, premier marché mondial pour la joaillerie. Ce repli s’explique notamment par la faiblesse de la roupie indienne. L’instauration de taxes à l’importation et les mises en garde des autorités monétaires concernant les risques liés à une trop grande exposition du patrimoine des ménages à un investissement non productif ont également contribué au repli.

La demande des banques centrales pourrait-elle venir compenser la faiblesse visible sur le front de la bijouterie?

Tous les regards sont braqués sur la Chine vu l’importance des réserves de change du pays. Il est intéressant de constater que depuis le premier trimestre 2009, la détention d’or par la Banque centrale chinoise est inchangée (1.054 tonnes) nonobstant une aggravation de la crise dans la zone euro. Par ailleurs, au cours des 10 dernières années, le pourcentage des réserves chinoises investies en or s’est contracté pour ne représenter actuellement que 1,6%.

Les autorités monétaires chinoises sont-elles prêtes à modifier cette allocation? La Chine semble privilégier prioritairement la sécurisation de son approvisionnement en matières premières énergétiques. Par ailleurs, les autorités monétaires du pays sont également à la recherche d’investissements procurant un rendement, ce que le métal jaune ne peut offrir.

 

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