LE MONDIAL 2014 DEMARRE DANS UN BRESIL EN PLEIN MARASME ECONOMIQUE

Le B de BRIC en proie à de profonds problèmes structurels

16/06/2014 - Publié par PETERCAM MANAGEMENT SERVICES SA dans Marché Actions

LE MONDIAL 2014 DEMARRE DANS UN BRESIL EN PLEIN MARASME ECONOMIQUE

Après deux Coupes du Monde décevantes, les footballeurs brésiliens sont cette fois déterminés à faire bien mieux sur leurs terres. Pendant ce temps, leurs responsables politiques cherchent désespérément à stimuler la croissance après trois années de déceptions économiques. Si le premier objectif sera certes difficile à atteindre mais pas impossible, le second pourrait lui s'avérer encore plus délicat au vu de la chute rapide de la confiance dans la capacité des autorités à changer le cours des choses. Dans l'ensemble, l'année électorale 2014 ne sera certainement pas à marquer d'une pierre blanche pour l'économie brésilienne.

 

Le malaise économique depuis 2011 contraste furieusement avec les succès économiques du Brésil tout au long de la décennie précédente. Alors que la croissance moyenne a avoisiné les 5% durant les cinq années ayant précédé la crise de 2008-2009, ce chiffre est retombé à 2% seulement ces trois dernières années. Et élément important, les indicateurs de confiance ne cessent de se détériorer. Car contrairement aux discours selon lesquels la Coupe du Monde va doper l'optimisme des entreprises et des ménages brésiliens, la confiance dans la politique économique du gouvernement diminue à vue d'œil à l'approche des élections présidentielles en octobre. Une situation qui vient s'ajouter à la forte hausse des taux d'intérêt. Depuis le printemps 2013 en effet, la Banque centrale brésilienne a déjà relevé ses taux à neuf reprises pour les porter de 7,25 à 11%.

 

 

Cette période de resserrement monétaire extrêmement agressif associée à une confiance au plus bas continuera à peser sur les investissements et la consommation au cours des prochains trimestres. Pendant ce temps, l'inflation (6,4% en mai) fluctue toujours dans le haut de la fourchette visée (entre 2,5 et 6,5%) et les anticipations montrent peu de signes de baisse. Par conséquent, la politique monétaire devrait rester rigoureuse. Quant aux attentes en matière d'exportations, elles devraient également être tempérées. L'appétit mondial pour les matières premières, dont dépendent largement les exportations brésiliennes, devrait en effet rester faible compte tenu de la poursuite du ralentissement chinois, principal partenaire commercial du Brésil, et des graves difficultés économiques de l’Argentine, son troisième marché à l’exportation.

 

Le Brésil est un des pays BRIC en proie à de profonds problèmes structurels, le sous-investissement étant sans doute le plus important. Tout d'abord en raison du faible niveau d'épargne domestique. Importer des capitaux étrangers pourrait contribuer à y remédier, mais avec un déficit en compte courant équivalant déjà à plus de 3%, cela ne ferait qu'accentuer la vulnérabilité extérieure du pays. La seule solution durable pourrait venir d'une hausse du taux d'épargne national, mais cela demande aussi des choix politiques difficiles. L'autre facteur important pesant sur les investissements est ce que l'on appelle le “coût brésilien”, en référence aux nombreuses difficultés rencontrées pour faire des affaires au Brésil. Les responsables politiques le reconnaissent depuis de nombreuses années, mais les progrès sur ce front restent extrêmement lents. Alors que la majeure partie du monde développé souffre d'une demande inadéquate, les problèmes du Brésil se situent surtout du côté de l'offre. L'illustration en est donnée par l'inflation obstinément élevée au Brésil et les performances relativement faibles dans les classements internationaux de compétitivité.

 

Globalement, l'équipe de football nationale brésilienne fait bien mieux sur la scène internationale. Et compte tenu de ses résultats lors de la Coupe des Confédérations l'année dernière (victoire 3-0 contre l'Espagne en finale) et de l'avantage d'évoluer à domicile, ses chances de remporter la Coupe du Monde sont réelles. Sur le plan économique par contre, 2014 ne restera sûrement pas une année à marquer d’une pierre blanche pour le Brésil.

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
DPAM INVEST B DPAM INVEST B EQUITIES EUROPE PETERCAM MANAGEMENT SERVICES SA Guy LERMINIAUX Actions Europe 59.00 M€ -5.46 % -5.94 %

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