En marche pour la lecture

L'E-conoclaste N°71 d'Actis AM

08/05/2017 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

En marche pour la lecture

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Ce n’est pas une raison parce que rien ne marche droit pour que tout aille de travers. »

Pierre Dac (1893-1975), Humoriste et comédien français.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

2 milliards : est le nombre d’utilisateurs de Facebook soit une personne sur 4 dans le monde, ses recettes publicitaires (98% du chiffre d’affaires) ont progressé de 51% au premier trimestre à 8 milliards, et ses bénéfices de 76% à 3 milliards.

2,7 millions : est le nombre de consoles de jeu Nintendo Switch vendues dans le monde en seulement un mois depuis son lancement. La firme japonaise espère en écouler 13 millions sur un an. Un succès relatif, puisque en février 2011, la Nintendo 3DS avait franchi les 3,6 millions d’exemplaires lors du premier mois mais son prix de vente était de 230 euros contre 300 pour cette nouveauté.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Insert a coin and play again…

Comme en octobre 2013 où des nombreux fonctionnaires s’étaient retrouvés au chômage technique faute de ressources fédérales, le Congrès américain n’a pas voulu reproduire le psychodrame et évité, de peu il est vrai, la paralysie des administrations. En effet, les législateurs américains ont réussi à s'accorder sur un texte détaillé permettant de financer les administrations jusqu'à la fin de l'année budgétaire 2017, soit fin septembre, et de repousser ce fameux shutdown.

Pour le moment, toujours aucune brique n’est apportée au plan Trump, puisqu’aucun fond particulier n’a été alloué à travers cette enveloppe budgétaire annuelle pour initier pour mur de Trump entre le Mexique et les USA, seul un montant de 1,5 Md$ sera alloué à l'amélioration de la sécurité des frontières, et Trump n’y est pas pour grand-chose dans cette histoire. La Chambre des représentants et le Sénat doivent encore approuver le pacte conclu, qui porte au total sur près de 1.000 Mds$ de financements fédéraux. Il s'agirait alors de la première loi majeure franchissant le Congrès, depuis l'investiture de Trump fin janvier.

Nous sommes loin, très loin des promesses de campagne où 10 lois concernant impôts, grands travaux, éducation, immigration, assurance santé seraient votées pendant la période de grâce des 100 jours.

Aucun candidat de l’histoire américaine en début de mandat n’a rencontré autant d’adversité de la part des deux camps politiques, beaucoup lui reprochant son manque d’expérience et la faiblesse de son administration, le jugeant trop naïf à espérer faire bouger les lignes aussi vite et si facilement. Alors, certes sur le front de l’Obamacare, la Chambre des représentants vient de confirmer l’abrogation mais le Sénat risque de bloquer la réforme en l’état et de réviser la totalité des articles… réponse dans un mois minimum!

On attend véritablement beaucoup désormais de sa réforme fiscale annoncée tambour battant comme la plus grande réforme ever de l’histoire par son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Et le marché veut y croire.

Jugez un peu : depuis l’élection de Trump, le Dow Jones se situe 14% plus haut, le S&P 500 11% au-dessus également, et on n’en est pas à un paradoxe près +16,4% pour l’indice Nasdaq, alors que tous craignaient les conséquences des déclarations de D.Trump sur les valeurs technologiques de la Silicon Valley relativement au sujet de la main d’œuvre immigrée, l’encadrement des activités internet au nom de la sacrosainte sécurité, bref en un mot, à toutes ces technologies qui peuvent échapper à la compréhension élémentaire du schéma de pensée trumpien, plus en phase avec la sidérurgie et les énergies fossiles.

Ah oui j’oubliais les banques aussi !

On notera au passage que les 5 Gafam seuls (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ont contribué pour 40% des 6,80% de progression du S&P 500 depuis janvier.

La psychologie de marchés ne fait pas tout.

Les récentes publications trimestrielles motivent le mouvement avec ¾ des entreprises du S&P qui produisent des profits supérieurs aux attentes et cela devrait perdurer dans les trimestres prochains.

Toutefois, une forte disparité a lieu entre les secteurs.

Si les secteurs des matériaux, financiers, technologiques et consommation discrétionnaire tirent leur épingle du jeu, les biens de consommation classiques et télécoms eux déçoivent.

On compte aussi beaucoup sur le secteur énergétique pour tirer la croissance des profits qui avec les banques cristallisent 50% des attentes.

Or, l’effet de base favorable sur les prix de l’or noir et les mesures d’austérité des pétroliers qu’ils se sont imposés pour survivre, notamment dans le schiste, devraient pousser à justifier  les niveaux de valorisation américaine déjà très élevés. Gare aux déceptions car sinon le ton sera donné pour les mois à venir. D’ores et déjà on aurait pu espérer mieux des résultats des pétrolières (Anadarko, Schlumberger, Halliburton…).

Que penser de la suite en voyant les cours du baril glisser en direction des 45$ (WTI), 10$ de moins qu’un mois auparavant, les chinois (logique…) affichant de faibles indicateurs avancés de l’activité économique, une volonté probable de l’OPEP de ne pas faire d’efforts de réductions de la production au-delà de ceux effectués en novembre dernier, l’irruption du pétrole libyen, et bien entendu la montée en cadence continue des rigs dans le bassin permien aux Etats-Unis qui appuie sur la tendance. On estime que le prix de revient de ces forages de schiste américain se situe sur les cours actuels voire quelques dollars plus bas dans l’hypothèse de nouvelles réformes fiscales et environnementales à venir de l’administration Trump.

L’Europe, comment vous dire, profite d’un effet de rattrapage sur les marchés yankees partant d’une situation de sous-investissement chronique de la part des gestions dans leur ensemble (logique de flux limite fièvre acheteuse) et sous le charme du regard bleu acier de notre nouveau Président qui enflamme la partie (effet psychologique), et ce en dehors de toutes autres considérations techniques (RSI surachetés à 76 et gap haussier) et de valorisation fondamentale (valorisation supérieure de 20% à la moyenne historique pour l’indice parisien Cac 40).

Un grand ouf de soulagement après que le camp des extrêmes ait fait « pschitt » même s’il reste encore à sortir les rames pour les législatives pour lever les doutes persistants sur la capacité de l’Hexagone à se reformer avec le moins d’obstacles possibles.

Brexit, on rentre dans le dur.

L’Union Européenne a choisi de tordre le bras aux anglais en les prenant de vitesse version hard et en leur présentant non pas une facture de 60 Mds€ mais de 100 Mds comme farewell bonus, ébranlant sur ses bases le flegme de Theresa May et en lui promettant des accords commerciaux extrêmement sévères.

Inquiet de la tournure des évènements, même l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair qu’on avait quelque peu oublié se mobilise pour mener un combat en faveur d’un soft Brexit mais ne briguerait pas d’un siège de député lors des prochaines élections législatives du 8 juin. Affaire à suivre car de mauvaises langues laissent entendre qu’une partie légèrement majoritaire de la population outre-Manche commence à regretter son accès de mauvaise humeur de l’année dernière.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

Ce document est un document non contractuel, strictement limité à l’usage privé du destinataire, diffusé à des fins d’information et ne saurait en aucun cas s’interpréter comme constituant une offre de vente ou sollicitant une offre d’achat de titres qui y sont mentionnés. L’opinion formulée dans le présent document ne saurait en aucun cas se substituer au jugement de son destinataire. Les informations fournies dans ce document n’ont aucun caractère exhaustif et leurs précisions ne peuvent être garanties. Les appréciations formulées reflètent l’opinion d’Actis AM à la date de publication et sont susceptibles d’être révisées ultérieurement.

Plus de détails sur notre site : http://www.actis-am.com

 

 

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