L'E-conoclaste: 17 Avril 2017

Vive les cloches!

17/04/2017 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

L'E-conoclaste: 17 Avril 2017

17 Avril 2017            

 

                                                La citation de la semaine

 

« Géométrie politique : le carré de l’hypoténuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécilité construite sur ses deux côtés extrêmes. »

Pierre Dac (1893-1975), Ecrivain, humoriste et acteur français.

 

L’actu en chiffres

930 millions : est le nombre de fumeurs dans le monde en 2015 (1 personne sur 7), chiffre en augmentation de 0,3% par an lié essentiellement à la croissance démographique dans les pays émergents (Chine, Inde, Russie notamment).

334 : est la superficie en km2 (3 fois Paris) de la future cité du divertissement en Arabie Saoudite près de Ryad dont les travaux débuteront l’année prochaine et qui permettront d’accueillir en 2020 des courses automobiles, compétitions sportives, un parcours de safari, un gigantesque parc d’attractions, restaurants, hôtels. Ce chantier s’inscrit dans le plan « Vision 2030 » visant à diversifier l’économie du Royaume.

50 : est le pourcentage que représente désormais le streaming dans la part des recettes de l’industrie musicale aux Etats-Unis à travers Spotify, Apple Music ou YouTube.

 

Le Selfie de la semaine

 

Marchés et décryptage

Le nouvel interventionnisme de Donald Trump poussent les Sud-Coréens à se mobiliser et se disent prêts à engager le dialogue avec le dirigeant Nord-Coréen en vue d’apaiser les tensions orientales craignant que la situation ne s’enveniment entre des américains prêts à croiser le fer et des Nord-Coréens toujours provocateurs quelle que soit la taille de l’adversaire.

On rappelle à toutes fins utiles que d’ici 2 ans la Corée du Nord serait en mesure d’atteindre le sol américain avec une ogive nucléaire…de quoi hâter les yankees à faire taire plus ou moins définitivement le turbulent gamin joufflu, en concertation néanmoins avec les chinois, ces derniers cherchant à dissuader Kim Jong-un de recourir à l’arme nucléaire pour, je cite, « sa propre sécurité »…

En même temps, quand on voit la profondeur du personnage américain prêt à venir chasser les loups et ours d’Alaska jusque dans leurs tanières avec un nouveau décret alors que eux n’ont ni armes chimiques ni missiles nucléaires, on peut être rassuré sur les futures volumes des ventes dans le secteur de l’armement. Je dis ça, je ne dis rien et je ne suis pas spécialement un pacifiste…

Pour en revenir aux marchés, l’indice de la peur américain (Vix) revient sur ses niveaux hauts de novembre dernier à la date des élections américaines dans un contexte où les volumes ont la Kate Moss mania à l’approche des publications de résultats et en amont de la traditionnelle

« driving season ». Rassurons-nous, les marchés ne sont pas du tout fébriles pour autant, tout léger retour est prétexte pour rebondir plus haut.

En d’autre temps, les marchés auraient perdu au bas mot entre 5 et 10% mais là non, le risque de conflit nucléaire pointe, l’éclatement de l’euro est aux portes de la France et là rien, que nenni non !

Et pourtant, misère, misère…Les américains seraient presque chanceux comparés aux français et au choix électoral du second tour qui pourrait leur être imposé… Le coût de la dette française s’est soudainement renchérie de 10 bps ces derniers jours contre la dette allemande dans la perspective pressentie à l’étranger d’un probable duel des extrêmes.

Quand on reparle de l’emballement de la dette privée chinoise. 

Pour développer les nécessaires infrastructures dans le pays et maintenir le plus durablement possible un taux de croissance élevé (plus de 7%, condition essentielle disait-on au maintien de l’ordre social), la Chine a eu recours via ses collectivités au crédit dans les grandes largeurs.

Le credit a crû de 20% par an entre 2009 et 2015, bien plus que la progression de son PIB, une progression troublante à 200% du PIB similaire à la pré-crise du Japon, de la Thaïlande et de l’Espagne (voir courbes ci-dessous).

Source : FMI

 

Encore maintenant, les crédits privés en Chine devraient croitre 2 fois plus que le PIB (au lieu de 3 précédemment) pour atteindre les 6.5% de croissance cible nominale, ce qui laisse

imaginer les répercussions en termes de qualité de signature et l’efficacité relative des futurs investissements…D’ailleurs, Standard & Poor’s (proactif désormais) a dégradé pour la première fois la note de BB+ à BB une ville chinoise Lianyungang pour acter la dégradation de la qualité de son bilan, parmi d’autres villes ou régions (provinces du Yunnan, de Giuzhou) dont les ressources sont insuffisantes au regard des échéances.

Or, en la matière, les dirigeants chinois ne cessent de marteler qu’ils ne se porteront pas garants de ces véhicules financiers souvent complexes en cas de défaut partiels, de quoi responsabiliser les collectivités et accentuer les difficultés de celles-ci en quête de toujours plus de financements pour attirer de nouveaux investisseurs

La Chine pourrait-elle faire marche arrière ? Pas si sûr. Car la croissance chinoise devrait encore être financée un minimum via les investissements pour ne pas basculer dans un chaos

économique. Si transition vers un modèle occidental il y a (activité essentiellement tractée par la consommation), en douceur cette transition doit se faire (maître Yoda sort de ce corps).

L’insolente santé et ambition de Amazon qui vole en bourse de records en records avec une action pas très éloignée des 1000 dollars actuellement (moins de 300 il y a un peu plus de 2 ans) contraste avec le marasme que traversent de très nombreux acteurs de la distribution et plus particulièrement de l’habillement.

Ralph Laureen ferme son flagship sur la 5ème avenue tout un symbole, Rue21 placé sous Chapter 11 et qui s’ajoute à la longue liste des zombies American Apparel, Payless, RadioSchack, Aeropostale…tandis que certains comme Sears, Claires tentent de survivre et que d’autres tels Kohl’s, Pier Imports, Academy, Macy’s, JC Penney ne sont pas au mieux…

La fermeture de 8640 magasins est attendue cette année outre-Atlantique, bien plus que les 6200 de la crise de 2008. On dénombre 60 000 postes en moins en février et mars, le pire score depuis 2009.

Plusieurs raisons à cela à cette nouvelle sidérurgie (après celle évoquée du transport maritime fin d’année dernière) :

  • L’essor de l’e-commerce (20% de parts de marché sur la distribution en totalité) qui taille des croupières aux réseaux traditionnels dont 53% de la croissance est aujourd’hui captée par le seul Amazon ;

  • Le consommateur ne veut plus payer le prix fort offert en magasin et attend les soldes, ce qui explique pourquoi les détaillants de « milieu de gamme » souffrent le plus. Bien plus que les discounters et évidemment moins cycliques que les marques de luxe qui elles ne souffrent pas. La part de l’habillement a baissé de 20% dans le panier de la ménagère depuis 2000 et pas seulement à cause du black Friday.

  • Enfin, les habitudes de consommation évoluent fondamentalement depuis plus d’une décennie. En effet, on constate depuis 2005 que les dépenses dans les restaurants et bars croissent à un rythme 2 fois supérieur à celui des autres dépenses de consommation. Pour la première fois aux Etats-Unis en 2016, les américains dépensent plus en nominal dans les restaurants et bars que dans les magasins.

    Le plaisir instantané l’emporte sur le plaisir plus long terme…tout court.

  • Plus largement, la fréquentation dans les malls a décliné de 50% entre 2010 et 2013, et la chute se poursuit d’année en année. Les consommateurs préférant les surfaces plus petites, à taille humaine, le concept des « citymarkets » fait fureur.

    Bref, l’écosystème du consommateur est en plein bouleversement, on estime que seulement 20% des sociétés de ce secteur aujourd’hui représenteront 90% des market caps de la distribution demain.

    Les publications de résultats de ce premier trimestre sont attendues globalement en hausse (+9,5% pour les profits mais plutôt +5,7% hors énergie et +6,7% pour les revenus) mais l’accueil par le marché peut surprendre compte tenu des attentes élevées sur des valorisations tendues.

     

    Rédigé parChristophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

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