L’autruche et le sable...

02/06/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

L’autruche et le sable...

Toujours l’enthousiasme ! Malgré des résultats des élections européennes peu favorables à l’exubérance, les marchés boursiers ont dépassé les niveaux de 2008 et plusieurs indices sont très proches ou ont même atteint leurs records historiques, le Nasdaq retrouvant un plus-haut de juillet 2000. Le retour à une certaine sérénité se mesure par l’indice VIX, qui évalue la volatilité à venir du marché, l’ampleur des variations de cours. Ce dernier, en dessous de 12 est à un plus bas historique et est souvent un signe annonciateur de mouvements correctifs plus violents surtout après une phase de hausse prolongée. Si on accepte de regarder avec réalisme la situation économique, la révision de la croissance du PIB américain au premier trimestre (-1% contre +0,1% est.)constitue une interrogation. On peut toujours tout transformer positivement et penser que les chiffres mauvais vont inciter les banques centrales à poursuivre leur intervention, mais en ont-elles encore les moyens ? « La politique de l'autruche est respectable : tout dépend de ce qu'il y a dans le sable ».

Une situation américaine décevante !

Plusieurs indicateurs américains publiés cette semaine sont décevants. Les dépenses des ménages sont en baisse de 0,1% en avril contre des attentes à +0,2%, le chiffre du mois précédent ayant été révisé à la hausse (à +1% contre +0,9%). De même l'enquête de confiance de l'Université du Michigan à 81,9, marque une baisse par rapport à avril (84,1). Ainsi sans remettre en cause la reprise des Etats-Unis, on constate en ce moment la fragilité de certains secteurs notamment l’immobilier. Le produit intérieur brut américain (PIB) s'est aussi contracté de 1,0% au T1. C'est la première fois depuis 2011 que l'économie américaine détruit de la richesse après un rythme de croissance de 2,6% au T4 2013. On connait les explications données pour minorer ces chiffres : un hiver froid et une moindre accumulation de stocks. Certains économistes estiment que le froid, -40°C dans certaines régions, aurait coûté 1,5 % de croissance. Il faudra donc attendre les chiffres du deuxième trimestre pour avoir une idée plus précise de la situation économique des Etats-Unis. La principale question sera aussi celle de la posture de la FED, elle pourait avoir tendance à repousser dans le temps les anticipations d'une hausse des taux directeurs afin de ne pas casser une croissance qui reste encore assez modeste.

Coup de froid sur le Brésil

L’économie brésilienne a cru de +0,2% sur le T1 après +0,4% fin 2013. La croissance annuelle poursuit ainsi son ralentissement à 1,9%, niveau assez faible pour une économie dite émergente. Le pays souffre d’un ralentissement de l’investissement (-2,1% après -1,2% au T4) impacté par le resserrement monétaire mené par la Banque centrale depuis début 2013, d’une chute des exportations (-3,3% sur le trimestre) et d’une consommation privée faible (-0,13%). La croissance risque d’être modérée lors des prochains trimestres.

En Europe, jusque là tout va bien ….

Le discours de certains représentants de la BCE sur une action imminente de l'institution pour lutter contre le risque de déflation a été assez clair et a entrainé à la baisse la plupart des taux souverains des pays européens. Mario Draghi a rappelé que la BCE devait inciter l’augmentation de l’offre de crédit dans un contexte économique où la demande est forte notamment en provenance des PME. L’économiste de la BCE a aussi indiqué que l’inflation devait revenir à des niveaux cibles de 2%. Ces discours ont renforcé les anticipations d'une action de la BCE le 5 juin prochain. La fin de semaine a été marquée par des mouvements importants sur le secteur bancaire. La révision à la baisse des perspectives de 82 banques européennes par Moody’s a pénalisé surtout les banques allemandes et françaises, ces dernières étant aussi victimes de la problématique spécifique de la BNP (amende potentielle de 10 Md$ aux Etats-Unis). En revanche, les banques italiennes ont été aidées par le plan de la banque centrale italienne pour faciliter la distribution de crédit aux entreprises.

Un optimisme modéré ….

Cette semaine sera décisive et les investisseurs devront attendre jeudi pour connaître les décisions de la BCE. Il y aura intervention mais les anticipations pourraient être trop élevées et eu égard à la hausse passée, une consolidation est donc possible. Ceci nous a conduit à baisser une nouvelle fois vendredi soir nos niveaux d’exposition dans nos fonds flexibles dans l’anticipation d’une correction. Un retour de bâton est donc possible : dans le sable quelquefois on peut trouver quelques très mauvaises surprises et il est souvent mouvant !

Lettre hebdomadaire Hixance n° 98, lundi 02 juin 2014

Par Jean-Noel Vieille

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