Jouer un rebond tactique en attendant les décisions de la BCE !

Lettre hebdomadaire Hixance par Jean-Noël Vieille

19/05/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Jouer un rebond tactique en attendant les décisions de la BCE !

Nouveaux doutes sur la qualité de la croissance en Europe

Après plusieurs semaines de hausse, la plupart des marchés financiers ont observé une pause même si en début de semaine des points hauts ont été atteints. Les raisons de cette progression sont identiques depuis deux années : l’espoir d’une intervention des banques centrales et surtout de la BCE par le biais d’achats d’actifs. Point positif aussi de ces derniers mois, l’amélioration de la conjoncture que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe et aussi pour ce dernier continent, la quasi certitude que le risque d’une crise systémique était définitivement derrière nous. Le repli des marchés en fin de semaine est probablement du à des chiffres de croissance en Europe plus faibles qu’attendus. Ainsi, le PIB du premier trimestre n’a progressé que de 0,2% contre une attente à 0,4%, la France enregistrant une croissance nulle. On assiste à une incohérence de plus en plus criante entre une valorisation des marchés boursiers élevée et une croissance moins robuste.

Une Europe en panne de croissance : la BCE devra donc agir !
Les chiffres du PIB européen pour le premier trimestre sont moins bons que ne le laissaient penser les indicateurs avancés et surtout sont assez contrastés au sein des grands pays de l’Union. Le rythme du redressement de l’économie est assez lent avec une inflation toujours modérée. Dans ce contexte, la BCE ne pourra plus faire marche arrière le 5 juin et devrait prendre plusieurs mesures. D’ores et déjà, le discours de Mario Draghi a réussi à faire baisser l’euro, de 1,39 à 1,37, à faire décroître la courbe de l’Eonia et les taux d’intérêt sur les dettes publiques européennes ont aussi reculé en revenant à de très faibles niveaux. Les mesures attendues sont les suivantes : une baisse du refi de 15pb avec une baisse du taux de dépôt (de 10 ou 15pb) qui serait alors porté en territoire négatif. Ce passage du taux de dépôt en négatif devrait inciter les banques ayant des liquidités à la BCE à les prêter ce qui renforcerait l’effet baissier sur les taux courts. L’autre mesure attendue est la mise en place d’une facilité de liquidités pour soutenir le crédit aux agents privés, demande importante et non satisfaite dans certains pays périphériques. Ceci aura pour effet de soutenir la reprise de l’investissement. On s’attend aussi à un éventuel achat de créances titrisées de PME.

Des statistiques mitigées aux Etats-Unis !
La confiance des consommateurs US s'est affichée en baisse en mai à 81,8 points contre 84,1 en avril, impactée par la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires. Le marché de l'emploi montre toutefois des signes d'amélioration, ce qui pourrait inverser cette donnée dans les prochains mois. En avril, les mises en chantier de logements sont ressorties au-dessus des attentes (1072K unités contre 980K). Les permis de construire, indicateurs avancés des mises en chantier, ont aussi fortement augmenté (1080K unités soit une hausse de 8%). Là encore, il est normal que les investisseurs montrent quelques doutes quant à la poursuite de la hausse des indices US.

Faut-il commencer à jouer la nouvelle dynamique de l’Inde ?
Le résultat des élections en Inde donne une victoire nette au parti de l'opposition BJP, parti nationaliste hindou, qui a l’ambition de réformer en profondeur le pays. La bourse indienne a commencé à saluer cette victoire qui devrait donner au nouveau gouvernement une marge de manoeuvre importante pour mener à bien des réformes structurelles. Ce résultat ne peut que contribuer à réduire les craintes liées au ralentissement économique de ce pays, aussi des opportunités intéressantes d’investissement se présentent.

Jouer un rebond technique et tactique jusqu’au 5 juin
Nous avions exprimé la semaine dernière notre souhait d’être plus réactif dans nos allocations et nos expositions. Après avoir abaissé notre exposition à zéro en milieu de semaine ce qui nous a permis de passer sans encombre la journée de jeudi pour nos fonds flexibles, nous avons totalement supprimé nos couvertures européennes vendredi matin estimant que la baisse était une opportunité pour une quinzaine de jours, jusqu’à la décision de la BCE. Il existe aussi un risque lié aux élections européennes : une très faible participation (on parle d’une abstention de près de 70% en France), fera le jeu des extrèmes. Néanmoins le succès soit de Martin Schulz, soit de J. C. Juncker devrait rassurer les marchés, leur programme restant assez consensuel. Il existe une autre raison tactique de jouer la poursuite de la hausse, les résultats sont connus sur le T1 et le versement des dividendes ramène des flux assez élevés dans les marchés. Cette orientation reste tactique, nous n’oublions évidemment pas les zones de risque et surtout la question du niveau de valorisation des marchés, mais techniquement les supports tiennent, d’où cette volonté raisonnée de jouer un rattrapage dans un marché devenu très technique.

 

Jean-Noël Vieille
Directeur de la gestion

 

 

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