Inflation et pétrole : déterminants clefs de ce deuxième semestre !

Par Jean-Noël Vieille - lettre hebdomadaire n°241

28/06/2017 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Autre

Inflation et pétrole : déterminants clefs de ce deuxième semestre !

Ce premier semestre 2017 se termine avec une hausse des marchés financiers en Europe et aux Etats-Unis et sur les deux principales classes d’actifs, actions et obligations. Fondamentalement, les marchés ont salué « Super Mario », « Super Macron » et « Super Trump », trio iconoclaste qui pourrait ressembler aux « vieilles canailles » puisque la réalité perçue par les marchés financiers est bien supérieure à la réalité économique. Le contexte reste difficile au niveau des matières premières et surtout du pétrole et le dollar est reparti dans une phase baissière. Les événements politiques européens auront finalement été accueillis avec sérénité dans la mesure où le pire a été évité d’abord aux Pays-Bas, puis en France et les prochaines élections allemandes ne présentent que peu de risques. La croissance économique reste assez porteuse, les banques centrales continuent leur politique accommodante avec toutefois un biais de plus en plus marqué en faveur d’une plus grande restrictivité pour diminuer la taille du bilan, surtout aux Etats-Unis. Même l’Insee dans son dernier rapport sur la France met en lumière les progrès de la situation économique sous le septennat de François Hollande !

Se profile désormais le deuxième semestre 2017 avec des questions fortes relatives à la dynamique de la croissance mondiale. Si les principaux intervenants ne doutent plus du surplus de croissance dans la zone euro, des questions sérieuses alimentent maintenant la validation d’une croissance forte aux Etats-Unis. Dans trois semaines nous aurons sur ces points un peu plus de visibilité avec la publication des résultats du premier semestre des entreprises. Nous devrions constater une amélioration des marges en Europe mais peut-être une déception du côté des valeurs américaines, d’où la mise en place d’une allocation d’actifs beaucoup plus prudente sur les Etats-Unis.

Cette semaine, le contexte boursier a été stable sur l’ensemble des marchés : -0,01% pour l’Eurostoxx50, +0,05% pour le CAC 40 et -0,15% pour le DAX. Le DJ affiche une hausse de 0,05% et le Nasdaq reste en hausse marquée, +1,84% en raison de la progression de beaucoup de valeurs technologiques dues à des entrées dans des indices. Le NIKKEI a marqué une forte hausse à + 0,95%.

 

Débat sur l’évolution de l’inflation aux US !

Plusieurs représentants de la Fed ont effectué des déclarations sur l’état de l’économie américaine. William Dudley (Fed de NY) a d’abord estimé que l'inflation devrait prochainement remonter avec la hausse des salaires en raison de l'amélioration du marché de l'emploi. Cette déclaration plaide pour une hausse des taux directeurs. Puis Charles  Evans (Fed de Chicago) a au contraire mis en garde sur la décélération de l’inflation en raison de la baisse du cours du pétrole. Cette crainte a été renforcée avec la baisse du pétrole puisque le cours du baril de WTI est tombé à 42,50$ en raison d’une hausse de la production de certains pays de l’Opep et de stocks mondiaux élevés. En réaction à la faiblesse des cours, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) envisagent de réduire encore leur production pour stabiliser les cours du brut. Stanley Fischer (vice Chairman de la Fed) a aussi critiqué la période de niveau bas des taux directeurs qui entraîne une hausse des prix de l’immobilier, alertant sur une situation similaire à la bulle de 2008. Eric Rosengren (Fed de Boston) a aussi souligné les risques que pouvaient entrainer des taux bas sur la stabilité financière du pays, laissant peu de marge de manœuvre à la politique monétaire en cas de chocs économiques. Ainsi, ces discours confirment des analyses divergentes sur la situation économique américaine et sur la stratégie que la Fed doit mettre en place dans un contexte politique pas très simple. Cette indécision pourrait expliquer la faiblesse actuelle du dollar puisqu’en effet les futures sur les Fed funds n’anticipent désormais pas de nouvelle hausse avant mars 2018, avec une probabilité de 54,8%.

Sur le plan macroéconomique, le déficit courant a été moins important que prévu au T1 2017 à 116,8Md$. Les ventes de logements existants ont aussi progressé en mai (1,1% vs cons -0,5%) tout comme les ventes de logements neufs à 610 k pour le mois de mai, supérieures aux attentes de 597 K, confirmant ainsi cette possible bulle immobilière aux Etats-Unis.

 

Signaux plutôt positifs sur la croissance européenne

Au Royaume Uni, le gouvernement a entamé les discussions sur le Brexit à Bruxelles entre David Davis   (secrétaire anglais au Brexit) et Michel Barnier. Le discours de la Reine, ce mercredi, a donné aussi le feu vert à Theresa May pour qu’elle forme son gouvernement (10 jours pour le constituer). La livre a baissé suite aux déclarations du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. Ce dernier a affirmé qu’il était trop tôt pour relever les taux d’intérêt au Royaume-Uni. La faiblesse de la croissance des salaires soulève aussi des questions quant à la vigueur des tensions inflationnistes. Le déficit budgétaire s'est réduit en mai, grâce à une hausse des recettes de la TVA.

En France, la large victoire d’En Marche n’a pas eu d’influence sur les marchés financiers. Concernant les indicateurs économiques, le climat des affaires en France est ressorti inférieur aux attentes en juin (108pts vs cons 109). Même si la croissance du secteur privé s’est poursuivie à un rythme soutenu, celle-ci reste inférieure à celle de mai. Le PMI Composite Europe est ressorti à 55,3 pour juin, inférieur au consensus de 56,7, après 56,9 en mai. Cette déception s'explique par la composante « prix », ce qui atteste de la difficulté pour les entreprises à passer des hausses de prix. Cet élément inquiète en termes de dynamique future de l'inflation alors que les coûts de production ne cessent de se réduire dans le sillage de la chute des cours des matières premières. En revanche, la composante « emploi » montre une amélioration graduelle du marché du travail qui devrait se poursuivre.

Le PIB français est en croissance de +0,5% pour le T2 2017, supérieur aux attentes de +0,4. L’Allemagne suit la même tendance avec un PMI Composite de 56,1 pour juin après 57,4 en mai. Cette hausse des indicateurs macro-économiques en Europe en 2017 s’est traduite par l’accélération des bénéfices des entreprises, avec une croissance de 22% au premier trimestre pour les valeurs européennes, soit la meilleure progression depuis 7 ans.

 

Quelle physionomie pour ce deuxième semestre ?

Nous reviendrons plus longuement sur cette question la semaine prochaine. La question importante est de savoir si la hausse boursière de ce premier semestre n’a pas totalement épuisé la hausse de l’année si on se réfère à l’évolution de la sphère réelle. Dans les éléments négatifs, les marchés deviennent effectivement un peu chers mais ceci doit être relativisé eu égard aux taux négatifs à court terme. Nous confirmons notre opinion positive sur cette deuxième partie de l’année. Fondamentalement, le principal point positif reste l’afflux très élevé des liquidités qui vont se diriger en premier lieu sur les actions et probablement sur les actions européennes. Par ailleurs nous attendons toujours une réappréciation des attentes de résultats des analystes sur les valeurs européennes, ce qui peut amener une progression des indices européens, y compris durant l’été. Cette semaine étant la dernière de ce premier semestre, un excès haussier est fort probable pour confirmer ainsi la bonne orientation des marchés.

 

Par Jean-Noël Vieille - le 26 juin 2017

 

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