Indices européens : le scénario demeure baissier à moyen terme

27/06/2016 - Publié par Jérôme BOUMENGEL dans Marché Autre

Indices européens : le scénario demeure baissier à moyen terme

Finalement, c’est le scénario du Brexit qui l’a emporté ! Déjouant les pronostics des bookmakers anglais, les partisans de la sortie de l’union européenne ont réuni à peu près 52% des voix au référendum. A long terme, c’est peut être une chance pour l’Union Européenne de mieux se reconstruire, mais à moyen terme, cela va très certainement ajouter de l’incertitude à un environnement mondial qui n’en avait pas besoin.

C’est bien connu, les Bourses détestent l’incertitude et les indices européens n’échapperont pas à la règle. L’aversion au risque devrait continuer à se propager et les primes de risque devraient continuer à progresser. Notamment celle du CAC40 qui devrait atteindre très rapidement le niveau de 8,5% que j’évoquais dernièrement.

Par ailleurs, l’analyse technique apporte un éclairage utile sur ce que devrait être l’évolution des indices européens à moyen terme. On s’aperçoit que leur potentiel de baisse est encore important et que le bear market des places boursières est loin d’être achevé.

Prenons l’exemple de la France avec l’indice CAC40. Le point technique important à remarquer, c’est évidemment l’inversion du rapport de force entre les acheteurs et les vendeurs. Celle-ci s’est faite en deux étapes :

En mai 2015, alors que les prix continuaient de progresser et remontaient au-dessus des 5000 points, une divergence baissière apparaissait sur l’Obvgram, traduisant ainsi un affaiblissement de la pression acheteuse, une configuration technique peu propice à une poursuite de la hausse. Cette configuration, ainsi que la remontée de la prime de risque et la surévaluation de l’indice CAC40 indiquaient la présence d’un fort risque baissier sur les actions.

En début d’année, à la faveur de mauvais chiffres sur la conjoncture économique chinoise, les marchés actions réalisaient une nouvelle vague de baisse, soutenue par une forte pression vendeuse. Depuis, l’Obvgram est tombé en zone négative, traduisant ainsi la présence de volumes baissiers supérieurs aux volumes haussiers, une configuration typique des bear markets.

Or le marché français est actuellement loin d’être survendu, et un retour de l’Obvgram dans la zone d’excès est le scénario le plus probable. La configuration boursière milite pour une poursuite de la tendance baissière à moyen terme, avec un objectif à 3400 points pour l’indice CAC40. 

 

 

Les configurations techniques sont également les mêmes pour les autres places de la zone euro. Les différences se trouvant dans l’amplitude des potentiels de baisse. C’est ainsi que les Bourses des pays du Nord de la Zone euro (Amsterdam, Bruxelles, Francfort, Copenhague) apparaissent comme les plus résilientes, alors que celles du Sud (Madrid, Milan, Lisbonne) sont les plus fragiles, Paris faisant office de médiane.

Au Pays-Bas, l’AEX devrait retomber sur le support des 370 points. La progression de sa force relative, rapportée à l’indice CAC40 (chart du bas), montre que les actions bataves devraient surperformer les actions françaises.

 

 

En Allemagne, le constat technique est identique pour l’indice Dax qui devrait également revenir sur le support long terme à 8010 points, tout en poursuivant sa phase de surperformance par rapport à l’indice CAC40.

 

 

Au Danemark, l’indice OMX C20 devrait également continuer à surperformer les actions françaises, même si en termes absolus, l’indice danois affiche un risque baissier à 760 points.

 

En Espagne, la configuration de l’indice IBEX est beaucoup plus négative et le bear market est beaucoup plus avancé. La sous-performance des actions espagnoles sur les actions françaises a été relancée dès le début de 2015 et cette tendance ne donne aucun signe de retournement à moyen terme. Le scénario d’un retour de l’IBEX sur les plus bas de 2012 à 6000 points demeure fortement probable.

 

 

En Italie, l’indice MIB devrait également revenir tester le plus bas de 2012 à 12750 points. Quant à sa force relative, celle-ci est repartie à la baisse depuis le début de l’année : les actions italiennes sous-performent à nouveau les actions françaises.

 

 

© Copyright Jérôme Boumengel  -  Pour toute reproduction ou toute citation, le nom de l’auteur et la source devront être mentionnés.

 

 

Fonds associés

Aucun fonds associé à cet article. Si vous souhaitez associer votre fonds à l'article, contactez-nous.

Articles similaires

LES FONCIÈRES COTÉES DEVRAIENT CONTINUER...

Comme anticipé, l’année boursière 2015 aura bien été marquée par une nouvelle surperformance (dividendes nets réinvestis) du compartiment des...

22/01/2016 - Publié par SOFIDY

Autre / Avis d'experts

ABERDEEN

Cette ville du Nord de l’Ecosse est un port de pêche aux maisons de pierres grises ornées de pétunia et aux rues longées de commerces cossus. Dans...

19/02/2016 - Publié par ENTHECA FINANCE

Autre / Analystes et économistes