Impossible, pas européen ?

04/10/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Autre

Impossible, pas européen ?

Il y a quelques chose de pourri dans notre zone euro. Et chacun a son idée sur le sujet mais peu de chance de trouver une convergence toutefois.

 

On l’a dit, l’euro est avant tout une construction politique et puisqu’il en est ainsi c’est aux politiques de régler le problème. Pas de payer, ne rêvons pas. De toute manière, pour le payement, il y a 300 millions de citoyens concernés, alors…

 

Prenons un bout de la lorgnette : l’Allemagne. Le pays fait preuve d’une  incontestable compétitivité  réalisée au détriment d’une immense masse salariale. Dans un contexte d’euro fort (qu’elle appelle de ses vœux), elle protège ainsi son objectif de grande exportation. Mais ce faisant, elle empêche aussi les nations victimes de la crise de la dette d’entrer en compétition : elles sont incapables d’exporter vers l’Allemagne et vers des allemands qui n’ont pas les moyens de se payer des produits espagnols, italiens ou portugais. Selon l’avis de nombreux observateurs (dont Michel Santi), cette politique allemande représente une des failles structurelles majeures de l’Union européenne car elle y impose et y instaure une déflation généralisée.

 

Il faut donc se résoudre. Gagner en compétitivité ne peut se faire que par la baisse du coût du travail : salaire ou charges patronales. Au choix des idéologies ou des réalités.

 

Autre bout de la lorgnette. Plus le temps passe et plus les marchés dictent leurs conditions aux Etats. «Accepter les économies budgétaires ne revient pas seulement à rentrer dans les clous d’une orthodoxie financière et comptable tout aussi injustifiée que contre-productive en période de crise. C’est se résigner à rogner encore et toujours plus les prérogatives de l’État, donc les nôtres. C’est se soumettre au verdict des marchés et c’est laisser l’écrasante majorité de nos concitoyens sans défense. Une véritable guerre des tranchées est livrée à cet effet par les tenants de cette stricte orthodoxie, qui n’hésitent pas à déployer des « tactiques de peurs budgétaires » (expression de Paul Krugman) afin de parvenir à leur fin ultime consistant en une éclipse quasi totale des pouvoirs publics » (Michel Santi, encore, il est en pleine forme…).

 

Les deux bouts évoqués ne peuvent pas appartenir à la même lorgnette. Il n’est pas possible pour nos Etats de répondre aux marchés avec cette déflation larvée. Nous devons sortir aussi des influences médiatiques dont nous avons souvent parlé. Il faut aussi faire de la pédagogie auprès du grand public au sujet de la dette et de sa plus ou moins vraie nécessité à être remboursée (elle est émise par ‘quelque chose’ d’immortel qui peut prendre l’infini comme date d’échéance…).

 

Alors, par quel bout commencera-t-on ?

 

Bonne journée,

 

Marc Gilson

 

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