Hebdo Crédit Octo AM du 24 février 2014

24/02/2014 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT dans Marché Obligataire

Hebdo Crédit Octo AM du 24 février 2014

Une semaine plutôt calme d’un point de vue macro, Madame Yellen ayant décidé dans son discours de la semaine passée d’être la moins ambiguë possible, autant qu’un banquier central puisse l’être : la FED agira dans la continuité : des rachats d’actifs au même rythme qu’auparavant (-10Md$ par réunion), une politique de taux zéro qui devrait durer encore un certain temps. Le chômage, en baisse constante depuis quelques mois ne suffira plus à justifier cette politique, il faudra donc également surveiller l’inflation, dont la faiblesse actuelle est le second argument utilisé par la FED pour justifier un taux directeur nul.

Chez les souverains, nous signalerons que Moody’s a rehaussé cette semaine  la perspective de l’Italie  à stable (en conservant son rating Baa2) : la résilience de la solidité financière du gouvernement, un ratio dette/PIB qui semble avoir atteint son maximum à 135% du PIB, sont les arguments majeurs de l’agence, sous réserve que le gouvernement redresse son budget, qu’une croissance modérée reprenne et que les coûts de financement n’augmentent pas… Trois conditions qui sont encore loin d’être garanties…

Un mot sur l’Ukraine dont la crise semble s’apaiser avec la destitution du président Ianoukovitch (pro-russe) mais qui se retrouve au bord du défaut de paiement : la courbe inversée (17% de taux à 6 mois, 9.5% à 10 ans) reflète d’ailleurs exactement ce risque majeur de défaut du pays dans les prochains mois.

Chez les corporates, nous noterons la dépréciation de Bouygues de sa participation dans le capital d’Alstom à hauteur de 1.4Md€ ; mauvaise nouvelle évidemment mais qui n’aura quasiment aucun impact sur le crédit de Bouygues. Sujet déjà évoqué la semaine dernière, l’offre de rachat de Amcol par Imerys pour un montant de 1.6Mds : la contre-offre d’Amcol et la détermination d’Imerys devrait aboutir à une augmentation du prix et à une dégradation modérée de la qualité de crédit d’Imerys, dont Moody’s a déjà pris acte en appliquant une surveillance négative au Baa2 du minier français.

France toujours avec PSA, dont l’accord avec Dongfeng semble se concrétiser après l’approbation de la famille et la validation par le conseil de surveillance ; le Chinois et l’Etat Français investiraient chacun 800M€ pour une participation de 14% pour aboutir in fine à une augmentation de capital de 3Mds€ après la vente de nouveaux titres aux actionnaires actuels. Cependant, on peut toujours s’interroger sur la finalité de ces injections de capitaux, Peugeot ayant déjà tenté de multiples partenariats qui ont rarement abouti… Injecter du capital supplémentaire dans une entreprise en croissance est parfois un bon investissement, le faire dans une entreprise en perdition est plus hasardeux. A moins que les Chinois aient une stratégie très claire et bien différente de celle que le gouvernement français ou la famille Peugeot l’imaginent…

Au chapitre automobile encore, Eurazeo semble prêt à sortir d’Europcar, 8 ans après avoir acquis le loueur pour une valeur de 3Mds€, dont quasiment 800M€ investis en propre par la holding. Jusqu’à présent, l’investissement n’avait jamais été rentable, ne permettant pas une sortie, mais les résultats actuels et les perspectives semblent ouvrir une porte qu’Eurazeo semble déterminé à saisir. Deux options possibles : introduction en bourse ou fusion avec un des trois « majors » (Avis, Budget, Enterprise). Peu d’implication sur les obligations qui traitent déjà sur des niveaux élevés et dont les clauses de rachats ou les calls proches rendent la sensibilité très faible.

Enfin concernant le feuilleton HAA, la situation s’enlise, chaque déclaration de tel ou tel responsable semblant contradictoire et peu engageante pour une résolution « ordonnée » : les banques autrichiennes ne veulent pas participer, le peuple autrichien ainsi qu’une partie du gouvernement souhaitent voir liquider la banque, une autre partie du gouvernement veut faire payer Bayerische Landesbank, ex-actionnaire et Bruxelles et la BCE souhaiteraient éviter le risque de contagion et donc sauver ou fusionner la banque… Le dossier peut encore durer des mois, mais une solution intermédiaire semble envisageable, celle d’un haircut partiel sur les obligations.

Matthieu Bailly

Octo Asset Management

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
OCTO CREDIT CONVICTIONS OCTO ASSET MANAGEMENT Matthieu BAILLY Obligations Mixtes Moyen Terme 20.05 M€ 3.46 % 2.23 %
OCTO TRESO - CREDIT OCTO ASSET MANAGEMENT Matthieu BAILLY Monétaires Euros 103.72 M€ 0.23 % 0.26 %
OCTO CREDIT COURT TERME OCTO ASSET MANAGEMENT Matthieu BAILLY Obligations Mixtes Court Terme 11.47 M€ 1.79 % 1.28 %

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