Une année qui se conclut sur la pointe des pieds…

Hebdo Crédit Octo AM du 1er janvier 2015

05/01/2015 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT dans Marché Obligataire

Une année qui se conclut sur la pointe des pieds…

Les fonds restant en territoire positif ont espéré jusqu’au bout qu’un énième retournement ne vienne pas en quelques jours annihiler les performances de toute l’année comme ce put être le cas en août, en octobre ou même début décembre ; ceux qui n’ont pas résisté à l’un de ces 3 épisodes d’une quinzaine de jours maximum tenteront de convaincre leurs investisseurs que ces mouvements ne sont que des « incohérences » ou des aberrations de marché… La question reste pourtant posée et n’est pas forcément si évidente.

 

Après 5 ans d’euphorie sur le crédit, de baisse de taux et de spreads massives, de prêts à taux presque nuls pour les entreprises leur permettant d’assainir leurs bilans par le fait même de s’endetter à des taux si bas pour ne rien faire de l’argent emprunté (tant les perspectives économiques et de développement sont dérisoires), le second semestre 2014 a donné un coup d’arrêt relativement violent sur certains marchés.

 

Jusqu’alors, la prime était donnée aux plus téméraires, qui voyant les entreprises de qualité ne plus rémunérer suffisamment à leur goût, ont préféré, plutôt que d’attendre des jours meilleurs, satisfaire leur appétit de rendement : émetteurs de plus en plus petits, de plus en plus endettés, de moins en moins diversifiés, aux structures LBO les plus exotiques et sur des maturités de plus en plus longues…

 

Pour parvenir à des ratios de levier et des prix de LBO équivalents à ceux de 2007, ratios qui à l’époque n’avaient tenu que quelques mois avant de provoquer la première crise du crédit, suivie de près par la crise bancaire.

 

En ce début d’année, période des allocations et des grands choix de budget de risques et d’objectifs de performance, la question est donc majeure : le marché du crédit risqué, émergent et haut rendement en tête, dont la performance sur le deuxième semestre 2014 est nulle, voire franchement négative sur certains segments (les services pétroliers notamment), a-t-il seulement connu une « consolidation » ou est-il à un point de retournement ? Doit-on conserver voire renforcer ses positions ou chercher d’autres pistes ?

Notre réponse est double :

Premièrement, nous noterons qu’au cours de ces cinq années passées, les actions massives des banques centrales avaient quasiment effacé le risque idiosyncratique : tous les périphériques se resserraient, toutes les banques étaient sous perfusion des divers sauvetages ou LTRO, tous les corporates, après leurs difficultés de 2007-2009 profitaient des taux bas et du manque de perspectives pour amasser de la trésorerie et améliorer – apparemment – leur profil de crédit. Tout cela n’a qu’un temps. Si les banques et les périphériques sont toujours sous assistance (TLTRO et QE compresseront leurs spreads encore cette année), les corporates sont eux à la croisée des chemins : début de réendettement, en particulier aux USA, difficultés à trouver de nouveaux marchés, projets peu rentables et/ou manquant parfois de transparence, chiffres d’affaires stagnants depuis trop longtemps, reprise des fusions acquisitions coûteuses pour tenter de se redynamiser, LBO à trop fort effet de levier … Nombre de facteurs qui créent un écart de plus en plus important entre corporates de qualité et corporates médiocres. 2015 verra probablement les écarts s’accentuer encore, rendant l’analyse crédit, les choix et la diversification plus importants qu’auparavant.

 

Deuxièmement, si les risques corporates ont augmenté, les risques généraux ont fait de même et on a vu courant de l’année dernière se matérialiser : baisse du prix du pétrole, accentuation de la crise russe, incertitudes politiques en Grèce, risques peu anticipés par le marché et qui les ont donc fortement impactés. Avec des rendements aussi bas, chaque mouvement et choc de marché peut provoquer des pertes importantes et si la diversification sera une des clés de la gestion du risque idiosyncratique au niveau émetteur, l’anticipation géopolitique et macroéconomique, exercice difficile s’il en est, fera probablement aussi une différence notable cette année.

 

Matthieu Bailly

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
OCTO CREDIT CONVICTIONS OCTO ASSET MANAGEMENT Matthieu BAILLY Obligations Mixtes Moyen Terme 20.09 M€ 3.59 % 2.60 %
OCTO TRESO - CREDIT OCTO ASSET MANAGEMENT Matthieu BAILLY Monétaires Euros 96.50 M€ 0.23 % 0.25 %
OCTO CREDIT COURT TERME OCTO ASSET MANAGEMENT Matthieu BAILLY Obligations Mixtes Court Terme 9.51 M€ 1.81 % 1.35 %

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