« Grein » ou « Grexit » ?

L'analyse d'Ecofi Investissement

08/07/2015 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Actions

« Grein » ou « Grexit » ?

Alors que se profile le début du resserrement de la politique monétaire aux États-Unis, l’horizon s’est un peu plus obscurci en Europe avec la crise grecque. Désormais, après la victoire du « Non » au referendum, deux issues sont possibles : un sauvetage ou un défaut, une option qui ouvre la voie à un «Grexit».  

L’amélioration des statistiques américaines a confirmé que la contraction de l’activité du premier trimestre était accidentelle (-0,2% en rythme annualisé selon le Bureau of Economic Analysis). Avant de relever ses taux directeurs, pour la première fois en neuf ans, la Réserve fédérale attend la confirmation qu’une croissance durable s’installe. Compte tenu de la dynamique actuelle, notamment au niveau de la demande interne, ces signes devraient se manifester rapidement, ce qui va faciliter le processus de normalisation monétaire de la Fed. Cette divergence dans la conduite des politiques monétaires entre la Fed et ses consœurs devrait conduire à une appréciation du taux de change effectif du dollar. L’euro, qui devrait perdre du terrain (de 1,10 à 1,05 dollar d’ici la fin de l’année), va rester pénalisé par le retour du risque pays qu’induit le spectre d’une sortie de la Grèce de la zone Euro («Grexit»).

La situation est d’autant plus inquiétante qu’Athènes a fait savoir à ses créanciers qu’elle ne pouvait plus faire face à ses engagements, une spécialité du pays selon Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff. Dans leur livre - This Time Is Different: Eight Centuries of Financial Folly - ces deux auteurs ont montré que, de son indépendance (1829) à 2008, la Grèce avait fait défaut sur sa dette plus d’une fois sur deux (50,6%).

A l’issue du referendum du 5 juillet, qui a entériné une victoire massive du « Non », tout tend à montrer qu’une restructuration de la dette grecque va prendre place. En effet, affaiblie par une récession (-25% du PIB réel depuis 2008) dont l’ampleur est équivalente à celle de la Grande Dépression américaine (1929-1933), le pays semble au bord du gouffre en dépit des sacrifices déjà consentis (baisse des salaires de 37% ; baisse des pensions de retraite de 48% ; taux de chômage à 27%...).

De plus, le pays doit faire face à une déflation des actifs, devenue indispensable par l’impossibilité de dévaluer sa monnaie, ce qui rend plus incertaines les recettes fiscales et l’atteinte des objectifs budgétaires fixés. Dans la mesure où ces problèmes structurels sont appelés à durer, indépendamment de l’appartenance ou non de la Grèce à la zone Euro, les créanciers ont le choix entre une solution de court terme (reconduction de la situation actuelle - aides contre maintien des mesures d’austérité) et une seconde solution, certes plus durable, mais plus difficile à faire adopter politiquement.

Cette dernière va passer par la mise en place de grandes réformes structurelles en Grèce - système des retraites, TVA, marché du travail, etc. - et/ou par l’annulation d’une grande partie de la dette du pays. Un scénario comme celui d’avril 2012, où les créanciers privés s’étaient délestés de 50% de leurs avoirs, pourrait même être envisagé. En plus de ces consentements, dans le cadre d’une coopération internationale, les créanciers devraient aussi aider la Grèce à imposer efficacement ses contribuables les plus riches (qui ont déplacé leurs avoirs dans d’autres pays européens) et à atteindre un solde courant positif.

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
ECOFI ENJEUX FUTURS ECOFI INVESTISSEMENTS Olivier PLAISANT Actions Monde 50.61 M€ -3.59 % -6.73 %
ECOFI ACTIONS CROISSANCE ECOFI INVESTISSEMENTS Actions Monde 10.61 M€ -4.67 % -7.90 %

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