Gestion Flexible : faisons le point.

23/10/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Actions

Gestion Flexible : faisons le point.

Depuis quelques années, la gestion flexible s’est développée pour répondre aux besoins de certains investisseurs, soucieux de disposer d’un véhicule d’investissement réactif, et susceptible de leur offrir une meilleure protection quand les conditions de marchés se dégradent.

 

Les fonds flexibles peuvent être définis comme des fonds diversifiés, dont l’allocation d’actifs peut varier fortement, selon les anticipations du gestionnaire et en fonction des conditions de marchés.

 

Ils diffèrent des traditionnels fonds balancés ou profilés, pour lesquels l’allocation est beaucoup plus stable et ne s’écarte jamais significativement de l’allocation d’actifs initialement définie dans la politique d’investissement. Dans ce sens, ces fonds-là sont souvent perçus comme des fonds relativement liés à leur(s) benchmark(s), et doivent être analysés en termes de performance relative. Aussi, après les résultats désastreux laissés par l’année 2008, de plus en plus d’investisseurs se sont désinvestis de ce type de fonds, non seulement en raison des performances (très) négatives de l’époque, mais aussi parce qu’ils ne pouvaient plus supporter l’idée – à tort ou à raison – que surperformer de quelques pourcents quand les marchés ont fait -30% apportait une quelconque satisfaction au gestionnaire !

 

Les fonds flexibles, quant à eux, visent à profiter des périodes de hausses des marchés, et à limiter les return négatifs pendant les inévitables périodes de baisses. C’est la raison pour laquelle on parle souvent de gestion asymétrique. Néanmoins, parce qu’ils conservent généralement un biais long, ils ne doivent pas être considérés comme des fonds absolute return (visant à délivrer des performances positives quelles que soient les conditions de marchés), même si leur gestion du risque s’en inspire. Ils sont en effet beaucoup plus proches des fonds total return, plus en phase avec les risques liés aux marchés.

 

Si l’objectif est clair, les méthodes utilisées pour y parvenir sont assez hétérogènes. En effet, cette catégorie de fonds regroupe en fait des stratégies très différentes. La première stratégie contient les fonds de stock picking pratiquant une gestion active de leur exposition au marché, et présentant donc un bêta flexible. Le deuxième groupe est constitué des anciens fonds balancés qui, sous le feu des critiques (voir supra), ont aménagé leur politique d’investissement pour y intégrer plus de flexibilité. De fait, les modifications ont concerné à la fois la diversité des classes d’actifs utilisables, et le degré de latitude autorisé pour chacune d’elles. La répartition entre actions et obligations a donc laissé la place à une allocation plus sophistiquée pouvant intégrer les matières premières et les devises, voire certaines stratégies alternatives. La troisième catégorie comprend les fonds de type macro, dont l’allocation entre les différentes classes d’actifs est implémentée de façon systématique ou discrétionnaire.

 

Cette diversité de stratégies produit aussi, par nature, des performances très disparates, qui semblent également de prime abord assez décevantes dans leur ensemble. Ainsi, à la lecture du tableau ci-dessous, nous pouvons constater que sur toutes les périodes analysées, et selon des sources différentes, les fonds flexibles font moins bien que ceux dont les allocations sont plus figées.


 

 

 

Bien sûr, il est très difficile de pouvoir tirer des conclusions générales sur base de catégories regroupant plusieurs centaines de fonds, qui plus est, non directement comparables en raison de la présence probable de biais de sélection. Mais néanmoins, force est de constater que, en raisonnant sur des moyennes, la gestion flexible est systématiquement moins performante sur ces périodes.

 

Les explications de cette apparente sous-performance sont nombreuses, et fonction de la stratégie utilisée : peur de s’écarter trop des benchmarks composites, manque d’anticipation ou de réactivité, coûts des couvertures, mauvais paris ou incapacité de dégager de la performance dans des marchés sans tendances.

 

Toutefois, comparaison n’est pas (toujours) raison. En effet, nous devons toujours garder en mémoire que la gestion du risque relatif n’équivaut pas à celle du risque absolu. Par là-même, la simple comparaison des performances de ces deux catégories doit être nuancée. Ainsi, une relecture dans ce sens du tableau ci-dessus nous indique que les fonds équilibrés se sont nettement moins bien comportés par rapport à un indice composite moyen – pouvant servir de benchmark – que les fonds flexibles, pour lesquels le même benchmark, en tout état de cause, n’est pas adapté.

 

De plus, s’il est clair que les fonds flexibles résistent mieux dans les marchés baissiers, ils sont souvent, par construction, moins performants dans les périodes de hausse. Globalement cependant, ils présentent une véritable avancée dans le domaine de la gestion du risque, du moins pour les meilleurs d’entre eux, ou ceux qui ont les processus les plus aboutis.

 

Bonne semaine

Philippe Debatty, CAIA.

 

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