L’Afrique du Sud, son héritage sportif et sa performance économique

19/10/2015 - Publié par Blog de Mark Mobius Franklin Templeton

L’Afrique du Sud, son héritage sportif et sa performance économique

Surnommée la « nation arc-en-ciel » après la fin de l’apartheid en 1994, l’Afrique du Sud bénéficie de nombreuses perspectives favorables. En 2010, elle s’est affirmée aux yeux des investisseurs en devenant le cinquième pays membre du groupe des BRICS aux côtés du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine.

 

Malgré une économie et une démographie différentes de celles des autres pays BRIC, l’Afrique du Sud a tout de même un point commun avec le Brésil, la Russie et la Chine : depuis plusieurs années, elle accueille des événements sportifs incontournables. Il y a cinq ans, l’Afrique du Sud a organisé la Coupe du Monde de la FIFA, et il y a 20 ans, elle a accueilli (et remporté) la Coupe du Monde de rugby. Comme les équipes sportives, les économies prometteuses ne font pas toujours la preuve de tout leur potentiel, et c’est ce que l’Afrique du Sud semble vivre depuis quelques années.

 

J’ai invité Johan Meyer, Vice-président senior et Directeur général du Templeton Emerging Markets Group au Cap, à partager son point de vue sur les défis et opportunités du marché sud-africain. Johan Meyer Vice-président senior et Directeur général Afrique du Sud Templeton Emerging Markets Group Le sport est une véritable passion nationale en Afrique du Sud, et de nombreux observateurs ont remarqué que le boycott sportif des années 70 et 80 a joué un rôle central dans la fin de l’apartheid. Pour beaucoup de Sud-africains, c’est l’apparition du nouveau Président Nelson Mandela vêtu d’un maillot de Springboks et remettant la coupe du Monde au capitaine de l’équipe nationale qui a véritablement signé la fin de l’apartheid. Nous fêtons cette année le 20ème anniversaire de cet événement majeur, et même si les perspectives de l’Afrique du Sud seront peut-être moins bonnes pendant la Coupe du Monde de cette année, on peut difficilement surestimer l’importance du sport dans ce pays.

 

L’Afrique du Sud a continué à accueillir un grand nombre d’événements sportifs de premier plan, tels que la Coupe du Monde de cricket (avec le Kenya et le Zimbabwe) en 2003 et la Coupe du Monde de la FIFA en 2010. La construction et la rénovation des équipements (stades, transports et hôtels) a créé de nombreuses opportunités d’emploi et permis à l’Afrique du Sud de développer une expertise incomparable dans l’accueil de ce type d’événement. Ainsi, le pays a montré au monde entier ses capacités d’organisation, ainsi que de nombreux autres aspects très positifs qui n’auraient pas été remarqués sans ces événements sportifs.

 

L’impact à long terme de ces derniers au niveau de l’économie se fait surtout ressentir dans le secteur du tourisme. Par exemple, Le Cap est devenu une destination de renommée mondiale qui présente de nombreux atouts : beauté des sites naturels, cuisine raffinée et même sports d’aventure. Ramener la croissance sur sa trajectoire Cette année, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique du Sud est attendue à 1,5 %, comme en 2014.[1] Même si ce chiffre est positif, nous sommes convaincus que le pays a les moyens d’enregistrer une croissance économique encore plus importante.

 

Pour cette année, l’activité économique est freinée par une crise de l’électricité : en effet, des coupures de courant ont été pratiquées pour alléger les pressions sur le réseau, ce qui a pesé sur la production (notamment industrielle). L’Afrique du Sud et les pays voisins (notamment la Namibie, autre participant de la Coupe du Monde de rugby cette année) possèdent d’importants bassins de ressources naturelles telles que de l’or, des diamants, et même de l’uranium. En Afrique du Sud, le secteur minier a représenté 8,3 % du PIB nominal en 2013 et les minéraux primaires ont compté pour 22,7 % des exportations.[2] Ce secteur est donc vital pour l’économie du pays. Toutefois, ces dernières années, l’exploitation minière a été paralysée par des problèmes de capacité liés à l’électricité et au vieillissement des infrastructures dans de nombreuses mines, ce qui a renforcé les coûts. Lorsque les prix des matières premières baissent, les entreprises cherchent précisément à maîtriser leurs coûts et à devenir plus efficientes. De plus, certaines mines deviennent tout simplement non viables économiquement dans les environnements de baisse des prix : par conséquent, des pressions s’exercent aussi malheureusement sur l’emploi. Il est clair que le niveau toujours élevé du chômage (environ 25 %) est à nos yeux le plus gros problème de l’Afrique du Sud, et c’est un obstacle majeur à l’amélioration de la qualité de vie de la population. Parallèlement, la base des recettes fiscales est restreinte par la diminution de l’impôt sur les sociétés, et par conséquent les différents programmes publics d’aide (enfance, personnages âgées, etc.) sont de plus en plus financés par l’impôt sur le revenu et la TVA. Compte tenu du ralentissement des prix des matières premières, beaucoup d’entreprises de ce secteur subissent d’importantes pressions pour réduire leurs coûts et contribuent ainsi à la dégradation des niveaux d’emploi. 

 

Selon moi, il faut absolument que les pouvoirs publics, les syndicats et les employeurs travaillent ensemble pour élaborer un environnement de travail plus flexible qui soit moins centré sur la hausse des salaires en début de carrière et plus sur l’amélioration globale des niveaux d’emploi. Je pense que les dirigeants sud-africains doivent tenir compte des critiques constructives et reconnaître leurs erreurs pour les rectifier ensuite. Un exemple est la réglementation des visas qui vient d’entrer en vigueur : les visiteurs en provenance d’importants marchés touristiques comme la Chine doivent désormais faire une demande de visa en personne pour enregistrer leurs données biométriques, ce qui rend le processus long et cher, en particulier si les personnes sont loin des centres de traitement.

 

D’autre part, les familles qui voyagent avec leurs enfants doivent présenter la version intégrale des actes de naissance en plus des passeports des enfants ; cette loi a été votée cette année pour empêcher le trafic d’enfants sur le continent africain, mais elle complique encore le processus et la bureaucratie pour les touristes. Et alors que la dépréciation du rand devrait renforcer l’attractivité de l’Afrique du Sud pour les touristes internationaux, le nombre de visiteurs...

 

Mes Aventures dans les Pays Emergents - Articles de Mark Mobius
Mark Mobius, Ph.D., executive chairman of Templeton Emerging Markets Group, joined Templeton in 1987. Currently, he directs the Templeton research team based in 15 global emerging markets offices and manages emerging markets portfolios. As he spans the globe in search of investment opportunities, his “Investment Adventures in Emerging Markets” blog gives readers a taste for what he does, when, where, why and how. Dr. Mobius has written several books, including “Trading with China,” “The Investor’s Guide to Emerging Markets,” “Mobius on Emerging Markets,” “Passport to Profits,” “Equities—An Introduction to the Core Concepts,” “Mutual Funds—An Introduction to the Core Concepts,” ”The Little Book of Emerging Markets,” and “Mark Mobius: An Illustrated Biography."