Europe : retour à la normale

04/08/2015 - Publié par Blog Beyond Bull and Bears Franklin Templeton

Europe : retour à la normale
 

Après d’âpres négociations, la probabilité d’une sortie de la Grèce de la zone euro (ou Grexit) a nettement diminué. Les autorités grecques ont accepté à contre cœur un nouveau plan d’austérité et l’Allemagne a autorisé le Mécanisme de stabilité européen à négocier un 3ème plan de sauvetage. Bien que la Grèce soit loin d’en avoir fini avec ses difficultés, Philippe Brugère-Trelat, vice-président exécutif et gérant de portefeuille pour Franklin Mutual Series, estime qu’il est important de garder à l’esprit le fait que, dans la majeure partie de l’Europe, l’économie est en phase de reprise, et non d’effondrement. Dans ce contexte, il parvient de nouveau à identifier des titres sous-évalués pour ses portefeuilles investis dans la région.

 

Philippe Brugère-Trélat

Philippe Brugère-Trélat

Vice-président exécutif

Gérant de portefeuille

Franklin Mutual Series

 

Il ne faut pas perdre de vue que le rôle de la Grèce dans l’économie européenne est très faible, quasiment négligeable. Avant que ne débute la crise de la dette souveraine européenne en 2010, l’économie grecque ne représentait qu’environ 2 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro ; après la récession déclenchée par la crise de la dette souveraine, son poids a encore diminué. Selon moi, la Grèce pourrait être vue comme une « erreur d’arrondi » sur le plan du commerce, des exportations et de sa contribution au PIB européen, voire mondial.

 

D’un point de vue financier, l’impact est également très limitée car la quasi-intégralité, voire la totalité, de la dette grecque est détenue par des entités publiques et gouvernementales : le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne (BCE). A mon avis, ce qui a ébranlé les marchés du monde entier n’avait rien à voir avec l’économie ou le système financier grecs, mais plutôt avec la perspective d’une sortie du pays de la zone euro, laquelle aurait complètement remis en cause le caractère irréversible de l’Eurosystème. La principale conséquence positive du plan de sauvetage négocié avec la Grèce, même si personne en Grèce ou dans la zone euro ne semble l’apprécier, c’est le fait que le pays reste pour l’instant membre de la zone euro, dont la construction a ainsi été sauvegardée. Une sortie de la Grèce aurait soulevé des questions sur la survie de l’euro et entraîné un élargissement des spreads de crédit des pays de la périphérie, du moins en Italie, au Portugal et en Espagne. Un tel événement aurait également déclenché une augmentation de la prime de risque des actions exigée par les investisseurs intervenant sur les marchés boursiers européens.

 

Le vote du Parlement grec la semaine dernière a ouvert la voie à un financement relais permettant de soutenir la Grèce, alors que des négociations ont lieu en vue de mettre en place un plan de sauvetage plus permanent. Je m’interroge sur l’avenir politique du premier ministre grec Alexis Tsipras. Il a selon moi complètement détruit la confiance qui existait entre la Grèce et le reste de la zone euro. Il a dû s’appuyer sur le soutien des partis d’opposition pour faire voter l’accord sur les mesures d’austérité, ce qui incite à se demander s’il est bien la bonne personne pour exécuter les réformes contre lesquelles il s’est battu.

Des marchés européens relativement calmes malgré la tempête grecque

Les marchés européens du crédit et des actions ont été relativement stables pendant la crise grecque. Selon moi, cette stabilité est due essentiellement aux statistiques économiques positives en zone euro. Maintenant que le spectre d’un Grexit a quasiment disparu, il me semble que d’autres améliorations pourraient se produire. La combinaison de quatre facteurs devrait selon moi alimenter l’économie de la zone euro :

  • La faiblesse de l’euro, qui soutient les exportations de biens et de services produits en Europe
  • Le bas niveau des prix du pétrole, qui a fait baisser les prix des intrants de nombreuses entreprises européennes
  • Les injections massives et ininterrompues de liquidités par le programme d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE)
  • Une reprise anticipée des crédits bancaires

La crise de la dette en Europe avait été causée et amplifiée par une pénurie de crédits, en particulier aux entreprises des pays périphériques. Au cours des six derniers mois, la situation s’est inversée. Les conditions des prêts ont été assouplies et les coûts d’emprunt ont diminué. Enfin, nous avons observé une augmentation de l’offre de prêts, ainsi qu’une hausse équivalente de la demande de prêts de la part des entreprises dans une optique de formation brute de capital fixe. Ces évolutions sont selon moi très positives et elles se reflètent d’ailleurs dans les révisions à la hausse des résultats des entreprises, une première depuis de nombreuses années.

L’Europe recèle-t-elle encore des poches de valeur ?

Plusieurs indicateurs de valorisation montrent que les actions européennes ne sont plus aussi bon marché ; elles se négocient en moyenne sur la base d’environ 17 fois les bénéfices, ce qui ne constitue pas non plus une sous-évaluation marquée.[1] Le principal argument des actions européennes est leur potentiel, ou du moins l’espoir, d’une augmentation des résultats des entreprises que pourrait entraîner une embellie de la conjoncture économique. En tant qu’investisseurs value, nous pensons qu’il est toujours plus efficace de se positionner à l’achat lorsque les tendances commencent à peine à s’inverser. Il serait également judicieux de se protéger contre une baisse potentielle de l’euro, en particulier face à la hausse probable des taux d’intérêt américains et compte tenu de la poursuite du QE de la BCE, voire de sa future intensification. Je n’identifie donc pas de dynamique positive favorable à l’euro.

 

Sur le plan sectoriel, nous apprécions l’industrie au sens large, et notamment les fournisseurs d’équipements automobiles, la distribution et tous les segments qui constituent l’épine dorsale de l’économie européenne. Nous aimons aussi les télécommunications car l’environnement réglementaire devient plus favorable ; on constate un mouvement de consolidation au sein des pays et dans le cadre d’opérations transfrontalières, qui pourrait être favorable à de nombreuses valeurs. Nous privilégions aussi les banques européennes car elles feront partie des grandes bénéficiaires de la reprise des prêts aux entreprises que nous anticipons. Les résultats des banques sont surtout alimentés par leur activité de prêt et les établissements européens affichent toujours des valorisations que nous jugeons attractives.

 

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. La valeur des titres peut ne pas évoluer comme prévu et peut même diminuer. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. 

[1] Source : Indice MSCI Europe, au 30 juin 2015. Les indices ne font l’objet d’aucune gestion et il n’est pas possible d’y investir directement. Cf. www.franklintempletondatasources.com pour obtenir des données supplémentaires sur les fournisseur de données. Le ratio cours/bénéfices (PER) correspond au rapport entre le prix de marché de l’action d’une entreprise divisé par son bénéfice par action (BPA).

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