Le feuilleton européen n’a pas fait dérailler la croissance américaine

31/07/2015 - Publié par Blog Beyond Bull and Bears Franklin Templeton

Le feuilleton européen n’a pas fait dérailler la croissance américaine

Malgré les récentes incertitudes entourant la Grèce, nous restons relativement confiants quant aux perspectives globales de l’économie européenne et nous avons identifié des opportunités dans plusieurs segments du marché. Nous sommes positionnés sur les actions européennes dans des secteurs comme la santé et l’énergie, et nous pensons que la volatilité actuelle des marchés européens permet de tirer parti de l’écart de valeur entre les entreprises européennes et américaines. Nous avons en fait initié bon nombre de nos positions sur des valeurs étrangères au cours de telles perturbations sur les marchés. Cela étant dit, nous n’adoptons pas une approche top-down pour nos allocations géographiques. Plutôt que de privilégier une entreprise en fonction de sa situation géographique, nous nous intéressons à sa valorisation sous-jacente, à ses opportunités de rendement potentielles et à sa capacité à tirer parti des turbulences ou des écarts de valorisation sur les marchés.

L’économie américaine suit son chemin

Concernant l’économie américaine, nous pensons que les obstacles à la croissance se sont dissipés et que le manque de vigueur actuel de l’expansion américaine pourrait être compensé par une évolution vers une croissance plus durable ou pérenne. Les conditions semblent réunies pour que cette expansion se poursuive grâce au coup de pouce apporté par plusieurs facteurs importants.

Nous avons tout d’abord observé un recul important du chômage aux États-Unis ces dernières années. Ce qui me semble particulièrement positif avec cette dynamique, c’est l’accélération de la tendance baissière du chômage. La création mensuelle d’emplois aux États-Unis gagne du terrain : elle a en fait été supérieure au cours des 6 à 12 derniers mois à ce qu’elle avait été pendant les 6 à 12 mois précédents. Nous avons aussi commencé à observer des améliorations au niveau des salaires américains, ce qui devrait bénéficier à l’activité et à la croissance économiques à terme.

Ensuite, les États-Unis connaissent toujours une inflation obstinément basse, ce qui nous semble très positif pour l’économie. Nous pensons que la Fed cherchera à réduire les éventuelles pressions inflationnistes à l’avenir, à savoir lorsqu’elle se lancera dans la normalisation de sa politique de taux d’intérêt et qu’elle les relèvera.

Enfin, les entreprises ont eu recours à diverses techniques pour augmenter leurs flux de trésorerie. Les taux d’intérêt actuels, historiquement faibles, ont permis aux entreprises de réduire fortement leurs coûts d’emprunt. Par ailleurs, nous pensons que les entreprises qui ont émis de la dette à long terme à des taux très bas pourraient finir par considérer ces obligations comme les « joyaux » de leur structure du capital. Dans ces conditions, nous estimons que les émissions obligataires devraient rester sur le marché jusqu’à échéance, ce qui pourrait permettre aux entreprises de dégager de la trésorerie pendant une période prolongée. De nombreuses entreprises se dégagent aussi avec succès une « marge de manœuvre », c’est-à-dire qu’elles ont planifié leurs instruments de dette de façon à ce que plusieurs années s’écoulent avant l’arrivée à échéance d’engagements importants.

Quête de rendements

Un environnement de rendements faibles devrait selon nous dominer les marchés obligataires pendant le reste de l’année 2015 et notre stratégie obligataire consiste toujours essentiellement à nous positionner de manière constructive pour faire face à nos anticipations de relèvement des taux aux États-Unis. Pour faire face aux risques obligataires, des talents d’équilibriste seront sûrement nécessaires.

Nous pensons que le secteur du haut rendement présente toujours des opportunités compte tenu de la faiblesse des rendements dans les autres segments du marché obligataire. Même si les défauts de remboursement de dette ont augmenté depuis le début de l’année 2015 (en particulier parmi certaines compagnies pétrolières), nous n’anticipons pas de dégradation marquée du taux de défaillance global. Une hausse des taux d’intérêt à long terme, parallèlement à l’amélioration des conditions économiques et des fondamentaux des entreprises, pourrait en fait être favorable à de nombreux émetteurs du haut rendement.

Le haut rendement américain a parfois connu des sorties massives de capitaux depuis le début de l’année 2015, mais les investisseurs bien établis et bien capitalisés affichent un regain d’intérêt pour cette classe d’actifs. Historiquement, nous avons observé de brèves périodes de performance défavorable lors de tournants en matière de politique monétaire, qui constituent un risque pour notre perspective. Nous identifions une opportunité potentiellement plus importante parmi les obligations convertibles dotées d’un profil actions. L’intérêt porté par les entreprises à l’émission de titres convertibles semble s’être accru dernièrement, tendance que nous surveillons de près et qui devrait selon nous offrir de nouvelles opportunités d’investissement dans le courant de l’année.

Augmentation des dividendes

Au sein de nos portefeuilles hybrides, nous restons assez optimistes quant aux actions et nous les préférons actuellement à d’autres classes d’actifs. Nous identifions un potentiel haussier pour le marché actions américain, alors que se profile le premier anniversaire de l’apparition des difficultés qui ont pénalisé les entreprises ces derniers mois, notamment le raffermissement du dollar américain. La vigueur de la devise devrait selon nous moins pénaliser la croissance des revenus à terme. À l’avenir, nous pensons que des divergences importantes en termes de performance vont apparaître entre les secteurs, car des dynamiques telles qu’un raffermissement du dollar peuvent avoir divers impacts sur les segments et les entreprises sous-jacents.

L’amélioration des perspectives de rendement du dividende d’entreprises et de segments américains divers et variés a aussi permis d’attirer notre attention sur des opportunités du marché actions. De nombreuses entreprises s’étant désendetté et ayant assaini leur bilan ces dernières années, elles ont accumulé davantage de trésorerie. Et de plus en plus d’entreprises ont employé ces liquidités excédentaires à l’augmentation ou à la création de dividendes.

Cela a généré dans le secteur des actions américaines des opportunités de rendements supérieures à celles des entreprises qui versaient historiquement des dividendes solides : services des télécommunications, services aux collectivités et énergie. D’une manière générale, nous observons davantage d’entreprises s’engageant à verser des dividendes et à les augmenter, surtout dans des secteurs historiquement non traditionnels comme les technologies de l’information et la santé.

Ces derniers mois, les investisseurs ont toutefois délaissé certains segments du marché aux rendements élevés, selon nous parce qu’ils anticipent un relèvement des taux d’intérêt à terme. Ainsi, au sein du S&P 500, le secteur des services aux collectivités, sensible aux taux d’intérêt, a sous-performé l’ensemble de l’indice pendant les deux premiers trimestres 2015. Certaines valeurs des services aux collectivités pourraient toutefois avoir été survendues ce printemps, ouvrant ainsi un spectre d’opportunités composé de plus en plus par des entreprises qui réduisent leurs structures de coûts ou qui se concentrent sur des secteurs à la croissance forte. Certaines entreprises ont aussi fait évoluer leur business models en délaissant l’aspect réglementé des services aux collectivités et en se concentrant plutôt sur des alternatives énergétiques éoliennes ou solaires par exemple, ou sur des infrastructures énergétiques, besoin selon nous pressant dans de nombreuses régions des États-Unis.

S’adapter à la baisse des prix de l’énergie

Les performances des actions du secteur de l’énergie ont aussi été mises à mal au premier semestre. Malgré leurs récentes difficultés, de nombreuses compagnies énergétiques nous semblent en bonne voie pour une embellie à terme et nous nous sommes positionnés au cas par cas sur des opportunités intéressantes. Comme les prix du pétrole ont reculé de juin 2014 à début 2015, de nombreux investisseurs se sont concentrés sur le niveau que les prix des matières premières devraient atteindre pour que le secteur reste rentable. Selon nous, de nombreuses compagnies pétrolières peuvent s’adapter et apprendre à être rentables dans diverses conditions tarifaires, et nous estimons que de nombreuses entreprises procèdent actuellement à ces ajustements.

Il est intéressant de noter que nous avons observé une décorrélation entre les actions énergétiques à la performance médiocre et les obligations à haut rendement de ces mêmes entreprises au deuxième trimestre 2015. Cette situation nous a permis de renforcer notre position sur les actions de l’énergie. Plusieurs entreprises du secteur offrent des rendements du dividende plus élevés que les rendements offerts par des obligations d’entreprise comparables. Si l’on ajoute à cela le potentiel haussier lié à une embellie des prix des matières premières d’ici un ou deux ans, ces investissements pourraient selon nous bénéficier à nos actionnaires sur le long terme. Soulignons que, pour identifier des opportunités pour nos compartiments, nous nous appuyons sur notre vaste équipe d’analystes actions et crédit afin de vraiment différencier et évaluer les entreprises entre elles, en prenant en compte la qualité de leurs actifs, le positionnement de leur activité globale, le type de flux de trésorerie qu’elles peuvent générer et enfin leur capacité à rembourser leurs créanciers ou à maintenir leurs dividendes.

Sur le plan thématique, l’activité de fusions et d’acquisitions a jusqu’à présent été soutenue cette année. Cette tendance devrait selon nous se poursuivre et rester un thème prédominant dans un environnement très concurrentiel, où la croissance est incertaine. Nous tentons d’identifier des associations stratégiques intéressantes compte tenu de l’environnement de financement très favorable dans lequel nous évoluons cette année. L’activité de fusions et acquisitions s’est notamment accélérée dans les secteurs des technologies de l’information, de la santé et de l’énergie.

Quel que soit le secteur dans lequel nous investissons, nous sommes convaincus des avantages présentés par l’adoption d’une perspective à long terme et par la recherche d’opportunités là où les prix du marché semblent avoir dévié de nos estimations de revenus potentiels et d’appréciation du capital.

Pour en savoir plus sur Ed Perks et son approche de l’investissement, consultez son blog « Rencontre avec le gérant ».

 

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