Les bénéfices européens vont-ils faire leur grand retour ?

15/07/2015 - Publié par Blog Beyond Bull and Bears Franklin Templeton

Les bénéfices européens vont-ils faire leur grand retour ?

Qu’il s’agisse de la croissance anémique ou du dilemme de la dette grecque, les difficultés économiques de l’Europe font les gros titres depuis plusieurs mois. Peu de couverture médiatique, en revanche, pour un problème plus gênant pour les investisseurs : les bénéfices décevants publiés par les entreprises européennes.

Uwe Zoellner, Responsable des actions paneuropéennes et gérant de portefeuille chez Franklin Local Asset Management à Francfort, estime cependant que les récentes initiatives de certains pays et de la Banque centrale européenne peuvent avoir préparé le terrain pour un rebond des bénéfices des entreprises européennes. Lors de la Conférence d’investisseurs 2015 de Franklin Templeton à Londres en début de mois, il a abordé la question délicate des bénéfices en Europe et fait un point concis sur les marchés.

La croissance européenne est décevante aux yeux des observateurs de marchés, mais les problèmes de rentabilité des entreprises de la région créent peut-être encore plus de frustration pour les investisseurs. À cause de la faiblesse des résultats, les capitaux placés dans les entreprises européennes bénéficient d’un retour sur investissement bien moindre, surtout par rapport aux placements réalisés dans des entreprises américaines.

Cela fait presque quatre ans que les bénéfices des entreprises européennes sont progressivement revus à la baisse. Une tendance qui s’est achevée à la fin de l’année dernière : après 45 mois, les entreprises européennes ont constaté une très légère hausse des prévisions de bénéfices. Les observateurs de marché se sont réjouis de cette modeste progression, même si beaucoup craignaient que cela ne dure pas. Je n’en fais pas partie ; je pense que les conditions sont réunies pour soutenir les économies et les entreprises européennes, et stimuler un redressement des bénéfices des entreprises. De plus, les entreprises n’ont selon moi pas besoin d’un taux de croissance économique exceptionnel pour observer un rebond des bénéfices. Les entreprises européennes ayant survécu à des années d’austérité et de réduction des coûts, toute hausse marquée de leurs revenus peut se transmettre aux bénéfices.

Même avec une légère embellie de l’économie (croissance de 1,5 %-2 %), les entreprises pourraient éventuellement enregistrer une croissance bénéficiaire à deux chiffres. Je pense que les modestes révisions à la hausse des bénéfices de l’année dernière ne sont que le début d’une tendance qui devait s’amplifier l’année prochaine.

Emploi, prêts et baisse de l’euro

La tendance positive des bénéfices des entreprises devrait selon moi se poursuivre en raison de plusieurs facteurs macroéconomiques favorables, notamment des réformes du marché du travail, la baisse des coûts d’emprunt et surtout la dépréciation de l’euro.

De nombreux pays déploient des efforts considérables pour améliorer l’efficacité de leur marché du travail. L’Espagne a par exemple fortement réduit le coût du travail, ce qui a permis d’accroître le taux de croissance du pays. Nous espérons que ce succès espagnol montrera à la France et à l’Italie que ce type de réformes peut porter ses fruits. Cela étant dit, nous saluons cette année la promulgation par le gouvernement italien de la loi sur l’emploi, qui facilitera le cas échéant la rationalisation des entreprises. Les réformes ne porteront cependant pas leurs fruits du jour au lendemain. L’Europe n’est pas une région qui évolue rapidement ; tout changement important prendra du temps.

D’autre part, le programme d’opérations ciblées de refinancement à long terme (« TLTRO »), conçu pour stimuler les prêts bancaires, s’est diffusé relativement rapidement aux entreprises de la zone euro. Lancé par la Banque centrale européenne (BCE) l’année dernière, le programme permet aux banques d’emprunter auprès de la BCE pendant quatre ans moyennant un taux d’intérêt extrêmement faible à des fins de prêts. Si les taux d’emprunts sont relativement bas depuis des années dans des pays comme l’Allemagne, le crédit n’était en revanche pas facilement disponible (ou relativement onéreux) dans les pays de la périphérie sud de la zone euro. Depuis quelque temps, la difficulté d’accès au crédit est un obstacle à la croissance. Même si, comme le craignent certains détracteurs, le programme TLTRO n’est pas un succès retentissant, je pense que la zone euro devrait au moins en tirer des bénéfices.

Je suis toutefois plus optimiste quant à l’impact positif de la dépréciation de l’euro face au dollar américain. Certains pourraient considérer l’Allemagne comme le principal bénéficiaire de l’affaiblissement de la devise, mais je pense que cela profite à tous les pays exportateurs de la zone euro, y compris l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. De plus, si les entreprises exportatrices de la région utilisent une partie de leur revenu supplémentaire pour leurs dépenses d’investissement, il pourrait y avoir un effet multiplicateur sur la consommation, puisque la hausse de leurs dépenses bénéficiera aux économies locales.

Point sur les actions

Les bénéfices ne se sont peut-être pas autant redressés que nous l’espérions, mais les marchés européens ont cette année profité d’une tendance globalement haussière jusqu’à fin avril, touchant globalement tous les secteurs. Cet environnement s’est accompagné de quelques défis pour les gérants de portefeuille actifs (comme nous), car de nombreux investisseurs ont préféré se positionner sur quelques thèmes macroéconomiques ou sur l’ensemble du marché. Ces deux derniers mois toutefois, alors que la volatilité a progressé sur le marché, des différences sont apparues entre les secteurs.

À l’échelle géographique, nous avons identifié des opportunités intéressantes dans les pays de la périphérie sud de la zone euro, surtout en Espagne et en Italie. Nous avons toutefois peiné à trouver des valorisations intéressantes en Allemagne. Au début de l’année, nous avons identifié des opportunités au Royaume-Uni, le marché ayant selon nous réagi de manière excessive aux incertitudes entourant les élections législatives de mai.

Concernant les capitalisations boursières, nous identifions généralement un choix plus vaste parmi les moyennes capitalisations. Nous avons toutefois récemment remarqué que de nombreuses petites capitalisations avaient été négligées lors de la vague massive d’investissements en dollar qui a balayé l’Europe en début d’année. En conséquence, nous avons identifié davantage d’opportunités parmi les petites valeurs. Nous sommes très sélectifs concernant ces dernières, car il n’est pas inhabituel de constater de fortes fluctuations des prix sur ce segment du marché.

À terme, je pense que les marchés actions d’Europe pourraient enregistrer une croissance historique à deux chiffres dans les douze prochains mois en raison de l’embellie continue des économies de la région. Elles pourraient toutefois faire face à des turbulences, surtout cet été, avec la poursuite entre autres du feuilleton grec.

 

 Quels sont les risques ?

 Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les prix des valeurs de croissance reflètent les prévisions de bénéfices ou de revenus, et peuvent donc chuter brutalement si les entreprises publient des résultats inférieurs. Les entreprises plus petites, moyennes, relativement nouvelles ou qui n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière peuvent être particulièrement sensibles aux fluctuations des conditions économiques et leurs perspectives de croissance sont moins sûres que celles des sociétés de plus grande envergure et mieux établies. Leurs cours de Bourse ont tendance à se montrer plus volatils que ceux d’entreprises de plus grande taille, en particulier sur le court terme. Un portefeuille exposé en particulier à certains pays, régions, secteurs ou types de placements peut être sujet à un risque d’événements défavorables plus élevé que s’il investit de façon plus diversifiée. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique.

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