Contagion dans la zone euro Recrudescence des craintes alors que la crise grecque entre dans une phase critique

06/07/2015 - Publié par Blog Beyond Bull and Bears Franklin Templeton

Contagion dans la zone euro Recrudescence des craintes alors que la crise grecque entre dans une phase critique
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Quel que soit le résultat du référendum de dimanche (5 juillet), il faut s’attendre à davantage d’incertitude et probablement à des difficultés pour la population grecque. Jusqu’à présent, d’après David Zahn, Responsable Taux en Europe au sein du Franklin Templeton Fixed Income Group, les retombées économiques de la crise semblent en grande partie contenues à l’intérieur du pays et la possibilité d’une contagion à long terme aux autres économies de la zone euro paraît faible. Dans cet article, il expose le dilemme des électeurs grecs et explique pourquoi il pense que (sans parler de la crise actuelle) les fondamentaux de la zone euro restent favorables.

David Zahn, CFA, FRM
Responsable Taux en Europe
Vice-président senior
Franklin Templeton Fixed Income Group

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L’annonce faite ce weekend par le gouvernement de gauche dirigé par Syriza a créé la surprise : un référendum permettant à la population de s’exprimer sur les propositions faites par les créanciers du pays a mis fin aux négociations entre la Grèce et les représentants de ses créanciers, la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

À nos yeux, l’approche du gouvernement grec a rajouté une certaine animosité, qui n’était probablement pas nécessaire. Mais le plus important, selon nous, est que le scrutin de dimanche a peu de chances de résoudre le problème une fois pour toutes.

La première réaction des marchés à cette annonce surprise nous a parue plutôt contenue ; ils sont restés relativement calmes. Nous n’avons pas observé de grands mouvements de panique jusqu’à présent, ce qui, je pense, est un signal positif, mais je ne serais pas surpris si certains actifs risqués sous-performaient jusqu’à ce que les fondamentaux reprennent leur place.

La plupart des commentateurs semblent avoir l’impression que la probabilité d’un « Grexit » (une sortie de la Grèce hors de la zone euro) s’est accrue, surtout depuis qu’elle n’a pas honoré le remboursement des 1,6 milliard d’euros qu’elle devait verser au FMI le mardi 30 juin. Je pense néanmoins toujours que c’est la population grecque qui aura le dernier mot.

Les négociateurs européens ont apparemment été clairs à ce sujet : si la population grecque vote « non » lors du référendum (autrement dit si elle rejette les propositions des créanciers), ils voteront en faveur d’une sortie de la zone euro.

En revanche, à certains égards, une victoire du « oui » paraît plus problématique. Un vote en faveur des propositions des créanciers indiquerait que le peuple grec souhaite une forme d’accord, mais celui pour lequel il vote n’existe plus : le programme sur lequel a été basé l’accord a expiré cette semaine, après l’annonce du référendum.

Par conséquent, les autorités grecques devront le renégocier. La grande question est : qui mènerait ces négociations ?

Le Premier ministre actuel Alexis Tsipras consacre une grande partie de son capital politique à tenter de convaincre la population de voter « non ». En effet, une victoire du « oui » serait probablement considérée comme un rejet de sa campagne et pourrait entraîner sa démission.

Dans cette éventualité, il faudrait envisager la formation d’un gouvernement technocrate ou une nouvelle forme de coalition pour démarrer de nouvelles négociations. Par la suite, il faudrait organiser de nouvelles élections.

Donc, alors que plusieurs commentateurs attendent de connaître les résultats du référendum pour obtenir des réponses, l’issue du scrutin devrait en réalité soulever davantage de questions.

Même si la Grèce devait quitter la zone euro, son économie représente seulement un faible pourcentage du produit intérieur brut de l’union monétaire (moins de 2 %)[1] et beaucoup de protections ont été mises en place en Europe pour tenter de limiter la contagion à d’autres pays membres.

La BCE a aussi, selon nous, joué un rôle décisif et continue à suivre l’impact de la situation actuelle sur le mécanisme de transmission monétaire.

Selon l’évolution de la situation, la BCE a plusieurs outils à sa disposition en cas d’événements inattendus ou fâcheux, afin d’aider la zone euro à fonctionner normalement et comme elle l’entend, et pour maintenir sa politique monétaire accommodante.

La banque pourrait potentiellement avancer une partie des futurs achats d’actifs prévus dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) ; en d’autres termes, le montant de ses achats resterait inchangé mais elle les effectuerait maintenant et non plus sur une longue période. La BCE pourrait accroître son QE ou intensifier le calendrier de son programme d’achat d’obligations OMT (Outright Monetary Transactions).

Parallèlement, nous reconnaissons qu’avec la volatilité à court terme liée à l’incertitude entourant la Grèce, la situation génère des opportunités pour les investisseurs. Les marchés pourraient offrir des opportunités qu’il faut identifier, les obligations d’entreprise ayant reculé du fait du sentiment négatif généralisé.

Plus important encore, il ne faut pas oublier que nous privilégions une stratégie d’investissement à long terme. En Europe, les fondamentaux n’ont globalement pas changé et restent positifs à nos yeux. De plus, les réformes structurelles entreprises dans les économies périphériques de la zone euro, telles que l’Espagne et l’Italie, nous semblent encourageantes. La banque centrale a aussi démontré sa volonté de résoudre les problèmes. Nous pensons que, quoi qu’il arrive, des opportunités devraient continuer à apparaître en Europe à long terme.

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[1] Source : Banque mondiale, 2013.

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