Hausse des taux et importance de la sélection des valeurs à l'échelle mondiale

26/06/2015 - Publié par Blog Beyond Bull and Bears Franklin Templeton

Hausse des taux et importance de la sélection des valeurs à l'échelle mondiale

Au lendemain de la crise financière mondiale de 2007/2009, la gestion passive d’actions s’est développée fortement, présentée même comme l’approche préférée de nombreux investisseurs. Toutefois, alors que le marché boursier américain franchit de nouveaux sommets au gré d’une période haussière prolongée et que la Réserve fédérale semble décidée à relever ses taux d’intérêt avant la fin de l’année, John Remmert et Donald Huber du Franklin Equity Group estiment que la gestion active est en pleine renaissance et qu’une sélection judicieuse des valeurs est plus importante que jamais.

 

John Remmert

Donald Huber

John Remmert, CFA

Vice-président senior,

Gérant de portefeuille

Franklin Equity Group

 

Donald Huber

Vice-président senior,

Gérant de portefeuille

Franklin Equity Group

 

La gestion passive en actions est en vogue depuis la crise financière mondiale. Les vagues de liquidités créées par les banques centrales ont en partie alimenté les marchés des fonds indiciels cotés (« ETF ») et autres instruments de gestion passive. Même si cette tendance apparaît inexorable, l’abandon des stratégies actives en actions mondiales nous paraît une erreur, particulièrement lorsque les taux d’intérêt auront commencé à se normaliser.

Il est vrai que les dernières années se sont avérées délicates pour de nombreux gérants d’actions mondiales adeptes de la gestion active. Nous ne faisons pas exception. La plupart des gérants aux États-Unis et ailleurs ont été distancés par les indices. Selon une étude de la firme de conseil Towers Watson, en 2014, seulement 35 % des fonds d’actions américaines et 40 % des fonds d’actions mondiales ont surclassé leur indice de référence.[1] Les taux d’intérêt exceptionnellement faibles et les politiques d’assouplissement monétaire menées aux États-Unis, au Japon et dans la zone euro en sont, au moins en partie, la cause. Les liquidités créées par la Réserve fédérale se sont frayé un chemin sur les marchés boursiers, particulièrement au sein d’ETF et de stratégies passives, gonflant au passage les cours de bourse mondiaux. Lorsque l’Europe et le Japon ont annoncé à leur tour des mesures de relance monétaire, les investisseurs se sont rués sur les marchés régionaux d’ETF correspondants. Selon Morningstar, près de 16 milliards $ US ont été investis en fonds indiciels cotés au Japon lorsque le plan d’assouplissement quantititafi a été lancé, au deuxième trimestre 2013, et une somme deux fois supérieure a été transférée sur ce marché en Europe lors du lancement du programme de la BCE, au premier trimestre 2015.[2] Les ETF d’actions japonaises ont fait l’objet d’une attention toute particulière. Non seulement la Banque du Japon (BdJ) a acheté des obligations pour soutenir l’activité économique et relancer inflation, mais elle a également acquis des fonds indiciels côtés compte tenu de la rareté des obligations disponibles.


D’une certaine façon, il nous semble que cet engouement pour la gestion passive via des ETF est à rapprocher des débuts de l’investissement dans les marchés émergents, à la fin des années 80 et au début des années 90. À l’époque, la plupart des pays émergents n’apparaissaient pas comme des destinations fondamentalement attrayantes, mais on misait sur les flux constants de « primo-investisseurs », attirés par la nouveauté. Le marché des ETF nous semble évoluer de façon très similaire. Il s’agit effectivement de produits relativement nouveaux et tant que les banques centrales continueront à générer des liquidités qui tireront les indices boursiers à la hausse, ceux-ci resteront populaires.

Attention à la chute… Il nous semble que les stratégies actives d’investissement en actions mondiales retrouveront leur attrait lorsque les taux d’intérêt se normaliseront. Une fois que les efforts des différentes banques centrales porteront leurs fruits et que l’économie mondiale accélérera, les politiques monétaires conventionnelles devraient peu à peu se dissiper. En conséquence, les marchés boursiers devraient refléter à nouveau des comportements que nous estimons plus rationnels, notamment basés sur les fondamentaux.

Les valorisations des actions mondiales, particulièrement aux États-Unis, nous paraissent très élevées (sur la base des ratios cours/bénéfices). Sur le plan sectoriel, les actions des secteurs de la santé et de la consommation discrétionnaire paraissent très onéreuses. Dans ces conditions, les marchés pourraient trébucher lorsque les taux se normaliseront. Les récentes variations des marchés obligataires mondiaux et la chute des cours boursiers qui a suivi pourraient en être l’illustration. À mesure que les indices mondiaux s’ajustent à des taux plus élevés, nous estimons que les spécialistes de la sélection de valeurs devraient pouvoir dénicher des opportunités d’investissement attrayantes en dehors des (très) grandes capitalisations, lesquelles constituent l’essentiel des grands indices boursiers.

Une redistribution des cartes parmi les marchés boursiers des différentes régions ferait également nos affaires. La domination des bourses américaines ces dernières années ont compliqué la tâche des gérants mondiaux, ceux-ci ayant habituellement tendance à sous pondérer les États-Unis au sein de leurs portefeuilles. Là encore, nous n’avons pas fait exception. Le taux de change ont également eu une incidence plus significative que d’habitude sur les performances boursières. Ils comptent généralement pour une part réelle des rendements obligataires, mais les fluctuations de devises dues aux assouplissements monétaires ont augmenté leur contribution aux performances nettes à cause de l’appréciation du dollar par rapport au yen et à l’euro. Ainsi, un portefeuille mondial libellé en dollar australien peut afficher des performances absolues supérieures à celles d’un portefeuille identique libellé en dollar américain. Si l’importance du marché boursier américain dans les performances des marchés mondiaux diminue, l’impact des pondérations régionales dans les performances globales sera plus faible et la sélection individuelle des actions deviendra cruciale.

À l’approche d’un nouveau cycle, nous estimons qu’un portefeuille bien diversifié de titres de sociétés soigneusement sélectionnées pour la croissance de leurs bénéfices, la qualité de leur flux de trésorerie libre et la pérennité de leur modèle économique s’avérera payant à long terme. [3] Enterrer la gestion active est probablement prématuré. CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées de CFA Institute.

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[1] Source : Towers Watson, « Tough Times for Global Equity Managers », mai 2015.

[2] Source : Morningstar. Voir www.franklintempletondatasources.com pour des informations supplémentaires sur le fournisseur de données.

[3] La diversification n’est pas une garantie de gain ou de protection contre le risque de pertes.

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