Deux perspectives sur la Corée du Sud

22/06/2015 - Publié par Blog Beyond Bull and Bears Franklin Templeton

Deux perspectives sur la Corée du Sud

Depuis quelques mois, le taux d’expansion économique s’essouffle en Corée du Sud : le pays est en effet aux prises avec l’endettement élevé des ménages et le débasement monétaire de son plus féroce concurrent, le Japon. Les autorités sud-coréennes ont pris des mesures pour relancer la croissance, notamment en baissant les taux d’intérêt à des niveaux record en mars, et la dépréciation conséquente du won soutient les exportateurs (aidés par ailleurs par la baisse des prix des matières premières) et les marchés actions depuis le début de l’année. Notre responsable des investissements actions dans l’équipe locale de Franklin Templeton, Sung Sik Oh, explore pour nous la structure d’un marché dynamique, tandis que son homologue responsable des obligations, Dong-il Kim, évoque les perspectives de croissance en cas de réunification avec la Corée du Nord.

 

 

Sung Sik Oh

Sung Sik Oh

Sung Sik Oh

Directeur des investissements actions

Bureau de gestion locale en Corée du Sud

 

Sung Sik Oh à propos du marché actions sud-coréen :

 

Cette année, le marché actions sud-coréen est soutenu par la baisse des prix du pétrole et des matières premières, car dans cette économie importatrice d’or noir et dépendante de ses exportations, les entreprises ont augmenté leurs économies d’énergie et ainsi fait croître leurs bénéfices. L’indice KOPSI de la bourse coréenne s’est adjugé 9,76 % depuis le début de l’année, sous l’impulsion notable du secteur chimique, où de nombreuses entreprises ont profité du repli du prix du baril dans la mesure où leurs produits sont fabriqués à base de pétrole.[1]

 

Le segment cosmétique s’est particulièrement bien comporté, mais pas seulement grâce aux cours pétroliers en baisse. En effet, peut-être ne le savez-vous pas mais les soins de fabrication sud-coréenne ont la réputation d’être innovants et de grande qualité, et sont maintenant parmi les plus recherchés au monde. Et de fait, un grand nombre de touristes (notamment chinois) voyagent en Corée du Sud dans l’unique but d’acheter des produits de soin pour la peau. Les exportations coréennes de produits cosmétiques se sont nettement accrues ces dernières années ; de 1,07 milliard USD en 2012, elles sont passées à 1,80 milliard USD en 2014 soit 68 % de hausse.[2]

 

Autre contribution notable aux gains de l’indice KOPSI cette année, celle des sociétés du secteur médical. Les exportations d’équipements médicaux ont progressé de 60 % entre 2012 et 2014, passant de 1,966 milliard USD à 3,148 milliards USD (estimation).[3] Pour un quart environ, il s’agit de systèmes à ultrasons, de lentilles de contact souples et d’implants dentaires.[4]

 

Par ailleurs, les initiatives publiques telles que les réductions de taux d’intérêt profitent aux sociétés du bâtiment et des matériaux de construction. Nous ne pensons cependant pas que les baisses de taux attireront beaucoup d’investisseurs privés locaux, parce que ces derniers sont surtout en train d’essayer de réduire leur endettement.

 

Les investisseurs sud-coréens ont aussi un autre problème : l’effet de change sur les sociétés d’exportation. Il semble que la Banque de Corée suive la situation de près, en particulier la valeur du won par rapport au yen, mais si les baisses de taux d’intérêt continuent alors que la Réserve fédérale américaine risque de relever les siens cette année, on peut s’attendre à ce que des capitaux sortent de Corée du Sud.

 

Perspectives de marché

 

Les perspectives des actions sud-coréennes sont bonnes pour le reste de l’année 2015, et ce tant que l’environnement macroéconomique mondial reste stable et que les autorités locales maintiennent des politiques pro-croissance. Le marché est soutenu par la hausse des bénéfices des entreprises, via la diminution des coûts énergétiques et la dépréciation du won. Nous pensons par ailleurs que le marché pourrait bénéficier de la réforme mise en œuvre cette année et qui oblige les grands conglomérats à consacrer 80 % de leurs revenus nets aux dividendes, à des investissements dans le pays ou aux salaires des effectifs, sous peine de devoir payer une taxe de 10 % sur leurs bénéfices. De façon générale, les entreprises ont beaucoup de trésorerie disponible, mais elles en redistribuent très peu aux actionnaires. C’est pour cela que certaines ont déjà annoncé des programmes de rachats d’actions et une augmentation de leurs dividendes, et cette tendance, si elle se poursuit, pourrait bien sûr être favorable aux valorisations du marché.

 

Actuellement nous identifions un potentiel particulier au sein des grandes capitalisations exportatrices, car nous pensons que l’économie mondiale va probablement se redresser et que le won ne devrait pas beaucoup s’apprécier contre le dollar américain.

 

Dong-il Kim

Directeur des investissements obligataires

Dong-il Kim

Dong-il Kim

Bureau de gestion locale en Corée du Sud

 

Dong-il Kim à propos des avantages potentiels d’une réunification avec la Corée du Nord :

 

La préparation de la réunification avec la Corée du Nord fait partie des projets économiques de long terme du gouvernement sud-coréen. Nous pensons qu’il s’agirait d’une opportunité formidable, car un rapprochement des deux nations permettrait d’élargir le marché intérieur ouvert aux entreprises sud-coréennes et faciliterait l’accès aux matières premières grâce au partage des oléoducs et gazoducs. De plus, en cas de réunification le gouvernement sud-coréen pourrait nettement réduire ses dépenses militaires, qui consomment environ 2,8 % du PIB[5]. Et l’argent ainsi économisé pourrait servir à stimuler l’activité intérieure.

 

Il ne faut pas sous-estimer le fossé économique qui règne entre les deux États : alors que le PIB de la Corée du Sud se monte à 1 130 milliards USD,[6] celui de la Corée du Nord représente à peine 29,5 milliards USD.[7] Les entreprises sud-coréennes essaient de combler ce fossé par des efforts économiques en direction des autorités nord-coréennes : par exemple, depuis 2000, le Gaeseong Industrial Complex (GIC) est géré par la Sud-coréenne Hyundai Asan conjointement aux Nord-coréens. Situé en Corée du Nord à une soixantaine de kilomètres seulement de Séoul, le GIC fonctionne grâce au capital et aux technologies sud-coréennes et aux terres et à la main d’œuvre nord-coréennes. Fin 2014, 124 entreprises sud-coréennes produisaient environ 470 millions USD de marchandises grâce au travail de 54 000 ouvriers nord-coréens.[8] Même si le GIC a été fermé provisoirement pour des questions politiques et a récemment connu des troubles en raison de revendications salariales, il nous semble que ce projet va probablement éclaircir les relations entre les deux Corée. Certains politiques de Corée du Sud insistent en effet sur le fait que d’autres projets de ce type dans d’autres régions de Corée du Nord permettraient d’améliorer encore les relations.

 

Dans l’ensemble, nous pensons que la réunification serait une évolution positive pour les marchés actions à long terme. Même si il faut penser au fait que la réunification engendrera des coûts massifs et des désordres sociaux temporaires, les avantages devraient compenser ces inconvénients et apporter une nouvelle dynamique de croissance à l’économie réunifiée, comme ce fut le cas pour l’Allemagne autrefois.

 

 

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Quels sont les risques ?

 

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les investissements à l’étranger comportent des risques spécifiques, comme les variations des taux de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Investir dans les marchés en développement implique des risques accrus concernant ces mêmes facteurs, lesquels s’ajoutent aux risques liés à la plus petite taille de ces marchés, à leur liquidité inférieure et à l’absence d’un cadre légal, politique, commercial et social établi pour soutenir les marchés des titres obligataires. Les taux de change peuvent varier considérablement sur de courtes périodes, ce qui peut amoindrir les performances.

 

Description :

Deux membres de notre bureau de gestion de Corée du Sud se penchent sur les tendances économiques et les avantages potentiels d’une réunification avec la Corée du Nord.

 

Citation

Les perspectives des actions sud-coréennes sont bonnes pour le reste de l’année 2015, et ce tant que l’environnement macroéconomique mondial reste stable et que les autorités locales maintiennent des politiques pro-croissance. (Sung Sik Oh)

 

[1] Source : Bloomberg LP, données au 1er juin 2015. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

[2] Source : Association des commerçants de produits pharmaceutiques sud-coréens.

[3] Source : Administration américaine du commerce international.

[4] Source : Association des commerçants de produits pharmaceutiques sud-coréens.

[5] Source : Banque mondiale, 2013.

[6] Source : World Factbook, Central Intelligence Agency, fin 2014 (estimation).

[7] Source : Ibid, fin 2013 (estimation).

[8] Source : Ministère de l’unification, fin 2014.

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