Flash spécial : Point sur les marchés financiers

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion

18/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Flash spécial : Point sur les marchés financiers

Pourquoi faut-il profiter d’un marché qui devient irrationnel ?

 

Ce n’est pas la première fois que le marché connait une volatilité très élevée et surtout des mouvements non cohérents avec les fondamentaux économiques. Les raisons de ces incohérences sont de plusieurs ordres : comportement moutonnier des investisseurs, flux de liquidités qui viennent perturber les éléments fondamentaux, influences géopolitiques négatives, …
Si on résume les doutes actuels qui expliquent la baisse des marchés, ils sont au nombre de 4 et sont en interaction :

1) Baisse des matières premières, signe d’un ralentissement mondial. 
2) Risques sur la croissance chinoise et potentiel de dévaluation monétaire. 
3) Possible récession US. 
4) Risques élevés et systémiques sur la solidité des banques mondiales.

 

1. La baisse des matières premières ne signifie pas nécessairement récession.

 

Nous constatons depuis plus d’un an un effondrement de l’évolution des prix des matières premières (produits agricoles, mines et pétrole). Le plus significatif étant le prix du baril de pétrole qui revient à des niveaux très bas (en dessous de 30 $). Globalement, ces baisses sont interprétées par les marchés financiers comme un signe avant-coureur de récession. L’analyse concrète des données ne va pas dans ce sens-là puisque la demande continue à croître, certes à un rythme moindre. Il s’agit davantage d’un surplus d’offre (montée en puissance du gaz de schiste US, production à pleine capacité des pays de l’Opep pour maintenir leurs parts de marché, arrivée de l’Iran sur le marché …), justifié principalement par la volonté de l’Arabie Saoudite de maintenir à terme ses parts de marché. D’une façon aussi plus générale, nous constatons que la baisse des matières premières est liée à un fort mouvement de déstockage des clients, qui reste aussi un facteur de soutien sur le moyen terme.


Nos conclusions : les prix des matières premières ont atteint des points bas, il y aura un retour à la normale avec un prix du baril qui reviendra autour des 45/50 $, donc effet positif pour le marché.


2. Risques sur la croissance chinoise et problèmes de dévaluation monétaire du yuan, avec en perspective une guerre des monnaies.

 

La Chine connait effectivement depuis quelques années un ralentissement de la croissance de son PIB, passage de 10% à 5/6% pour les prochaines années. Ceci est principalement dû à une réorientation profonde de sa stratégie de développement avec passage d’une économie tournée vers les infrastructures et l’extérieur (Chine = atelier du monde) à une économie désormais orientée vers l’intérieur et la consommation. Ainsi en 2015, le poids des services représente déjà 53% du PIB total. Ceci réduit le rythme de croissance et créé des problématiques de rentabilité des investissements passés et les taux d’utilisation des capacités de production sont faibles dans un contexte de forte hausse salariale. Il s’agit donc d’un changement de cap mais qui ne remet pas en cause la dynamique de croissance. Enfin la Banque de Chine dans ces dernières déclarations veut maintenir le yuan au niveau actuel et ne souhaite manifestement pas entrer dans une guerre des monnaies.

 

Nos conclusions : Le potentiel du développement de la Chine reste très élevé, nous devrions assister à une stabilité de la croissance. Dans cette hypothèse, le retour des investissements au sein des pays émergents pourra se faire au cours du deuxième trimestre 2016.

 

3. Possible ralentissement US ? Forte hypothèse mais pas de récession en vue.

 

L’industrie manufacturière mondiale montre dans les dernières publications un très léger redressement. La hausse de cet indicateur global en janvier (PMI manufacturier mondial à 50,9 +0,2 point) est tirée par celle du PMI des Etats-Unis, +1,2 point. Les derniers indicateurs US restent néanmoins mitigés : tassement de la croissance au T4, ralentissement des créations d’emplois, recul de l’investissement des entreprises, pression sur les marges, impact négatif de la contraction de l’activité dans le secteur pétrolier, (3% du PIB US). Ces éléments devraient faire baisser les perspectives de croissance du PIB US pour 2016 et éventuellement en 2017, sans pour autant entrer en territoire négatif. La bonne nouvelle reste le marché de l’emploi toujours favorable avec un taux de chômage inférieur à 5%. Ainsi, les croissances sur les deux prochaines années ; même abaissées; devraient se situer autour de 2% chaque année dans une vision assez pessimiste, le consensus étant plus élevé (autour de 2,5%).

 

Nos conclusions : La croissance des Etats-Unis va manifestement ralentir en raison des effets pétroliers négatifs et des incertitudes internationales. Nos convictions ci-dessus tendent néanmoins à démontrer que ces différents niveaux de risques vont avoir tendance à diminuer. En conséquence, nous gardons toujours l’optique d’un relèvement des taux de la Fed en 2016. Ceci devrait rassurer le marché et confirmer aussi une de nos convictions, la poursuite de la progression du dollar même dans un contexte de ralentissement des croissances bénéficiaires des entreprises ...

 

4. Existe-t-il comme en 2008 un éventuel risque systémique du côté du système bancaire ?

 

La publication des résultats des banques en 2015 a été assez mauvaise aux Etats-Unis. Le risque lié à ce secteur est la très probable hausse des provisions pour risques crédits surtout dans le domaine pétrolier et minier qui pourrait avoir lieu en 2016. En effet, les défauts d’entreprises de ces secteurs ont progressé de façon exponentielle. Dans le secteur de l’énergie, le taux de défaut est de 5,73% aux Etats-Unis vs 3,93% en Europe et dans les mines et l’acier, les chiffres sont respectivement de 10,4% et 2,7%. Les banques US ont donné leurs expositions à ces risques et il en ressort que les provisions vont effectivement augmenter mais nous sommes très loin des risques liés au « Subprime ». En Europe, il existe un risque bancaire « italien », mais les discussions avec la BCE devraient trouver une issue favorable et cette problématique ne touche que les banques régionales.

 

Nos conclusions : ce secteur va rester très volatil d’où notre relative faible exposition dans le domaine des actions. Nous ne pensons pas à un risque systémique comme en 2008 car ce secteur est beaucoup plus solide qu’à cette époque et les banques centrales ont mis en place des sécurités qui devraient prémunir ce secteur de faillites. 

En synthèse, les marchés financiers que ce soit du côté obligataire où actions ont surtout, au cours des dernières semaines, validé le scénario le plus pessimiste. Clairement, sur les principales questions ; qui restent très pertinentes ; nos réponses tendent plutôt à dédramatiser les mouvements actuels. Dans ces périodes difficiles, nous devons aussi revenir à une analyse fondamentale. Ainsi, les valorisations actuelles des principaux indices CAC 40 et Eurostoxx 50, affichent, suivant nos méthodes, des perspectives de croissance de l’ordre de 12 à 15%, cf 4500 pour le CAC 40 et 3200 pour l’Eurostoxx50. Par ailleurs, depuis un mois nous avons rencontré plusieurs chefs d’entreprises, hier Michelin. Ceux-ci dans leur grande majorité restent assez confiants sur l’activité 2016, avec des tendances en termes d’activité et de résultats supérieurs à 2015. Beaucoup valident le point d’inflexion chinois qui permettrait de résoudre en partie la question des matières premières et de la croissance mondiale. Enfin, dernier point, le mouvement des fusions acquisitions continue à être très important (5 000 Md$ en 2015 dans le monde soit le record absolu) et se fait généralement avec des primes très élevées par rapport au cours de bourse de la cible (entre +30 et +40%). Pourquoi un industriel averti (plus qu’un financier) de la situation de l’économie réelle prendrait-il le risque d’acheter une cible s’il imaginait pouvoir l’acheter moins cher demain ?


La valorisation actuelle du marché constitue donc une réelle opportunité d’achat.

 

 

Jean-Noël VIEILLE - Directeur de la gestion de 360Hixance am

 

(Achevé de rédiger le 17/02/2016)

 

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