Fin d'année bien difficile…

22/12/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Fin d'année bien difficile…

En dépit de déclarations de la FED plutôt rassurantes sur la situation économique américaine, les marchés n'y ont pas vu de points suffisamment positifs. Le relèvement des taux très attendu, l'affirmation que cette trajectoire de hausse serait maintenue tout au long de 2016 n'a pas rassuré. Plus exactement, cela signifie que les banques centrales, à la fois aux Etats-Unis mais aussi en Europe, n'ont plus la capacité d'entraîner les marchés à la hausse comme ceci s'est régulièrement produit au cours des dernières années. Ainsi, la bourse américaine a connu un pic de hausse le jour de l'annonce pour chuter ensuite jeudi et vendredi. Le point positif de l'intervention a été la confirmation d'un rythme de croissance du PIB, certes modeste, mais revu très légèrement à la hausse et aucune remarque n'a été faite sur les risques émanant des pays émergents. En fait, et c'est ce qui pourrait désormais être plus difficile pour les marchés, c'est la situation de l'économie réelle qui inquiète. Ainsi, nous sommes toujours dans une dynamique baissière du prix des matières premières et surtout du pétrole qui touche à $35 le baril, son plus bas niveau de l'année. La baisse des marchés américains devient problématique car ils entrainent manifestement les marchés européens dans leur chute. C'est le principal danger : la non décorrélation des marchés financiers alors que les sphères réelles évoluent désormais en sens opposé.

En dépit de la baisse des deux derniers jours, sur la semaine dernière, les indices européens ont progressé : +1,80% pour l'Eurostoxx50, +1,66% pour le CAC40 et le DAX réalise +2,59%. Les marchés américains ont été en baisse, le Dow Jones affichant -0,79% et le Nasdaq -0,21%. Le Nikkei a également baissé de -1,27%.

Une remontée historique des taux US : trois défis à relever pour les banquiers centraux

Comme attendu depuis au moins un mois, le FOMC a voté une remontée des taux directeurs de 0.25% à 0.50%. Janet Yellen a appelé à ne pas « surestimer la signification de cette première hausse » précisant que la politique monétaire demeurait accommodante et qu’elle allait évoluer de façon graduelle. Les prévisions médianes de croissance du PIB, de taux de chômage et d’inflation ont peu évolué, le FOMC a souligné l' « amélioration considérable » du marché du travail aux US, avec un taux de chômage tombé à 5%, et se dit « raisonnablement confiante sur un retour à moyen-terme de l’inflation vers son objectif de 2% ». Les projections de taux directeurs pour fin 2016 restent à 1.375%, ce qui sous-entend 4 remontées de taux l’année prochaine. Ainsi, ce mouvement historique est bien lancé, mais le doute qui s’est installé renvoie à trois questions. La première tient à la problématique des mouvements de flux sur les classes d’actifs. Ce taux US qui devient élevé et donc assez attractif peut créer un transfert de flux en direction des Etats-Unis, avec une sortie des pays émergents et des classes d’actifs actions et obligations à la recherche de meilleurs rendements. A n’en pas douter, ceci doit donc soutenir durablement le dollar et affaiblir les monnaies des pays émergents et pourrait peser sur les indices boursiers. Le premier défi à relever tient donc à la réaction des pays émergents, ceux-ci pouvant être une victime de ce relèvement des taux US.

 

Le deuxième défi est lié à la capacité des pays industrialisés à s’adapter à une inflation durablement faible. Faut-il revenir à cet objectif de 2% d'inflation qui semble de plus en plus éloigné puisque les matières premières et les salaires évoluent à la baisse dans les pays industrialisés (chômage élevé, déflation des prix à la production, …) ?. Enfin, le plus grand problème tient à la décorrélation des cycles économiques des grandes zones économiques. Ceci est un phénomène nouveau. Les Etats-Unis sont ainsi sortis de la récession fin 2009, alors que l’Europe commence à en sortir très timidement.

 

Une autre divergence commence aussi à apparaître avec la Chine et le Japon. Ceci s’explique par une sorte de changement profond du commerce mondial qui tend à ralentir par une « re-régionalisation » de la production et donc des échanges mondiaux. Un peu partout, la production se relocalise près des consommateurs en raison de hausses des coûts de transport et aussi de problèmes qualitatifs de la mondialisation avec un rapport qualité/ prix qui se détériore eu égard à la hausse des salaires au sein des pays émergents. On peut imaginer une volatilité de plus en plus forte des devises, fonction des mouvements de flux et de ces évolutions économiques de moins en moins homogènes.

Les matières premières toujours en situation délicate

Le recul des prix du brut se poursuit : le département de l’énergie américain a publié en milieu de semaine des stocks nettement plus importants que prévu (+2.3M barils vs. -1.4M estimé), le WTI a ainsi évolué sous les $35/bbl en fin de semaine après avoir cédé 17% depuis le début du mois. Ce phénomène continue à clairement nous inquiéter. La question est de savoir si cette baisse n’est pas révélatrice d’une croissance plus faible. Quelques chiffres récemment publiés confirmeraient un certain ralentissement : l’indice de dépenses d’architectes (indicateur avancé sur le logement neuf aux US) repasse en zone de contraction en Novembre à 49.3 (vs. 53.1 le mois précédent), la balance commerciale du T3 a reculé plus qu’attendu (le déficit a atteint 124.1Md$) et l’indice d’activité de Philadelphie a enregistré une baisse inattendue -5.9 vs cons +1. En éléments négatifs aussi sur le marché high yield, on notera la liquidation successive de deux fonds US (Third Avenue Management & Lucidus Capital Partners) alimentant d'autant plus la nervosité sur les titres endettés. Seuls les chiffres européens ont été meilleurs qu’attendu (production industrielle, …).

 

Stratégie d’investissement complexe en ce début 2016 ?

La fin de l’année et le début de 2016  n’offrent pas encore de forte visibilité. La volatilité a encore augmenté ces derniers jours, passant de 15 à 21% sur décembre. C’est principalement le prix du baril de pétrole qui dirige les marchés et la volatilité est aussi propre à certains titres. La fin de semaine a ainsi été marquée par l’attaque d’un fonds spéculatif sur Casino et Rallye, la structure ayant vendu à découvert les titres tout en faisant une étude négative assez largement contestable dans sa démarche. Ayant racheté une partie de ses ventes vendredi après-midi, on peut imaginer une remontée de ces deux valeurs prochainement. Nous maintenons ainsi un biais assez neutre sur nos fonds et notre gestion sous mandat (exposition actions dans la moyenne des bornes de nos profils) surtout dans un contexte où les volumes vont beaucoup baisser à partir du milieu de la semaine. Nous vous souhaitons ainsi de bonnes fêtes et une excellente année 2016.

 

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