FAUT-IL S’INQUIÉTER DE LA TRAJECTOIRE ÉCONOMIQUE JAPONAISE ?

L'interview de Laetitia Baldeschi, stratégiste de CPR AM

18/05/2015 - Publié par CPR ASSET MANAGEMENT dans Marché Actions

FAUT-IL S’INQUIÉTER DE LA TRAJECTOIRE ÉCONOMIQUE JAPONAISE ?

L’ÉCONOMIE S’EST-ELLE REMISE DE LA HAUSSE DE LA TVA INTERVENUE EN AVRIL DERNIER ? Depuis plusieurs mois déjà nous attendons le rebond de l’activité après un 2ème trimestre 2014 touché massivement par la hausse de la TVA. Hors ce rebond tarde à se manifester. Ainsi, selon les données publiées, on observe au mieux une stabilisation de l’activité après l’effondrement du mois d’avril mais le niveau de richesse produite atteint fin mars 2014 est loin d’être retrouvé. On peut notamment relever la faiblesse du commerce (gros et détail), conséquence d’une consommation des ménages en berne. Cette faiblesse de la consommation explique la chute de la production de biens de consommation durables et explique l’absence de rebond de la production industrielle totale. Par ailleurs la demande extérieure reste peu dynamique. Si les entreprises japonaises commencent à bénéficier de l’effet-change favorable, qui permet un redécollage des volumes exportés, celui-ci reste modeste. L’investissement des entreprises, moteur historique de l’économie japonaise est sur une tendance baissière de long terme. Les commandes de biens d’équipement du secteur privé hors construction navale ont néanmoins effacé le choc de TVA, sans pour autant combler encore le retard pris pendant la grande crise.

LA CONSOMMATION, SEUL LEVIER DE COURT TERME DE CETTE ÉCONOMIE JAPONAISE, PEUT-ELLE REPARTIR ?

Dans ce contexte, toute l’attention doit se porter sur les perspectives de consommation, seul levier à court terme de l’économie japonaise. Les ménages ont largement anticipé la hausse de TVA d’avril dernier au 1er trimestre 2014. Depuis le mois d’avril, la consommation ne redémarre pas. Pourtant le marché de l’emploi affiche toujours des performances notables. Bien sûr, la démographie est favorable. Le taux de chômage de 3,4% de la population active est très proche du NAIRU estimé par la Banque du Japon. Certes, la situation professionnelle de chacun est moins favorable, avec la multiplication du temps partiel, et des formes plus instables de contrats de travail, mais la quantité d’heures travaillées augmente. L’autre point noir – la faiblesse de l’évolution des salaires fixes - tend à se réduire. En effet, après une hausse moyenne de 2,07% des salaires fixes en 2014, on devrait atteindre selon les accords négociés une hausse moyenne de 2,33% en 2015. Cette année, cette hausse ne sera pas effacée par celle de la TVA qui a causé une chute du revenu disponible. De nouveau, macro-économiquement, la masse salariale - c’est-à- dire le nombre d’heures travaillées multiplié par le salaire horaire moyen - va progresser. Ceci devrait se traduire par une reprise de la consommation, dans un environnement de retour progressif de la confiance.

LA POLITIQUE MONÉTAIRE PORTE- T-ELLE SES FRUITS ?

Si la croissance du PIB doit atteindre en moyenne annuelle 0,8% en 2015, le profil d’inflation devrait dans un premier temps rester très proche de 0. En effet, à compter du mois d’avril 2015, la hausse de la TVA va « sortir » du glissement annuel de l’indice. D’ores et déjà, la Banque du Japon, qui a estimé l’impact de cette hausse sur l’indice des prix à la consommation à 2 points, indique que l’indice hors alimentation fraîche devrait se stabiliser autour de 0 dès avril 2015. D’aucuns anticipent même un glissement annuel négatif. Ceci ne doit pas être exclu même si l’évolution plutôt à la hausse du prix du pétrole et de certains prix de services publics ou de prix administrés devrait limiter cette baisse.

Toujours est-il que l’objectif rappelé constamment par la banque centrale d’une inflation à 2% a été de nouveau repoussé dans le temps. Le dernier communiqué de la BOJ fixe le calendrier à la fin du 1er semestre de l’année fiscale 2016. L’impact de la politique d’achats massifs de titres sur le marché ne semble plus jouer sur le taux de change, et le yen se stabilise autour de 120 contre dollar. Ceci ne devrait plus influencer les prix importés. En revanche cette politique monétaire continue d’entraîner des réallocations massives de portefeuille en faveur d’actifs plus risqués que les titres de la dette publique, mesurable par la progression du marché actions. Par ailleurs la politique de soutien au financement bancaire des PME se traduit par une accélération du crédit, un indicateur avancé de l’investissement des entreprises. Tous les effets des « Abenomics » ne sont pas encore palpables, même si graduellement l’économie japonaise avance sur la voie de la réforme et de la relance de son potentiel de croissance. La détermination de la BOJ et du gouvernement semble totale et permet donc un relatif optimisme, même si la route apparaît encore longue.

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
CPR GEAR EMERGENTS CPR ASSET MANAGEMENT Seiha LOK Actions Emergentes Monde 5.92 M€ 14.75 % 13.99 %
CPR RENAISSANCE JAPON CPR ASSET MANAGEMENT Rodolphe TAQUET Actions Japon 19.23 M€ 4.72 % 5.20 %
CARAC ACTIONS INTERNATIONALES ISR CPR ASSET MANAGEMENT Cyrille GENESLAY Actions Monde 19.25 M€ 2.09 % 0.87 %

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