Elections européennes : un vote sanction finalement sans grand impact

Euroscepticisme, Ukraine, BCE… le marché encaisse plutôt bien

27/05/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Elections européennes : un vote sanction finalement sans grand impact

Faut-il revenir sur le résultat des élections européennes ? A voir la réaction du marché ce lundi (certes dans un contexte de fermeture des marchés anglo-saxons), l’enthousiasme est de mise surtout en Italie puisque ce marché progresse d’environ 3,6%. Il y a une certaine logique puisque c’est un des rares pays avec l’Allemagne où le parti au pouvoir a réussi à remporter les élections. On ne reviendra pas ici sur les éléments explicatifs de cette berezina électorale pour les partis majoritaires et pro-européens, mais ce qui peut inquiéter est la possible paralysie de l’exécutif européen, que ce soit au niveau de la commission ou du parlement. C’est précisément au moment où il faut faire des choix importants sur l’avenir de l’Europe au plan de sa gouvernance et de sa politique économique et sociale que les tenants de la remise en question de l’idée européenne gagnent du terrain. Personne au cours de la campagne électorale n’a donné envie de défendre l’idéal européen et chaque pays a d’abord cherché à résoudre ses affaires intérieures sans adhérer à une vision européenne. Reste et c’est probablement ce que le marché financier pense, on devrait s’acheminer vers un accord entre les grands partis pour réduire l’influence des anti-européens. Mais la réconciliation des électeurs avec le projet européen sera difficile surtout si les chefs d’Etat ne respectent pas le choix des électeurs pour nommer le nouveau président, ce qui semble le choix de Merkel et Cameron.

 

L’Ukraine en voie de pacification !
La réaction positive du marché tient aussi à la bonne tenue des élections en Ukraine et surtout de la volonté de Poutine de ne plus interférer dans la validité de ce suffrage. Les enjeux économiques semblent donc primer pour le président russe qui a compris que dans ce conflit il avait plus à perdre qu’à gagner si l’enlisement se poursuivait. Il est indéniable que cette accalmie diminue la prime de risque des différentes classes d’actifs. Ce sujet va toutefois rester un élément explicatif de la volatilité des marchés car il est difficile de croire réellement à la bonne volonté de Poutine sur le long terme.

La BCE communique de plus en plus

La BCE a ouvert hier son forum international sur la politique monétaire qui réunit des banquiers centraux, des économistes et des représentants de l'Union européenne (ce qu’il en reste !). Ceci pourrait amener une certaine nervosité des marchés en fonction des déclarations. Nous nous situons à moins de deux semaines de la prochaine réunion de politique monétaire pour laquelle les attentes restent fortes. Les discours des principaux dirigeants de la banque cherchent à influencer les taux de change et à faire baisser l’euro. Toute nouvelle appréciation de cette monnaie devrait renforcer la nécessité pour la BCE d'agir. Cette dernière s’intéresse aussi à la question de la croissance économique. Les signaux sont donc assez clairs : il y aura une intervention de la BCE en juin afin de soutenir la croissance dans un contexte d’inflation très faible. L'institution est prête à abaisser ses taux directeurs, baisse des taux de dépôts en territoire négatif pour accompagner la reprise. En revanche, il ne devrait pas être question d’un quantitative easing. Ceci devrait continuer à alimenter la baisse de l’Euro par rapport au dollar.
Le prochain rendez vous des marchés aura donc lieu le 5 juin prochain. Des déceptions sont possibles surtout si les investisseurs attendent un véritable QE et ils ne se contenteront pas forcément d’une baisse des taux qui n’aura que peu d’effets sur la croissance économique. En positif, les aléas politiques ont assez peu de prises sur le marché et c’est bien ainsi car l’image donnée par le monde politique est peu probante sur le plan comportemental et éthique. Le marché sera donc désormais guidé essentiellement par l’environnement économique et celui des entreprises. Nous n’attendons pas vraiment de déconvenues puisque le point d’inflexion semble avoir été atteint dans la plupart des zones. La question des valorisations reste néanmoins posée puisque les marchés atteignent des points hauts alors que les croissances bénéficiaires ne suivent pas encore, d’où une impression de marché relativement cher.

Un optimisme modéré ….
Notre sentiment global reste assez positif et nous avons remonté notre niveau d’exposition aux actions dans la plupart de nos fonds. Mais en fin de semaine, nous avons souhaité réduire cette exposition surtout dans nos fonds flexibles dans l’attente du résulat des élections européennes. Le marché de lundi avec un volume très faible n’est peut être pas suffisamment significatif pour en tirer des enseignements positifs. La prudence doit rester de mise, l’année 2014 ne sera pas un marché de tendance mais un marché de stock-picker !

 

Jean-Noël Vieille, directeur de la gestion de Hixance Asset Management

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