Euro, suite mais pas fin. Ah non !

Un euro vaut ce matin 1,313 dollar.

12/04/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Devises

Euro, suite mais pas fin. Ah non !

Voici deux textes qui, différemment, disent que cette devise mosaïque est un véritable casse-tête pour les théoriciens de l’économie, les gourous de toutes tendances, les politiciens et les humbles citoyens.

Disons-le encore : les attaques contre la devise sont incessantes, surtout hors de la zone. Les anglais ont l’outrecuidance d’offrir une prime à celui qui trouvera le moyen de le faire éclater, les prophètes modernes comme Nourriel Roubini ne cessent d’écrire sur le sujet ou de pérorer lors de conférences dans divers coins de la planète.

Y en a marre d’entendre des critiques sans solutions, des attaques qui ressemblent aux bagarres de cours de récréation quand tous les grands se liguent pour corriger un plus petit qu’eux, déjà à terre. Fichez nous la paix avec vos idéologies dépassées et vos prévisions de fin du monde. Laissez-nous travailler à un futur qui doit se bâtir lentement, dans les crises mais aussi dans l’acquisition progressive d’une nouvelle identité et de nouvelles règles de vivre-ensemble.

1. Voici une blague sur l’économie européenne lue dans le rapport annuel du Chou Associates Fund. (Blog de Timothy Taylor et tweeté par Philippe Waechter)

Pierre, un touriste français d’âge moyen, habillé d’une manière visiblement coûteuse, effectue son premier voyage au Canada et se trouve au bar de son hôtel 5 étoiles de Toronto. Tout sourire, une élégante hôtesse le conduit à une table et fait signe sa plus jolie serveuse de prendre soin de lui. Ils parlent, flirtent légèrement et elle rigole un peu. Quand il s’en rapproche et murmure à son oreille, elle halète et s'enfuit.

Froncements de sourcils de l’hôtesse qui envoie alors une serveuse plus expérimentée pour parler à ce monsieur. Ils parlent, flirtent légèrement et elle rigole un peu. Il murmure à son oreille et elle s’écrie "Non!". Et elle s'éloigne rapidement.

L'hôtesse est surprise ... . Plutôt que de s'aliéner un client à grand potentiel, elle demande à Lucille, une barmaid qui a tout vu, tout entendu, d’aller prendre sa commande. Ils parlent, flirtent légèrement et Lucille rit même un peu. Quand il chuchote à son oreille, elle crie, "Pas question, mec !" Elle le gifle aussi fort qu’elle peut et s’en va.

L'hôtesse est maintenant intriguée, elle n’a jamais vu rien de semblable durant toutes ses années de travail dans les bars. D'ailleurs, elle doit savoir ce que cet homme veut et qui met ses filles tellement en colère.

Alors, elle va à la table de Pierre, lui souhaite une agréable soirée et lui dit qu'elle va s'occuper personnellement de ses besoins. ... Ils flirtent un peu, rient légèrement et alors Pierre se penche en avant et lui chuchote à l'oreille : « Puis-je payer en euros? »

2. Nassim Taleb a rencontré des journalistes le 27 mars dernier et le magazine Challenges du 5 avril lui a consacré des lignes intéressantes. Nous reprenons une partie de ce texte intéressant à plusieurs points de vue (tout le texte sur le site : http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120405.CHA5019/la-lecon-de-nassim-taleb-le-pere-du-cygne-noir.html )

Vous ne vous rendez pas compte, l'Europe est plus riche aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été, et elle va beaucoup mieux que les Etats-Unis!" Nassim Taleb aime les paradoxes. Expert en mathématiques financières, ancien trader, philosophe du hasard et de l'incertitude, l'auteur du best-seller Le Cygne noir raisonne ainsi: "Prenez deux personnes qui ont le cancer. L'une se soigne et les séances de chimiothérapie la fatiguent, l'autre ne fait rien. La première a l'air malade, pas la seconde." Traduction: les pays européens sont très endettés, mais ils s'attaquent au problème. Les Etats-Unis, eux, ne font rien pour réduire leur dette, une "pure chaîne de Ponzi", sur le modèle de celle qui fit les beaux jours de Madoff avant de le ruiner, ainsi que ses clients.

Sa théorie du "cygne noir" a presque fait de lui un prophète du XXIe siècle pour les marchés. L'oiseau en question représente un événement ayant une faible probabilité de survenir, mais qui, s'il se produit, a des conséquences d'une portée considérable. En comprenant que les modèles utilisés par les banques et la plupart des intervenants de marché excluaient ces événements, l'homme a fait fortune. A l'époque, il trouvait surtout immoral que des imbéciles puissent gagner de l'argent. Aujourd'hui, il s'en prend violemment aux bonus distribués sans risque de malus quand cela tourne mal. Et plus généralement au "hasard moral", que l'on peut définir comme la tendance d'individus persuadés qu'ils seront sauvés à prendre des risques excessifs. "C'est l'une des raisons de la crise, qui n'a rien à voir avec un excès de cupidité, qui a toujours existé et existera toujours, explique-t-il. Il ne faut pas sauver les individus ou les entreprises qui ont failli."

Ce philosophe à tendance rousseauiste pioche ses exemples dans la nature. "La mort d'un éléphant n'affecte pas tous les autres, alors que celle d'une banque oui, parce la doctrine du "too big to fail" maintient en vie des institutions non adaptées." Il vante en revanche les mérites des hedge funds, qui vivent et meurent sans que personne ne s'en soucie. Cet homme très cultivé n'est pas à une contradiction près. Lorsqu'on lui demande ce qu'il faut faire des mastodontes bancaires nés de la crise, ce libéral répond: "Il faut nationaliser les banques si c'est nécessaire." Nassim Taleb vante aussi les mérites de l'euro, qu'il préfère au dollar, mais souhaite à ses auditeurs - dont des traders - que l'on revienne à des monnaies nationales pour qu'ils puissent "s'amuser".

Alors, qu’en pensez-vous ?

 

Source le billet quotidien par Marc Gilson

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